15/05/2007

Le pont dans le ciel

De retour à Kuala Lumpur, après un vol de deux heures, sans histoire, à partir de Jakarta. L’aéroport Soekarno est fait avec intelligence, et c’est un plaisir d’aller y prendre un avion. Ce plaisir, vous le paierez un modeste cent mille roupies, en taxes d'aéroport, ce qui ne fait pas grand-chose, mais je continue à estimer que ces deux francs ici, ces trois sous là bas, qu’il faut acquiter chaque fois auprès d’un nouveau préposé, ce n’est pas une solution judicieuse au paiement des frais et taxes diverses. Ne serait-il pas plus intelligent de tout grouper ?

 

Jolis nuages, descente sans coups ni bosses. Nous atterrissons dans un autre aéroport idéal : Il fait chaud et pas trop lourd. Je saute dans le bus climatisé qui me conduira au centre ville et, de là, je fais quelques centaines de mètres jusqu’à mon guesthouse. Il est tôt et ils ont de la place. Ca, c’est la rêgle en or, dans les guesthouses des grandes villes : arriver raisonnablement tôt – je dirais, avant midi : ainsi, il y a toujours une chambre pour vous. Passé dix-huit heures, c’est plus aléatoire. Ou alors, un coup de téléphone ou un courriel, bien entendu.

 

PetronasJe ne traînerai pas longtemps à KL, mais j’aimerais, cette fois-ci, aller au sommet des tours Petronas. Pour cela, il faut être un peu courageux et se lever dès potron-minet, prendre le métro pour aller à la station KLCC, trouver le chemin vers les sous-sols des tours et, plus que probablement, faire la queue pour obtenir un billet, le sésame qui vous permettra de monter, non pas au sommet des tours, mais sur ce qu’on appelle ici the skybridge, qu’on pourrait traduire par le pont dans le ciel.

 

Levé, donc, dès potron-minet, je me douche, m’habille et prends le métro, dont une station se trouve à, tout au plus, cent mètres de Chinatown, où j’ai établi mes quartiers. Le métro est rapide et climatisé. Ici, ce n’est pas vraiment un luxe. Arrêt KLCC, sortie, marche le long des couloirs avec les courageux qui vont au bureau. Entrée dans l’immense shopping mall des tours, et descente, par bien des détours, jusqu’au sous-sol où les cartes autorisant la visite sont distribuées. Quand j’arrive, veine, la queue ne fait pas quarante mètres. Il faut dire qu’il y a un nombre limite de visiteurs quotidiens, pour des raisons évidentes de sécurité, et que l’offre ne couvre pas entièrement la demande. Ainsi, je suis arrivé pour faire la queue alors qu’il était sept heures tout juste, et que le comptoir n’ouvre qu’à huit. La queue, derrière moi, s’allonge rapidement. On peut compter qu’une fois la billetterie ouverte, quand il sera neuf heures, tous les billets de la journée auront été distribués.

 

Avec ma place, et sachant qu’on monte groupe par groupe, j’ai une bonne chance d’avoir une place pour dix heures, à tout casser. Les derniers qui recevront un billet seront autorisés à monter à dix-huit heures…

 

En attendant, je fais la causette avec mon voisin, un chauffeur de taxi du coin qui, comme service, offre d’aller chercher les billets de Petronas aux clients qu’il conduira la journée entière. Pour aujourd’hui, il s’occupe d’un couple de vieux Canadiens retraités et charmants.

 

Plus loin devant nous, des familles européennes, américaines, malaises, des touristes jeunes et vieux. Derrière nous, la queue s’allonge, serpente ; quand la billetterie ouvre, elle doit faire, au bas mot, cent mètres. Dix minutes plus tard, j’ai mon billet et, comme j’ai eu la chance d’avoir, devant moi, des chipoteurs qui venaient pour des billets d’aprème, je suis dans le deuxième groupe qui peut monter. On vous montre d’abord un petit film à la gloire de la société Petronas, des tours Petronas, de la Malaisie et de son pétrole. Vous regardez cela avec ces lunettes bicolores qui vous permettent de voir les images en trois dimensions, mais désagréablement floues. Ensuite, on vous enfourne dans un ascenseur dont la vitesse est telle que vous vous trouvez au centième étage (ou est-ce plus haut encore ? Je n’ai pas fait attention) en une dizaine de secondes. Ensuite, c’est la promenade, limitée à un quart d’heure, sur le pont dans le ciel.

