17/02/2007

L'Indien et l'avion

Notre voyage en Thailande sera paradisiaque. Bangkok – point trop n’en faut, mais quand même - Sukothai, l’Est du pays, les plages du Sud, enfin, tout ravira Fujiko qui se rendra compte que la réputation du pays est, en ce qui concerne son tourisme à connotations sexuelles, heureusement, on ne peut plus exagérée. Il y a peut-être des officines troubles, voire glauques ; il y a surtout le reste : petit peuple charmant, campagnes à ravir, nourriture de rêve, plages coralines paradisiaques, petits hôtels aux propriétaires prévenants, îles qui font rêver, temples et monastères imposants.

 

Ce voyage, je ne le détaillerai pas, car c’est notre jardin secret à nous.

 

Une chose, cependant, digne d’être décrite ici: les vols aller et retour, sur Indian Airlines, entre Bombay et Bangkok.

 

Il faut d’abord noter une chose curieuse : le mépris des voyageurs indiens pour le personnel de cabine. Les malheureuses hôtesses de l’air sont traitées littéralement comme des chiennes par les passagers indiens. Fujiko et moi ne pouvons intervenir ; mais nous assistons, atterrés, à des scènes dignes de La Case de l’Oncle Tom, quand les filles sont hêlées « et plus vite que ça, siouplé » (siouplé ? Non, le mot n’existe pas dans le vocabulaire du client indien) pour servir un verre, déposer un plateau repas ou le reprendre.

 

Il va de soi que le sans-gêne abyssal envers les serveuses, les barmaids, bref, le personnel de cabine, est lié à un sans-gêne tout aussi abyssal envers les co-voyageurs non-indiens: Fujiko doit stopper dans son chemin son voisin de droite qui, souhaitant se lever, allait déposer sur sa tablette à elle, sans même demander si ça l’arrangeait ou non, son gobelet à moitié vidé d’un alcool quelconque. Après tout, les voisins, ça n’a pas d’autre valeur que celle de dépotoir. Ayant vu ce genre de geste, on comprend l’état du pays.

 

Le regard indigné du voisin, alors que Fujiko a le toupet d’arrêter  son geste, est symptomatique de la grossièreté des Indiens envers la gens féminine, en général et, en particulier, envers la gens féminine étrangère.

 

Pour le plaisir d’enfoncer le clou et d’être désagréable – chacun son tour - je prie alors le crétin, d’une voix ferme, de garder son verre chez lui et de ne pas importuner ma fiancée. Notre voisin se retire alors sur un « I am sorry, sorry, sorry » et nous ne le revoyons plus, ni lui, ni son verre, jusqu’à la fin du vol.

 

Un dernier point qui nous étonne : il suffira que le signal annonçant que les passagers sont priés de revenir à leur fauteil, pour remettre leur ceinture dans le but de permettre un atterrissage sans mort d’homme, pour que la plupart des passagers de la moitié avant de l’avion se rende aux toilettes de l’arrière et que la plupart des passagers situés à l’arrière de l’avion se lève pour se rendre aux toilettes de l’avant.

 

Quand aux passagers qui n’éprouvent pas une soudaine envie d’aller faire pipi, ils éprouvent alors un vif besoin d’aller se dérouiller les jambes et décident soudainement de se rendre visite, d’une rangée de fauteuil l’autre, un peu comme dans les églises d’aujourd’hui où les rares survivants de l’ère chrétienne, à la commande du prêtre qui officie, se lèvent et vont l’un vers l’autre pour se donner ce qu’il est convenu d’appeler, à ce jour, un geste de paix.

 

Cette attitude, nous la remarquerons à l’aller comme au retour. Et il faudra trois ou quatre rappels de la part des pilote et copilote, et des demandes infinies des hôtesses, pour qu’enfin le bon peuple accepte, petit à petit, de s’asseoir. Ensuite, bien évidemment, l’avion aura à peine posé ses roues sur la piste d’atterrissage, roulant encore à grande vitesse, que déjà certains passagers se lèveront dans le but d’aller chercher leur bagage de cabine dans les galeries, suscitant une fois encore les respectueuses remontrances des membres de l’équipage. Ah, si l’un d’entre eux pouvait seulement se casser la figure et se faire bien mal… ou, pour le moins, si les bagages de soute de ces crétins pouvaient arriver bons derniers… Je me vois déjà, rayonnant de bonheur, quittant le carrousel avec mes bagages pendant qu’une demi douzaine de moustachus attend toujours des valises qui n’arrivent pas.

12:57 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : savoir-vivre, aviation |  Facebook |