13/07/2008

Quelques photos pour finir (4 et final)

Allez, les deux dernières, avant de fermer... Ce sont deux photos prises en Birmanie, au Myanmar: une de la gare centrale de Rangoon, et l'autre d'un train, dans la gare en question.

 

Station

 

 Train

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12/07/2008

Quelques Photos, pour finir (3)

Ca, c'était sur la mer, devant les côtes de Thailande.

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11/07/2008

Quelques Photos, pour finir (2)

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Photo prise à l'entrée du pays, en Malaisie. A la différence de chez nous, on ne plaisante pas avec la drogue, là bas.

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10/07/2008

Quelques photos, pour finir (1)

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C'est une photo que j'avais prise à Java, et que je n'ai pas pu placer dans le récit. Mais vu qu'elle m'amusait, j'avais envie de la partager avec vous.

12:00 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/07/2008

Retour d'Océanie

aa8Le jour suivant, petit déjeuner à peine descendu, démarrage du port, pour le spot de Rinca, sur l’île du même nom, afin d’aller voir le deuxième groupe des dragons. Une heure de traversée, tout au plus.

 

La nuit, nous l’avons passée au milieu de la baie, parmi d’autres bugis amarrés ici et là. J’imagine que les frais sont plus élevés quand on est apponté et puis, sécurité oblige dans une région où la misère est galopante, il est probablement moins dangereux de se trouver au milieu de l’eau.

 

Ca me rappelle mon premier voyage en Océanie, quand nous nous arrêtions dans une baie déserte et qu’un homme d’équipage, nécessairement, systématiquement, veillait la nuit, un fusil à la main.

 

ric1aa7Vroum, donc, alors qu’il n’est pas encore sept heures, direction Rinca. Nous arrivons bientôt dans une minuscule baie, au plus profond de laquelle, entre les palétuviers, il y a un ponton auquel nous nous amarrons vaille que vaille, après avoir bloqué notre hélice dans un bout de câble.

 

Pendant notre promenade, le mécanicien, jeune apprenti souriant et débrouillard, aura de quoi s’occuper. Alors que nous nous éloignons, il plonge déjà dans l’eau, avec l’espoir de libérer l’hélice bloquée. Bonne chance, mon pauvre.

 

aa13Nous voilà donc partis sur le ponton qui débouche sur un tout petit village que nous quittons bientôt, après être passé à l’épicerie locale – un maigre petit magasin qui jalouserait l’immense supermarché des Oleson, immortalisés par  la petite maison dans la prairie : une bouteille d’eau, ou un coca tiède pour les plus amateurs de la boisson sucrée. Nous démarrons.

 

Les dragons nous attendent de patte ferme, et nous faisons un tour similaire au premier, avec un seul ranger cette fois ci. Tout comme à Komodo, des animaux sauvages, ici et là, volent ce qu’ils peuvent au sol, aa9Drag2non sans regarder peureusement, à tout instant, par-dessus leur garrot, afin de voir arriver le danger. Les dragons se font parfois désirer, parfois apparaissent à des endroits inopportuns. Nous sommes forcés, deux fois, à faire un long détour à travers des sous-bois. Les branchettes nous griffent.

 

 

 

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Heureusement, les premiers qui tracent le chemin, ce sont le ranger, puis la grosse hollandaise, puis enfin le solide Estonien, de telle manière que la plupart des ronces et des branches griffues sont arrachées et traînent au sol. Vu que je suis en flips flops – en flips flops de marque ! certes, mais en flips flops quand même… -, je ne me plains pas.

 

Là encore, tout comme à Komodo, nous passons le long des anciens pièges dans lesquels ont balançait, dans le bon vieux temps, une chèvre aa10co7en sacrifice, puis quittons les sous-bois et prenons un chemin qui monte doucement à travers les collines. Un paysage grec s’offre à nous, aride et beau dans sa sécheresse. Quelques photos, pendant que le ranger surveille les alentours, à tout hasard. Mais il est inhabituel que les dragons montent aussi haut. Ils restent à l’ombre du bois, dans l’humidité presque marécageuse des alentours du rivage.

  

On note, cependant, de ci, de là, des fumées sèches.

  
 

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Bientôt, redescente jusqu’au village, dernières photos des gosses qui nous entourent – ceux des gosses qui n’ont pas été mangés par les dragons. Leur fascination pour nous, pour l’univers que nous représentons n’a d’égale que celle que nous éprouvons pour eux et pour leur monde. Nous nous quittons enchantés les uns des autres. Ils nous ont observés tout à loisir, et nous de même.