Petro1

 

Petro2
 

Petro4

 

Petro5

 

Oui, c’est vrai, monter sur le pont dans le ciel, c’est très touristique, très badaud et très bateau, comme on dit, mais il faut avouer que c’est on ne peut plus impressionnant. Ces tours, c’est de la toute belle ouvrage – et comment qualifier la vue, d’un centième étage…

 

Le tour est cependant vite fait, et je bavarde un peu avec la guide qui nous a conduit ici, pour parler du sujet qui fâche : le terrorisme… Y a-t-il jamais eu le moindre accroc, dans les tours ? Non, quelques fausses alertes à la bombe, et c’est tout. Visiblement, la sécurité est rodée. Tant mieux.

 

Redescente vers les limbes du sous-sol. Quand on sort de l’ascenseur, c’est pour passer à travers un petit musée de la technologie et de Petronas associés, puis on reprend un escalier en colimaçon et on se retrouve dans l’immense shopping mall où l’on remarque que, depuis notre arrivée à sept heures du matin, tout s’est ouvert, que les bistrots dégagent des arômes de café tout à fait sympathiques, que les magasins de vêtement proposent tous des soldes, pour célébrer l’arrivée de l’an neuf, pour célébrer la fin du nouvel an chinois, pour célébrer l’anniversaire de l’indépendance, pour célébrer le décès de la belle doche du patron.

 

Visiblement, les habitudes singapouriennes s’exportent bien.

02:59 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : architecture |  Facebook |

27/02/2007

 Malacca, ses Chinois et ses Chinoises

Avant de descendre à Singapour, je me décide à un petit crochet pour Malacca.

 

Si Kuala Lumpur représente la modernité de la Malaisie, Malacca en est sa mémoire. Et, il faut le dire tout à l’honneur des équipes municipales qui gouvernent Malacca, la conservation du patrimoine est remarquable : les quartiers chinois et hollandais sont dans un état qui fait honneur à la ville. StadthuisJ’écris les quartiers chinois et hollandais, et devrais écrire : le quartier hollandais, devenu chinois. En effet, hors, sur la place de la municipalité, le Stadthuis et les bâtiments qui l’entourent, tout de rouge badigeonnés, et qui sont restés tels qu’à l’origine, le reste de la vieille ville a d’abord été portugais (il n’en reste rien, sinon quelques ruines joliment mises en valeur), puis hollandais, et enfin chinois.

 

Pour en faire un quartier cent pour cent chinois pur sucre, on a, certes, bâti des rangées de ces maisonnettes chinoises traditionnelles, mais on a hollandchineaussi, tout simplement, sur de nombreuses maisons hollandaises de l’époque baroque, appliqué une couche de rouge, ou plâtré deux ou trois idéogrammes dorés. Le résultat est splendide et il faut qu’on vous rappelle que cette maison que vous admirez, et que vous trouvez si typiquement chinoise, est en fait une maison d’architecture baroque hollandaise, pour que vous le remarquiez.

 

Il y a donc une vieille ville, d’une taille conséquente, dans laquelle on vit encore, même si, d’abord et avant tout, on y commerce, dans un but principalement touristique. Cette vieille ville, c’est une vingtaine de rues, bordées de maisons parfois décrépites, parfois pas. Ces longues théories de maisons de style chinois sont parfois interrompues par une maison hollandaise carrée, façon renaissance, et sur laquelle, pour la siniser, on a ajouté, ainsi que je l’écrivais plus haut, quelques jolis caractères dorés, usuellement sur fond rouge, et qui signalent la raison sociale du nouveau propriétaire.

 

Un nombre étonnant de musées peuvent être visités, dans la vieille ville. Tous ne sont pas au plus haut point intéressants, mais presque tous méritent le coup d’œil. Ainsi, le musée dédié au grand explorateur Chong Ho. Ce dernier, Grand Eunuque de l’Empereur, avait navigué à travers les mers de Chine, jusqu’en Thaïlande, en Inde et en Afrique, à l’occasion de sept grands voyages grâce auxquels il parcourut Asie, Arabie et Afrique. Nous étions au quinzième siècle…

 

On y découvre, dans ce musée, l’impressionnante histoire maritime de l’Empire du Milieu, et les armadas extraordinaires que les Chinois n’hésitaient pas à envoyer à la découverte du monde. Ainsi, le premier voyage de Chong Ho est fait avec pas loin de trente mille accompagnateurs, chargés sur d’innombrables jonques, intelligemment spécialisées, les unes en transport de troupe, les autres en transport de nourriture, d’autres encore exclusivement réservées au transport de l’eau potable, des chevaux ou enfin des malades. Au milieu de cette flotte immense, trônent ce qu’il était convenu d’appeler, en Chine, les bateaux du trésor, immenses nefs de plus de cent trente mètres de long, hautes en conséquence, qui écrasaient de leur gigantisme tout ce qui existait à l’époque et manoeuvraient parfaitement.

