07/07/2008

Komodo, par les collines et par les prés

como3Après une dizaine de minutes de marche sous un soleil qui devient déjà méchant, nous arrivons au camp de base. C’est à partir de maintenant qu’il faut faire attention et, nous explique le ranger, rester groupés.

 

Probablement pour assurer une plus grande quantité de bidoche aux dragons, au cas où…

 

A quelques dizaines de mètres de là, devant la porte d’un bungalow qui fait office de buvette, il y a des dragons. En effet, à l’arrière de la buvette, il y a une porte qui donne sur une cuisine. Des parfums délectables doivent en sortir, et les plus paresseux des dragons de l’île traînent aux alentours, avec l’espoir qu’un cuistot jettera des reliefs carnés.

 

  

  

  

  

como4dra2On parle de bestiaux qui font dans les trois mètres et davantage, et qui nous regardent avec un œil intéressé, pendant que nous les mitraillons de toute la force de nos petits appareils photos.

  

  

  

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dra6Drag3Après quelques minutes, nous nous rendons compte que ces charmants machins se déplacent, paresseusement, certains vers la gauche, d’autre vers la droite, jusqu’au moment où une manœuvre en pince se dessine, destinée à nous attaquer de deux côtés à la fois.

  

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Drag2Les dragons, ce sont peut-être des animaux antiques, mais ils ne sont pas aussi stupides qu’on aurait pu l’imaginer… capables de tactique, voire de stratégie. Ca ne m’étonne pas qu’ils aient survécu depuis l’époque des Grands Sauriens  du bon vieux temps des Ptérodactyles, des Iguanodons, des Diplodocus et des Tricératops.

 

Nous nous réunissons donc peu à peu sur le porche du bungalow, vu que les sales bêtes n’ont pas l’air de vouloir grimper les quelques marches qui y mènent, que la porte est à deux pas, et que notre ranger est d’attaque, sur le porche en question.

 

Leur coup raté, les dragons se dispersent, l’air faussement distraits mais toujours vigilants. Notre ranger hèle ses copains, afin d’assurer notre sortie et notre départ.

 

Finalement, vu que dragons semblent avoir la dent, et qu’on ne peut pas être partout avec l’arme fatale qu’est la branche bifide sous la main, après une courte discussion entre les hommes de l’art, au lieu d’un seul ranger pour nous accompagner, nous partons avec une petite garde.

 

Ce n’est pas plus mal.

 

Dans le temps, il y avait deux ou trois endroits, sur l’île, où on promenait les curieux arrivés jusque là. A ces endroits, connus de tous les dragons, usuellement, un creux pentu qui rappelait davantage le piège à loup qu’autre chose, on balançait une biquette, et on attendait.

 

On ne devait pas attendre longtemps : les dragons surgissaient de toute part, dégringolaient dans le trou et faisaient son affaire à la chèvre qui se trouvait vite dépecée. Chaque dragon filait alors avec son morceau de bidoche, et le spectacle était terminé.

 

Le temps béni du jet de chèvres dans la gueule des dragons est fini. De bonnes âmes ont décrété que ce n’était pas gentil pour les chèvres, de leur faire un coup pareil.

 

D’autres opposants, plus sérieux, ont fait valoir qu’en nourrissant ainsi les dragons, on en faisait des assistés pires que des fonctionnaires corses d’avant guerre, et il y a du vrai dans cela.

 

Le beau résultat de cela est que, de toute manière, les chèvres ne sont plus lancées dans les pièges qui leur étaient destinés depuis quelques années et, de ce fait, les dragons se sont dispersés dans l’île, puisqu’il n’y a plus d’endroit particulier où se nourrir facilement, lors du passage des touristes. Le danger est donc maintenant partout.

 

Il est partout pour les promeneurs, tout comme pour les animaux sauvages qui vivaient tranquille, jusqu’il n’y a guères.

 

dra3A chaque instant, alors que nous marchons le long du chemin, un dragon se sauve de sous nos pieds – s’il est petit – ou nous regarde d’un air méchant, nous bloquant la route - s’il est grand. Le trajet que nous devons faire est semé d’embûches et nous nous vengeons des gros monstres en effrayant les petits. Les rangers, quand ils nous voient partir au taïaut, poussent à leur tour de grands cris pour nous rappeler. L’Anglais de notre groupe n’en a cure et revient à un moment avec une belle estafilade, due à une ronce qu’il a du survoler au plus vite, quand il s’est trouvé nez à mufle avec un dragon.

 

D’un côté, il est bruyant et son décès n’aurait pas été particulièrement regretté. Sans compter qu’on se serait certainement tous retrouvé photographiés en première page du journal local, en tant que témoins, pendant qu’une photo plus grosse encore aurait proposé au voyeur indonésien l’image de ce qu’il restait du malheureux.

 

D’un autre côté, il est plutôt sympa, quand même.

 

Mais, c’est vrai, sa mort nous aurait procuré de beaux clichés.

 

Enfin, tant pis.

 

co1co2Parfois, nous croisons un cerf peureux, ou un sanglier méfiant. Ils sont tous à se détraquer l’estomac en mangeant comme des goulafes, afin de pouvoir jeter un coup d’œil à tout moment, devant ou derrière, à gauche ou à droite, histoire de ne pas de faire mordre et tuer par un dragon affamé.

 

Dans quelques endroits moins fréquentés par les dragons, les dieux seuls savent pourquoi, on voit même des buffles qui se vautrent dans la boue d’un gué, tout en gardant quand même un œil inquiet sur les alentours. Nous ne nous en moquons pas : nous même, nous ne sommes pas toujours rassurés, même avec nos rangers.

 

co3co6Au bout de deux bonnes heures, nous entamons le sentier des collines. Ici, plus de dragons, mais un paysage d’une beauté à couper le souffle, la mer que l’on voit entre les collines jaunies de la brûlure du soleil.

 

L’Océanie : rien à offrir ; tout à donner. Aucune culture ; mais quelle nature…

 

Pas les sentiers, nous redescendons pour aller jusqu’à la jetée, en évitant les dragons.

 

 

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07:30 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

de retour d'Egypte, je reviens parcourir tes pages
la mer rouge regorge aussi de magnifiques poissons et autres dauphins
pas de dragons, seulement des chameaux au caractère bien armé :-/
bonne continuation à toi

Écrit par : philippe | 20/07/2008

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