 

Retour au bateau afin de filer jusqu’à Lenteng, en supposant que l’hélice est maintenant libérée.

 

A Lenteng, notre Estonien quittera le navire, pour aller, par les petites routes, et par un bugis trouvé d’aventure, jusqu’à Timor Leste. Dieu seul sait s’il en reviendra vivant.

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aa2aa3Tous les autres vont rester sur le bateau, pour reprendre le chemin, lentement, vers Lombok. Nous perdons notre Estonien, mais gagnons un Hollandais. Le trajet prévu est, grosso modo, celui de l’aller, avec arrêts dans d’autres baies, d’autres criques, à dire coucou à d’autres poissons.

 

  

  

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Le chemin monotone passe entre des îles et des îlots vides, ou à peine peuplés. Avec un peu d’électricité, parfois, aa14des bateaux à balanciers, toujours. Des vieux qui pèchent ce qu’ils peuvent, et des gosses intrigués qui nous sourient.

  

  

 

 

 

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La triste Océanie.

 

 

 

 

 

 

 

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aa5aa4A Lombok, ce sera une nuit, encore, puis, le lendemain, un autre minibus jusqu’au port. Là, ce sera à nouveau un bac, l’arrivée à Bali, un bus quelconque jusqu’à Kuta.

 

 

 

  

Une, non, deux nuits à Kuta.

  

 

 

balifin1Balifin2J’ai changé d’hôtel, vu que j’en ai marre du spectacle du vieux porc Allemand qui ramène chaque aprème, puis chaque soir, une nouvelle conquête, et m’installerai en plein quartier australien. Touristes à gauche, touristes à droite. Touristes devant, touristes derrières. Night clubs à quelques rues d’ici, les filles qui chantent après un verre de trop, les garçons qui gueulent pour les mêmes raisons. Mais, je dois dire, l’hôtel est calme. Dehors, dans la rue, on vous offre des massages douteux, parfois. Les bars de Kuta ont de longues Happy Hours, qui commencent vers les seize heures, et qui iraient jusqu’à vous pousser à la consommation de produits alcooliques. C’est vrai que tout est pour rien, et que le service est charmant.

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Cuisine balinaise adaptée au goût du public étranger, et restaurants japonais, et steack houses, et hamburgers joints, et pizzerias.  

 

Deux jours de traînailleries, à faire mes derniers achats, puis ce sera un Air Batavia pour aller jusqu’à Jakarta. Deux heures plus tard, ce sera un Garuda pour Londres, puis un British pour Bruxelles où il fera, sans nul doute, pluvieux.

 

Ma promenade Papoue – si peu, si peu… - se termine. Dans quelques semaines, je commencerai à m’ennuyer, dans les plaines étriquées de par ce qui fut chez moi. J’irai alors chez mon amie Valérie, à mon agence de voyage préférée. Ce sera pour préparer un retour au Cambodge, une équipée entre le Bengladesh et la Birmanie, ou une promenade au Népal ?

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Phnom Penh me manque, je crois…

21:30 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

08/07/2008

Flores, ou le cul de sac

Une fois Komodo quittée, nous sommes supposés naviguer jusqu’à Flores. Nous avons appareillé vers les deux heures, après un lunch rapide, et après que l’Anglais se soit fait réparer par une des deux Suédoises, qui semble l’avoir à la bonne, la profonde écorchure qu’il a au mollet.

 

Et puis, les filles, ce sont des infirmières nées, comme nous le savons tous...

 

Rapide calcul : nous avons passé un peu plus de cinq heures à marcher à travers l’île, sous le soleil qui tapait. Même si nous avions pris avec nous, comme selon le bon conseil de notre capitaine, une bouteille d’eau, c’est juste la déshydratation qui menaçait. A peine arrivés sur le bugis, on se rue sur tout ce qui peut se boire et on se l’enfile. Ensuite, repas, rangement et appareillage.

 

Arrêt, en cours d’aprème, dans l’une de ces petites baies dont le capitaine a le secret : plongeon au milieu de nuages de poissons, dans une eau qu’on ne pourrait décrire que comme cristalline. Sur le fond, les incontournables étoiles de mer d’un bleu cobalt, qui m’intriguent toujours autant et, ici et là, des buissons de coraux multicolores.

 

flo1afl3Enfin, nous redémarrons et, dans la distance, nous voyons le port de Flores, couronné de montagnes et de volcans plus lointains, dont des fumerolles s’échappent.