 

Le vieux Malacca est contigu à une ville moderne, qui n’a rien de particulièrement moderne, sinon deux ou trois hauts bâtiments espacés, qui ne parviennent pas à vraiment déparer l’ensemble. Vraiment, la municipalité de Malacca a fait un travail respectable, en prévenant des démolitions trop souvent autorisées ailleurs. Pour le reste, ces mêmes maisons chinoises que l’on voit dans la vieille ville, on les retrouve, vingt ou trente ans plus jeunes, dans la nouvelle. Les commerces y sont moins nombreux, moins dirigés vers un public consumériste, amateur de souvenirs en plastique et de cartes postales.

 

Quelques hôtels, quelques guesthouses, cependant, dont le trilinguisme chinois, malais et anglais indique bien que les touristes ne sont pas loin et des mails, dont le luxe parfois tapageur montre que le pays est riche.

 

La communauté chinoise est, de loin, la plus puissante, ici. De ce fait, tout comme à Kuala Lumpur, on peut passer raisonnablement loin des ploucs musulmans qui ne fréquentent ni les grandes villes, ni les communautés non-musulmanes. Il faut aller dans les petites bourgades de campagne, pour trouver des filles systématiquement fichutées, ou voilées, voire, habillées de sacs à patates. A Malacca, tout comme à Georgetown ou à Kuala Lumpur, la règle, du côté masculin, est la chemisette, la paire de shorts et les flips flops que l’on fait traîner quand on marche, sexbombtandis que, du côté féminin, les jeunes filles chinoises s’habillent de manière trendy, particulièrement provocantes, quand pas franchement pousse-au-viol. Leurs mamans n’essaient pas de faire particulièrement modeste non plus, je dois le préciser.

 

Pour un pays qui se déclare vertueusement musulman, ça la fout mal.

 

Une nouveauté pour moi, notée à Georgetown, par rapport à il y a quelques années, c’est la présence, à la porte des hôtels, d’affichettes écrites dans le style de celle que je soumets ici à votre sagacité :

 

Prost

Les prostituées, à Georgetown, je les ai vues un soir, alors que j’allais chercher des copains dans leur guesthouse, sise à deux pas de la mienne, sur une rue oh combien justement nommée Love Lane (rue de l’amour). Plantées devant leur guesthouse, cinq ou six filles habillées de la manière la plus tape à l’œil, attendaient, appelaient, le client.

 

Et puis, en entendant leur belle voix grave, quand elles vont à la retape, je me suis dit que ce n’étaient pas des filles.

18/12/2006

Le Kuala Lumpur, de verre et de béton

Petronas

 

Le béton moderne, rien de bien particulier à en dire, sinon que les architectes locaux, pour lesquels l’argent n’était visiblement pas un problème, ont fait de leur mieux pour éviter une trop grande stérilité. Ainsi, à côté des cours Petronas, il y a un joli jardin, dans lequel se trouvent des piscines publiques absolument délicieuses et dans lesquelles une multitude de gosses pataugent, surveillés par leurs parents. SwimmingpoolQuand on compare ces piscines à celles dans lesquelles les gosses Thaïlandais, Cambodgien, Birman et autres peuvent plonger, le choix est vite fait. A Bangkok, les enfants plongent dans le Chao Praya, limoneux en diable, qu’ils partagent avec les poissons-chats.

 

Bon, disons que si l’on peut trouver des poissons-chats dans le Chao Praya, c’est qu’il n’est pas empoisonné…

catfish 

 

 

 

 

 

 

L’horizon des gratte-ciels de Kuala Lumpur parvient, c’est quand même positif, à n’être pas oppressant. Il reste aéré.

 

 

 

KLskyline

 

KLmetroEntre les tours bien séparées, passe le métro aérien, conduit à distance, ce qui laisse imaginer aux petits enfants, qui prennent la place d’un conducteur inutile, qu’ils sont les capitaines du ciel.

 

 

Dans les tours Petronas, enfin, est logé l’opéra et la salle de concert du Philharmonique de Kuala Lumpur. KLphilarmonicL’orchestre n’est pas mauvais, ce qui est amusant, quand on songe à l’éloignement de la Malaisie, de toute source classique. La salle est, à chaque concert, bourrée.