  

  

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afl2afl19La baie de Lenteng rappelle, au premier regard, un enclos de ferrailleur. Alors que nous approchons de notre quai – enfin, de notre ponton, c’est l’habituel entassement de barques, certaines à moitié coulées, d’autres pas, de tas de planches pourries ici, de collines de débris là bas.

 

De l’autre côté du port, ce sont les bugis qui font le cabotage régional, serrés comme un troupeau de mouton. C’est la fin de l’après midi, et nous en avons encore pour trois heures de lumière à tout casser : le temps afl5afl7de visiter Lenteng – bourgade assoupie composée de deux rues boueuses, le long desquelles on peut trouver un marché, une boutique de souvenir, quelques agences de voyage pour aller aux dragons, et deux guesthouses qui rappellent fâcheusement, à leur niveau de confort et de propreté, celles que j’ai eu l’occasion de voir en Papouasie.

 

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Il y a aussi deux bars restaurants, avec électricité et réfrigérateurs, une base militaire et un magasin général.

 

Ensuite, c’est la fin de la rue. Des sentiers cahotants s’enfoncent dans la jungle, vers les dieux savent où. Les transports doivent être croquignolets, sur l’île.

 

afl8afl11Un endroit amusant, c’est le marché. Il est minuscule mais ce n’est pas le marché comme nous le connaissons, nous, en Europe. Il me semble que, par ailleurs, même pour les Indonésiens des grandes villes telles que Jakarta, ce doit être un marché un peu inhabituel.

  

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D’abord, on  y trouve un boucher, avec un étal de bois bancal, poisseux de sang, sur lequel on peut choisir entre quelques morceaux de chèvres mal découpés. Il y a aussi quelques poulets saignés, auxquels il reste dès lors tête, pattes et plumes. Des essaims de mouches vrombissent tout aux alentours. Je ne dis pas que les règles de l’hygiène ne sont pas respectées – du moins, les règles indonésiennes, mais il est évident que nous parlons d’une toute autre présentation de la bidoche à celle à laquelle nous sommes habitués, dans nos supermarchés d’Europe.

 

Et dans les supermarchés de Jakarta.

 

 

afl13A côté de cela, des étals de poissonnerie, là encore présentant tout à fait différemment de chez nous. Tout comme sur tous les marchés d’Asie du Sud Est, les poissons sont présentés dans des seaux remplis d’eau. Leur état de fraîcheur ne fait aucun doute, mais, à la différence de l’Asie du Sud Est, ils sont morts.

 

Ensuite, à la différence de partout dans le monde, ce sont des poissons comme nous n’en avons jamais mangé : des perroquets, des napoléons, des poissons qu’on a l’habitude d’imaginer comme étant des poissons d’agréments, de ceux que nous avons, en plus petits, dans nos aquariums. Il n’empêche : ce soir là, notre chef coq s’étant ravitaillé sur ce marché, ce sont bien des poissons de ce genre que nous mangerons et il faut bien admettre que leur chair est aussi plaisante que celle des poissons « de chez nous », auxquels nous sommes habitués.

 

afl16afl17Sur le marché, les dames essaient de nous vendre ce qu’elles ont, sans grand espoir, mais avec le sourire. Les joies de la promenade épuisées, je descends sur le wharf, faire le tour des reposoirs à filets, sortes de pontons sur pilotis, solidement enfoncés dans la vase du rivage. C’est la foule des petits métiers, de la mer et du bois.  Chacun vous salue et s’efforce, avec sans doute davantage de savoir faire que celui des gosses des îles, de paraître sur la photo que je ne manquerai pas de faire, puisque je tiens mon appareil à la main…

 

afl18Et puis, une fois le tour du wharf terminé, un Bye Bye général à tous ceux qui m’avaient accueillis d’un geste de la main, ou de la voix, je remonte dans la rue principale. Là, un bar m’accueille, La terrasse est à l’arrière, et donne sur la baie. Le spectacle est délicieux, avec les bugis amarrés irrégulièrement, qui tachent l’eau alors que le soleil se couche.

 

Dans la distance, j’entends les bruits du quotidien ; des coups de marteau enfonçant un clou ; les braves gens qui se hèlent ; les gosses qui se afl20poursuivent, qui tombent, qui pleurent, qui reçoivent une claque d’une mère excédée et qui pleurent encore plus fort ; les pépiements excités d’un groupe de demoiselles qui échangent les derniers ragots de l’école ; le bruit d’une radio ou d’un poste de télévision ; un cochon qui grogne, en contrebas.

 

On me sert enfin ma Bintang glacée alors que le crépuscule du soir jette tous ses feux. C’est splendide.

 

Enfin, le spectacle terminé, et la bière finie, je regarde l’heure sur l’horloge de la terrasse : il est temps de descendre au ponton : je suppose que nous devrions dîner bientôt.

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07/07/2008

Komodo, par les collines et par les prés

como3Après une dizaine de minutes de marche sous un soleil qui devient déjà méchant, nous arrivons au camp de base. C’est à partir de maintenant qu’il faut faire attention et, nous explique le ranger, rester groupés.

 

Probablement pour assurer une plus grande quantité de bidoche aux dragons, au cas où…

 

A quelques dizaines de mètres de là, devant la porte d’un bungalow qui fait office de buvette, il y a des dragons. En effet, à l’arrière de la buvette, il y a une porte qui donne sur une cuisine. Des parfums délectables doivent en sortir, et les plus paresseux des dragons de l’île traînent aux alentours, avec l’espoir qu’un cuistot jettera des reliefs carnés.

 

  

  

  

  

como4dra2On parle de bestiaux qui font dans les trois mètres et davantage, et qui nous regardent avec un œil intéressé, pendant que nous les mitraillons de toute la force de nos petits appareils photos.

  

  

  

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dra6Drag3Après quelques minutes, nous nous rendons compte que ces charmants machins se déplacent, paresseusement, certains vers la gauche, d’autre vers la droite, jusqu’au moment où une manœuvre en pince se dessine, destinée à nous attaquer de deux côtés à la fois.

  

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Drag2Les dragons, ce sont peut-être des animaux antiques, mais ils ne sont pas aussi stupides qu’on aurait pu l’imaginer… capables de tactique, voire de stratégie. Ca ne m’étonne pas qu’ils aient survécu depuis l’époque des Grands Sauriens  du bon vieux temps des Ptérodactyles, des Iguanodons, des Diplodocus et des Tricératops.

 

Nous nous réunissons donc peu à peu sur le porche du bungalow, vu que les sales bêtes n’ont pas l’air de vouloir grimper les quelques marches qui y mènent, que la porte est à deux pas, et que notre ranger est d’attaque, sur le porche en question.

 

Leur coup raté, les dragons se dispersent, l’air faussement distraits mais toujours vigilants. Notre ranger hèle ses copains, afin d’assurer notre sortie et notre départ.

 

Finalement, vu que dragons semblent avoir la dent, et qu’on ne peut pas être partout avec l’arme fatale qu’est la branche bifide sous la main, après une courte discussion entre les hommes de l’art, au lieu d’un seul ranger pour nous accompagner, nous partons avec une petite garde.

 

Ce n’est pas plus mal.

 

Dans le temps, il y avait deux ou trois endroits, sur l’île, où on promenait les curieux arrivés jusque là. A ces endroits, connus de tous les dragons, usuellement, un creux pentu qui rappelait davantage le piège à loup qu’autre chose, on balançait une biquette, et on attendait.

 

On ne devait pas attendre longtemps : les dragons surgissaient de toute part, dégringolaient dans le trou et faisaient son affaire à la chèvre qui se trouvait vite dépecée. Chaque dragon filait alors avec son morceau de bidoche, et le spectacle était terminé.

 

Le temps béni du jet de chèvres dans la gueule des dragons est fini. De bonnes âmes ont décrété que ce n’était pas gentil pour les chèvres, de leur faire un coup pareil.

 

D’autres opposants, plus sérieux, ont fait valoir qu’en nourrissant ainsi les dragons, on en faisait des assistés pires que des fonctionnaires corses d’avant guerre, et il y a du vrai dans cela.

 

Le beau résultat de cela est que, de toute manière, les chèvres ne sont plus lancées dans les pièges qui leur étaient destinés depuis quelques années et, de ce fait, les dragons se sont dispersés dans l’île, puisqu’il n’y a plus d’endroit particulier où se nourrir facilement, lors du passage des touristes. Le danger est donc maintenant partout.

 

Il est partout pour les promeneurs, tout comme pour les animaux sauvages qui vivaient tranquille, jusqu’il n’y a guères.