 

Cette extraordinaire aliénation entre cultures, on la trouve souvent ici, où – miracle – quoique le pays soit à majorité musulmane, tout n’a pas été islamisé. Ainsi, la loi coranique ne s’applique qu’aux musulmans, et chaque communauté possède ses coutumes. Bien entendu, ça ne fait pas de particulièrement belles jambes à des musulmans qui souhaiteraient quitter la belle religion qu’est l’Islam RATP (Religion d'Amour, de Tolérance et de Paix), puisque l’apostasie est punissable de mort, mais ça permet à tous les non-musulmans de vivre leur vie familiale bien pépère.

 

L’une des choses qui peut faire sourire, c’est la différence de passeport, selon qu’on est musulman ou non. Les Malais musulmans, une fois qu’ils sont en age de demander un passeport, le reçoivent avec cinq pages d’identité – une page pour eux, et quatre pages pour les quatres épouses – alors qu’un autre Malais, qu’ils soit d’origine chinoise, malaise, océanienne, indonésienne, … n’a qu’une page d’identité dans son passeport : la page qui correspondra à son identité à lui. Quant aux épouses non musulmanes, elles ont droit à leur passeport à elles.

 

Les femmes musulmanes ne peuvent ainsi voyager qu’avec leur mari qui tient le document de voyage sous la main Photovacances(ça permet des chouettes photos de vacances), ou, exceptionnellement, sous surveillance masculine déterminée par le mari, si elles partent « seules » à l’étranger. Dans ce dernier cas, le mari complaisant ira demander un document de voyage à usage unique, sur lequel on a deux identités : celle de la femme autorisée expressément, par son mari, à voyager, et celle de son gardien. Ce dernier est, normalement, un membre de la famille du mari : le papa, l’oncle, que sais-je…

 

Une fois le voyage terminé, le document obsolète doit être rendu à l’imam de la mosquée, et Madame retourne ainsi au bercail.

 

L’apartheid entre communautés est moins sensible dans la capitale que dans la province. IslamueberallesAinsi, à Penang, on pouvait sentir la tension qui existe, volens nolens, entre hindoustanis, bouddhistes, sikhs et musulmans. Quant aux chrétiens, ils sont si peu nombreux ici qu’il n’est pas besoin d’y faire allusion. A Kuala Lumpur, cependant, dès qu’on est hors de l’enclos des grandes compagnies internationales, hors de l’enceinte de béton, l’ambiance provinciale revient et, avec elle, les ghettos.

 

Moi, je dors dans le ghetto chinois, dans le vieux centre, tout près de la gare routière aussi. Seuls les chinois ont « fait » dans l’hôtellerie relativement bon marché. restauLes musulmans « font » dans la restauration, quant à eux. Et, à dire en leur faveur, non seulement, quand on passe devant les restaurants, ça sent achtement bon, mais, de plus, quand on s’attable, c’est achtement bon.

 

Un seul problème, dans les restaurants musulmans : pas de bière. Aussi, le soir, j’alterne entre une soirée alcoolique, mangeant dans une cantine chinoise, et arrosant mon repas d’une Tiger de Singapour, et une soirée "sèche", mangeant dans un restaurant musulman, et arrosant alors mon repas d’eau pétillante.

 

Dans le ghetto chinois, je le disais, c’est marché tous les soirs, avec du faux, du toc et des copies. Les flics passent régulièrement, mais plutôt par désir de faire comme si. En réalité, la personne importante du marché, celui qui assure la sécurité, c’est le chef de la triade, de la mafia chinoise, un jeune gros qui passe, chaque soir, entouré de ses gardes du corps, pour parcourir les travées et garder l’ordre. Un quart d’heure avant son arrivée, des jeunes équipés de talkie walkie commencent à s’agiter, échangeant des messages, s’informant mutuellement du degré de rapprochement du Chef, j’imagine, et préparant le terrain et sa sécurité.

 

Deux Mercedes blindées qui précèdent, pour l’une, et suivent, pour l’autre un 4X4 lui-même Mercedes s’arrêtent pile à l’entrée du marché, à un endroit – toujours le même – où quelques un des sous fifres équipés de talkie walkie les attendaient. Le Chef sort, d’un bond, de sa voiture, une fois que la porte lui a été ouverte par son garde du corps qui a lui-même sauté de la voiture le premier et que les barbudos des deux autres voitures se sont égaillés en cercle, observant les alentours.  Il marche le long des étraves, accompagné par ses petits camarades, s’arrête à l’une ou l’autre échoppe pendant que ses gardes du corps vont aux nouvelles et reviennent pour chuchoter à l’oreille du chef tout ce qui va et ne va pas. Les problèmes sont réglés en un tournemain, le tour est vite fait. C’est impressionnant d’efficacité, je dois dire. Un commerçant refuse de payer son dû ? Qu’il s’agisse du racket à l’assurance, ou de celui de la location de sa place, une courte conversation entre le Chef et le réfractaire qui a peut-être un argument à faire valoir… Rien qui soit acceptable du point de vue du Chef ? Un geste de sa part et deux sbires magiquement apparus aux côtés du petit commerçant l’emportent en lui bloquant la bouche, pendant que deux autres, ou quatre, ou six, dépendant du volume des marchandises exposées, remettent tout en quelques balles et disparaissent tout aussi silencieusement. Le bonhomme disparu vient de perdre sa licence à jamais.