 

dra3A chaque instant, alors que nous marchons le long du chemin, un dragon se sauve de sous nos pieds – s’il est petit – ou nous regarde d’un air méchant, nous bloquant la route - s’il est grand. Le trajet que nous devons faire est semé d’embûches et nous nous vengeons des gros monstres en effrayant les petits. Les rangers, quand ils nous voient partir au taïaut, poussent à leur tour de grands cris pour nous rappeler. L’Anglais de notre groupe n’en a cure et revient à un moment avec une belle estafilade, due à une ronce qu’il a du survoler au plus vite, quand il s’est trouvé nez à mufle avec un dragon.

 

D’un côté, il est bruyant et son décès n’aurait pas été particulièrement regretté. Sans compter qu’on se serait certainement tous retrouvé photographiés en première page du journal local, en tant que témoins, pendant qu’une photo plus grosse encore aurait proposé au voyeur indonésien l’image de ce qu’il restait du malheureux.

 

D’un autre côté, il est plutôt sympa, quand même.

 

Mais, c’est vrai, sa mort nous aurait procuré de beaux clichés.

 

Enfin, tant pis.

 

co1co2Parfois, nous croisons un cerf peureux, ou un sanglier méfiant. Ils sont tous à se détraquer l’estomac en mangeant comme des goulafes, afin de pouvoir jeter un coup d’œil à tout moment, devant ou derrière, à gauche ou à droite, histoire de ne pas de faire mordre et tuer par un dragon affamé.

 

Dans quelques endroits moins fréquentés par les dragons, les dieux seuls savent pourquoi, on voit même des buffles qui se vautrent dans la boue d’un gué, tout en gardant quand même un œil inquiet sur les alentours. Nous ne nous en moquons pas : nous même, nous ne sommes pas toujours rassurés, même avec nos rangers.

 

co3co6Au bout de deux bonnes heures, nous entamons le sentier des collines. Ici, plus de dragons, mais un paysage d’une beauté à couper le souffle, la mer que l’on voit entre les collines jaunies de la brûlure du soleil.

 

L’Océanie : rien à offrir ; tout à donner. Aucune culture ; mais quelle nature…

 

Pas les sentiers, nous redescendons pour aller jusqu’à la jetée, en évitant les dragons.

 

 

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07:30 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

06/07/2008

A la chasse aux dragons

comoL’arrivée à Komodo a lieu vers les six heures du matin. Nous sommes debout depuis quelques minutes seulement. La nuit précédente a duré, à coup de chansons suédoises, estoniennes, anglaises, suisses, américaines, accompagnées de thé et de bièr. Je n’ai pas chanté quoique ce soit, vu que j’ai la mauvaise habitude de ne me souvenir d’aucune chanson à la mode, et du fait que, depuis le jour béni où Mmes Rika Zaraï et Dalida ont abandonné la chanson,  ainsi que Son Excellence Mme la Baronne Annie Cordy, la chanson francophone a pris comme un coup dans la gueule.

 

C’est bien simple : nous ne gagnons plus rien, depuis des décennies, à l’Eurovision.

 

Les Suédois non plus, vous me direz, depuis qu’ABBA nous a quitté.

 

A dire vrai, c’est tout simplement que la chanson populaire m’entre dans une oreille et en sort par l’autre. Ce n’est pas que je la mépriserais, mais j’ai d’autres priorités. Tata Yoyo a son charme, tout comme les immortels textes de Berthe Sylva, mais bon…

 

Bref, hier soir, on a eu la Hollandaise et les Suédoises qui ont chanté le bout de gras, puis le couple américain, puis l’anglais qui a gratté la guitare et encore la Suissesse qui a essayé du yodle de chez elle. On a bien ri, bien bu, et on s’est endormi sur les minuit, pendant que le bugis avançait lentement, en évitant les hauts fonds et les trous dans la coque. De toute manière, dès que la lumière commence à se faire présente, vers les six heures du matin, qu’on le veuille ou non, on est éveillés.

 

Or donc, voilà les six heures et le réveil. Je suis le premier à me lever, à aller jusqu’à la cabine, l’une des deux cabines, dans laquelle on peut se doucher, et le reste. L’eau est tiède de tout le soleil que les réservoirs ont pris le jour précédent. Une longue douche, un brossage de dents.

 

J’abandonne les commodités après m’être douché, puis rasé. La minuscule salle de douche est bien faite.

 

Un dernier regard dans le miroir, avant de libérer la pièce : ça donne à peu près bien. L’Américain qui me succède fait moins bien que moi, vu que, lors du déjeuner, je note comme des estafilades le long de ses joues. Sa compagne ne l’en embrasse pas moins.

 

C’est gentil de sa part.

 

Non, j’ai l’ai jaloux ainsi : c’est un couple charmant. Lui, est aimable et souriant. Quant à elle, elle est amoureuse, d’un garçon qui le mérite bien. Sous le soleil écrasant de chaque jour de route maritime, j’ai eu un réel plaisir à les fréquenter. C’est grâce à eux, si le voyage en groupe a été, à mon goût, vivable.

 

Bref, petit déjeuner, entre le couple américain et nos deux Suédoises, la lourde Hollandaise et la Suissesse maigrichonne mais souvent amusante.

 

Notre Estonien ouvre un œil comateux, mais la journée sera manifestement difficile pour lui, pendant que l’Anglais traîne sous la douche.

 

como2como1Le bugis est amarré depuis bientôt une heure, quand nous pouvons enfin grouper tout le monde, et aller à terre, sous la surveillance de notre cicérone. Nous sommes au bout d’un ponton de bois, qui fait comme il le peut pour ne pas couler, et une échelle a été accrochée au dit ponton… Nous descendons de notre transatlantique, et arrivons sur la terre ferme.

 

 

 

como0Là, il y a un ranger qui nous attend, armé de son seul bâton fourchu avec lequel, si on sait y faire, on est invariablement gagnant, contre un dragon, même le plus gros et le plus teigneux.

 

Quelques minutes, d’abord, pour nous expliquer ce qu’est un dragon, et pour nous détailler les dangers qui vont avec – les dents, par exemple.

 

Le dragon de Komodo est une sale bête qui, quand elle atteint sa taille adulte – dans les quatre mètres – ne trouve rien de plus amusant qu’attendre le voyageur et le manger. Le dragon est, un peu comme le T Rex, un animal dont la mâchoire n’est pas en mesure de vous tuer tant de monde que cela.  Un dragon vous court après et vous mord ? Il ne peut vous garder en gueule, et vous vous échappez comme vous le voulez.

 

Sauf si vous êtes une faible femme de chèvre.

 

Et sauf s’il vous a chopé dans une position dont vous ne pouviez pas sortir.

 

Il y a ainsi de nombreux récits, sur l’île, concernant des villageois tués et mangés par les dragons ; lâchement attaqués par derrière alors qu’ils avaient posé culotte et se trouvaient au milieu de leur grosse commission.

 

On ne peut pas dire que c’est gentil, de la part des dragons, un coup pareil.

 

Pour en revenir au danger principal du dragon, dont la mâchoire n’est pas si puissante que cela, même que ça ne vaut pas un crocodile : tout comme le T Rex, le dragon possède une arme léthale : sa salive.

 

Revenons en à votre rencontre avec un dragon : vous vous rencontrez inopinément ; il vous a mordu, et vous lui avez, assez facilement, échappé. Deux heures plus tard, la quantité de toxines qu’il vous a como6aimablement refilé, à la suite de sa morsure, a raison de vous : vous tombez, et mourez d’une septicémie foudroyante. C’est alors que le salopiaud, qui vous a bien évidemment suivi - ça court vite, ces bestiaux -vous tombe dessus et vous dévore, aidé d’une trentaine de petits camarades.

 

Mais nous n’en sommes pas là : le ranger qui nous accompagne nous conduit, à travers Komodo, jusqu’au camp de base où nous serons promené, protégés par un autre ranger, afin de voir les reptiles du coin. Le sentier est délicieux, et nous marchons vite, vu que, ne l'oublions pas, les dragons sont tout à fait capables de galoper.

 

Les fumeurs sont perdants, ici. Notre ami Estonien marche en tête, l’air inquiet.

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04/07/2008

Sur un Bugis, en Océanie

lo12Un voyage à Komodo, en bugis, ce sont trois jours de mer, par petites étapes ; faut épargner le matériel…

 

Et donc, matin et soir, une fois le petit déjeuner absorbé, le bugis ralentit, se dirige vers une île ou un îlot, parmi tous ceux qui parsèment notre route, puis choisit une crique bien connue du pilote, où l’eau est calme. On jette l’ancre, le moteur s’arrête et, pendant que l’homme d’équipage baisse une petite échelle, le mécanicien se précipite dans la salle des machines, afin de bichonner le moteur.