 

Les flics, bien évidemment, n’ont rien vu.

 

Mieux vaut faire comme si, moi-même, je n’avais rien vu non plus.

15:58 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : architecture, religion, cuisine |  Facebook |

17/12/2006

Le vieux Kuala Lumpur

Pour aller à Kuala Lumpur, de l’île de Penang, c’est toute une expédition. Il faut d’abord quitter l’île, avec le bac-coquille de noix, pour Butterworth, puis aller à la gare routière en minibus. A la gare, il y a diverses agences vendant des billets de bus pour Hat Yai, Bangkok, Kuala Lumpur et Singapour, ainsi que pour diverses destinations aux noms moins connus. basekpresIl y a un Bas Ekspres Grand Luks, ainsi qu’on l’écrit par ici, qui partira dans quelques minutes et, veine, il y a encore de la place. Nous sommes deux, qui avons quitté Penang pour aller à KL. Nous prenons nos billets et nous voilà dans un bus effectivement très chic, pour six bonnes heures de route. Nous devrions donc arriver vers quatre heures.

 

La route est belle. Bientôt, elle se transforme en véritable autoroute. Un arrêt pipi-cigarette, et nous redémarrons dans un monde de luxe, de confort et de volupté. La volupté, c’est l’hôtesse qui passe régulièrement pour vous offrir du thé, et la télé de bord qu’elle nous annonce, désolée, être en panne.

 

L’entrée à Kuala Lumpur, ça ne se passe pas comme ça : afin d’éviter une pollution atroce, la Malaisie, qui exporte du pétrole aux quatre coins du monde, utilise des filtres avant l’entrée en ville : un péage, dix kilomètres avant la ville, peut-être, qui fait aussi office de station de blocage pour les voitures non-autorisées en ville – sauf si le conducteur paie une somme effrayante pour obtenir le permis, pour une journée.

 

Passé la chicane, nous roulons, descendons les pentes sur lesquelles nous étions, vers la plaine où s’étale Kuala Lumpur, ce qui nous permet de voir le spectacle des gratte-ciels vers lesquels nous roulons, et arrivons bientôt au centre ville, après être passé devant le splendide bâtiment colonial de la court suprême de justice.

SC

 

En fait, une courte promenade en ville le montre vite : tout ce qui est beau est ancien, et singulièrement d’architecture coloniale dix-neuvièmiste. J’ai lu plus d’une fois les origines du musée de la Malaisie, celles de la court suprême, celles de tel ou tel bâtiment gouvernemental : j’oublie chaque fois qui les a fait. Mais jamais on oublie la splendeur du spectacle. Y a pas à dire, nos ancêtres savaient y faire.

 

MarketIl y a, aussi, un merveilleux marché en modern style, bâti dans les années trente, de toute évidence, et des maisonnettes qui rappellent celles de Georgetown, dans lesquelles, aujourd’hui, se sont réfugié les petits commerçants. Tout Chinatown y est installé, ainsi que les arabes. Le soir, il y a un marché qui déborde sur toutes les ruelles de Chinatown, où l’on vend tout ce que l’Asie du Sud Est compte de copies et de faux, pire encore qu’en Thaïlande, qu’au Cambodge ou qu’en Inde.

 

Le reste, c’est du béton moderne, ambitieux, prétentieux. Il y a, bien entendu, les fameuses tours Petronas, qui sont à ce jour les plus hautes structures du monde. Il y a d’autres bâtiments bêtes et hauts, usuellement ornés de drapeaux malais, vu que la fête nationale n’est pas loin, et que les Malais aiment visiblement bien célébrer l’existence de leur état, où l’impôt est léger et où les rats, comparés aux pays voisins (j’excepte Singapour, mais on en parlera plus tard), se cachent. Lors de mon dernier séjour, en une semaine, j’en ai vu un seul.

16:27 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : animaux, architecture |  Facebook |