 

Quant à nous, nous sautons à l’eau, traversons des nuages de poissons multicolores, survolons des buissons de coraux si beaux à regarder, si dangereux au toucher, admirons d’immenses étoiles de mer d’un bleu de cobalt. Après une petite heure de promenade, nous remontons à bord du navire. Le moteur est relancé, l’ancre est remontée, et nous repartons caboter, d’une île l’autre.

 

Outre nos deux petits arrêts-poissons et snorkelling, chaque jour, nous nous arrêtons aussi pour voir un truc ou un autre : ici un volcan encore en activité, dont la gueule est un lac aux eaux claires, puant les gaz sulfuriques, qui sortent à gros bouillons, vers le milieu du lac, à plus petits bouillons, sur les bords.

 

L’eau est tiède et rien n’y peut vivre. Au moins, il n’y aura ni crocodiles, ni poissons carnivores… Nous y nageons quelques minutes, avant qu’un bouillonnement plus violent que les autres nous pousse vers le rivage, au cas où…

 

De retour au bugis, et nous repartons.

 

Isl1Isl2Le jour suivant, c’est un arrêt sur une île perdue, sur laquelle il y a un village misérable. Dans ce village, des dizaines de gosses qui nous suivent, à la fois embarrassés, timides et éblouis à la simple vue de gens blonds, roux, étrangers, qui ont en main cet objet magique qu’est un appareil photo.

 

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Ils savent que cela existe, même si, chez eux, l’électricité n’existe pas.

 

Ils nous suivent, fascinés par notre présence et par cette magie électronique que nous pouvons partager un instant avec eux, se battent pour être au centre de l’image : c’est à la fois charmant et consternant. Nous éprouvons le sentiment d’entrer dans une scène d’il y a trois ou quatre siècles, dans laquelle une laitière Hollandaise, un Sforza vénitien, une Mona Lisa florentine, pose, avec l’espoir d’un chef d’œuvre.

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Les gosses se ruent sur les artistes photographes que nous sommes. Le simple fait qu’ils soient pris en photo est par ailleurs la certitude du chef d’œuvre en question… et les enfants rient de se voir au centre d’un écran qu’on leur propose bien naturellement, une fois le cliché pris.

 

Photo me, MisterRr ! Telle est la demande, l’exigence, que nous soyons fille ou garçon, tant que nous sommes photographes.

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endant ce temps, la touriste Hollandaise avec laquelle nous avons embarqué crée l’hystérie, en soufflant des bulles de savon à travers la meute des gamins qui nous suit. C’est touchant, et l’idée de notre départ me fait mal. Pour ces enfants, nous sommes la magie du monde extérieur, l’électricité, la télévision dont ils ont entendu parler, ou que l’un ou l’autre d’entre eux a eu l’occasion de voir, un jour où, avec leurs parents, ils ont fait l’immense voyage jusqu’à Lombok, ou Flores.

 

Le voyage continue, d’île en île, de petites criques en petites criques, avec de moins en moins de monde qui nous attend devant ces criques, jusqu’au moment où nous arrivons à Komodo.

 

drag1Là, nous sommes attendus. Ceux qui nous attendent font quatre mètres de long, quand ce sont des adultes. Ils ont de puissantes mâchoires et n’ont rien contre un petit en cas, entre deux vrais repas.

  

Dans l'ensemble, ils n'ont pas l'air particulièrement sympathiques.

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03/07/2008

Bientôt vers Komodo

lo9Le lendemain, c’est un jour de battement. La nuit a été un peu difficile, vu que, d’un côté de l’hôtel dans lequel je dors, il y a une mosquée avec un muezzin qui bêle à la gloire de Lala dès les toutes petites heures, tandis que, de l’autre côté, un karaoké braille jusque vers minuit.

 

Bah, au moins, du côté muezzin, ça ne dure qu’une dizaine de minutes, après lesquelles ont peut se rendormir.

 

Or donc, après les chants du karaoké, j’ai dormi comme je l’ai pu, avant d’être réveillé par les chants du muezzin, puis ai revolé deux heures de sommeil à la nuit noire, avant que l’aurore aux doigts de rose, etc… me fasse le sale coup de me réveiller.

 

Il doit être pas loin de sept heures : debout, pipi, douche froide – enfin, tièdasse… Habillé de frais, je sors de ma chambre pour tomber sur le boy qui me demande si je veux mon petit déjeuner. Ah, oui. Bon, je retourne dans ma chambre et, deux minutes plus tard, le boy frappe à la porte, avec un plateau sur lequel il y a un pot de thé fumant, deux toasts, une lamelle d’une couleur jaune-brun qui doit être du beurre, et un sachet de confiture.

 

Toc toc, siouplaît M’sieur ; merci M’sieur. Je pose le plateau sur la table et m’assois sur la petite terrasse qui fait suite à ma chambre : ingérons tout cela. Après avoir avalé quelques tasses de thé noir et mes deux toasts, je sors de la chambre après avoir soigneusement déposé mon plateau devant la porte, puis file en ville.

 

lo1La ville, c’est trois fois rien, à Senggigi. Il n’est pas encore huit heures du matin, et tout dort, sinon quelques restaurants qui offrent des petits déjeuners et un cybercafé où je m’empresse d’aller vérifier mes courriels.

 

Quant à cela, rien de spécial : des offres de viagra en pagaille, ainsi que de cialis. Une demi douzaine de propositions commerciales en provenance du Burkina Fasso, et un message d’une amie chère qui me demande si je vis toujours. Je réponds que oui, efface les offres commerciales africaines, élimine les propositions médicamenteuses, ferme mon ordinateur, pour apprendre que les quinze minutes que j’ai passé sur l’Internet me coûteront l’immense somme de un dollar américain.

 

Monsieur le propriétaire du cybercafé m’explique, d’un air embarrassé, qu’il doit, pour avoir l’Internet, tirer une ligne jusqu’à Mataram, la capitale de l’île de Lombok. Il n’y a pas à dire, ici, c’est le tiers monde.

 

Sorti de mon cybercafé, et me dirigeant vers la plage, je me fais assaillir par des hordes de vendeurs de perles, de montres, de lunettes de soleil. Non merci, m’sieurs dames. J’arrive finalement au bord de l’eau, non sans m’être fait harponner d’abord par l’un ou l’autre commerçant, et m’en être débarrassé avec le sourire. Bientôt, je suis au bord de la mer, poursuivi par un dernier vendeur qui finalement me quitte, en me couvrant de malédictions, vu que je ne lui achète rien.

 

lo8Senggigi, ce sont deux plages. Une, devant trois ou quatre petits hôtels et principalement dévouée aux étrangers – quand il y en a. L’autre est envahie par les locaux. Aujourd’hui, ça tombe bien, c’est un dimanche, et la foule arrive, petit à petit, sur des mobylettes chargées comme des ânes.

 

 

 

 

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lo7Le reste du village n’a rien de bien intéressant à offrir – sinon ses vendeurs de perles, bien entendu. Ses deux mosquées sont moches ; les temples hindouistes sont rares et éloignés, sur une île où les musulmans ont chassé les mécréants.

 

Reste donc la plage.

 

Là, après une heure, je me trouve entouré de gosses et d’adultes qui viennent profiter d’une journée de repos dominical. Je suis le seul étranger, mes petits camarades ayant décidé, qui, de dormir, qui, de faire les bistrots. Dans ce dernier cas, les deux Suédoises et l’Estonien doivent assez bien s’entendre. J’apprendrai plus tard qu’ils ont, avec le couple américain et notre Hollandaise, occupé la journée entière la plage « aux touristes », à se faire pourchasser par les vendeurs de colifichets.

 

 

lo4lo6La matinée se passe, dans la paix de la plage. Puis, je quitte le havre de calme et retourne vers la grand rue du village. Une douche, un déjeuner, un massage – non merci mademoiselle, pas d’extra – une sieste. La fin de journée arrive, et bientôt, le groupe auquel je dois bien me mêler, tôt ou tard, décide d’un dîner dans tel restaurant où on mange mieux qu’ailleurs, ou bien où la musique est plus bruyante qu’ailleurs. Nous voilà parti tous ensemble. Repas terminé, retour tôt à l’hôtel, vu que nous serons pris à sept heures du matin, pour aller à l’Est de Lombok.

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C’est là que nous embarquerons sur un bungis affrété à Perama Travel.

 

 

 

 

 

 

 

lo10lo11Usuellement, en haute saison - du temps qu’il y avait une haute saison en Indonésie - le bungis en question embarquait une trentaine de personnes. Cette fois ci, nous pourrons nous étaler confortablement à huit, sur des nattes, dans la pièce centrale, s’il arrivait qu’il plût. Le confort n’est pas exactement au rendez-vous.

 

Par contre, nous avons un vrai pilote, un guide, et un cuisinier qui sait ce qu’il fait. Nous ne mourrons certainement pas de faim. Le tourisme a du bon…

22:00 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |