06/07/2008

A la chasse aux dragons

comoL’arrivée à Komodo a lieu vers les six heures du matin. Nous sommes debout depuis quelques minutes seulement. La nuit précédente a duré, à coup de chansons suédoises, estoniennes, anglaises, suisses, américaines, accompagnées de thé et de bièr. Je n’ai pas chanté quoique ce soit, vu que j’ai la mauvaise habitude de ne me souvenir d’aucune chanson à la mode, et du fait que, depuis le jour béni où Mmes Rika Zaraï et Dalida ont abandonné la chanson,  ainsi que Son Excellence Mme la Baronne Annie Cordy, la chanson francophone a pris comme un coup dans la gueule.

 

C’est bien simple : nous ne gagnons plus rien, depuis des décennies, à l’Eurovision.

 

Les Suédois non plus, vous me direz, depuis qu’ABBA nous a quitté.

 

A dire vrai, c’est tout simplement que la chanson populaire m’entre dans une oreille et en sort par l’autre. Ce n’est pas que je la mépriserais, mais j’ai d’autres priorités. Tata Yoyo a son charme, tout comme les immortels textes de Berthe Sylva, mais bon…

 

Bref, hier soir, on a eu la Hollandaise et les Suédoises qui ont chanté le bout de gras, puis le couple américain, puis l’anglais qui a gratté la guitare et encore la Suissesse qui a essayé du yodle de chez elle. On a bien ri, bien bu, et on s’est endormi sur les minuit, pendant que le bugis avançait lentement, en évitant les hauts fonds et les trous dans la coque. De toute manière, dès que la lumière commence à se faire présente, vers les six heures du matin, qu’on le veuille ou non, on est éveillés.

 

Or donc, voilà les six heures et le réveil. Je suis le premier à me lever, à aller jusqu’à la cabine, l’une des deux cabines, dans laquelle on peut se doucher, et le reste. L’eau est tiède de tout le soleil que les réservoirs ont pris le jour précédent. Une longue douche, un brossage de dents.

 

J’abandonne les commodités après m’être douché, puis rasé. La minuscule salle de douche est bien faite.

 

Un dernier regard dans le miroir, avant de libérer la pièce : ça donne à peu près bien. L’Américain qui me succède fait moins bien que moi, vu que, lors du déjeuner, je note comme des estafilades le long de ses joues. Sa compagne ne l’en embrasse pas moins.

 

C’est gentil de sa part.

 

Non, j’ai l’ai jaloux ainsi : c’est un couple charmant. Lui, est aimable et souriant. Quant à elle, elle est amoureuse, d’un garçon qui le mérite bien. Sous le soleil écrasant de chaque jour de route maritime, j’ai eu un réel plaisir à les fréquenter. C’est grâce à eux, si le voyage en groupe a été, à mon goût, vivable.

 

Bref, petit déjeuner, entre le couple américain et nos deux Suédoises, la lourde Hollandaise et la Suissesse maigrichonne mais souvent amusante.

 

Notre Estonien ouvre un œil comateux, mais la journée sera manifestement difficile pour lui, pendant que l’Anglais traîne sous la douche.

 

como2como1Le bugis est amarré depuis bientôt une heure, quand nous pouvons enfin grouper tout le monde, et aller à terre, sous la surveillance de notre cicérone. Nous sommes au bout d’un ponton de bois, qui fait comme il le peut pour ne pas couler, et une échelle a été accrochée au dit ponton… Nous descendons de notre transatlantique, et arrivons sur la terre ferme.

 

 

 

como0Là, il y a un ranger qui nous attend, armé de son seul bâton fourchu avec lequel, si on sait y faire, on est invariablement gagnant, contre un dragon, même le plus gros et le plus teigneux.

 

Quelques minutes, d’abord, pour nous expliquer ce qu’est un dragon, et pour nous détailler les dangers qui vont avec – les dents, par exemple.

 

Le dragon de Komodo est une sale bête qui, quand elle atteint sa taille adulte – dans les quatre mètres – ne trouve rien de plus amusant qu’attendre le voyageur et le manger. Le dragon est, un peu comme le T Rex, un animal dont la mâchoire n’est pas en mesure de vous tuer tant de monde que cela.  Un dragon vous court après et vous mord ? Il ne peut vous garder en gueule, et vous vous échappez comme vous le voulez.

 

Sauf si vous êtes une faible femme de chèvre.

 

Et sauf s’il vous a chopé dans une position dont vous ne pouviez pas sortir.

 

Il y a ainsi de nombreux récits, sur l’île, concernant des villageois tués et mangés par les dragons ; lâchement attaqués par derrière alors qu’ils avaient posé culotte et se trouvaient au milieu de leur grosse commission.

 

On ne peut pas dire que c’est gentil, de la part des dragons, un coup pareil.

 

Pour en revenir au danger principal du dragon, dont la mâchoire n’est pas si puissante que cela, même que ça ne vaut pas un crocodile : tout comme le T Rex, le dragon possède une arme léthale : sa salive.

 

Revenons en à votre rencontre avec un dragon : vous vous rencontrez inopinément ; il vous a mordu, et vous lui avez, assez facilement, échappé. Deux heures plus tard, la quantité de toxines qu’il vous a como6aimablement refilé, à la suite de sa morsure, a raison de vous : vous tombez, et mourez d’une septicémie foudroyante. C’est alors que le salopiaud, qui vous a bien évidemment suivi - ça court vite, ces bestiaux -vous tombe dessus et vous dévore, aidé d’une trentaine de petits camarades.

 

Mais nous n’en sommes pas là : le ranger qui nous accompagne nous conduit, à travers Komodo, jusqu’au camp de base où nous serons promené, protégés par un autre ranger, afin de voir les reptiles du coin. Le sentier est délicieux, et nous marchons vite, vu que, ne l'oublions pas, les dragons sont tout à fait capables de galoper.

 

Les fumeurs sont perdants, ici. Notre ami Estonien marche en tête, l’air inquiet.

10:49 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

merci Merci de ton commentaire, à mon tour d'être impressionnée, quel blog, je vois que tu t'y tiens depuis longtemps déjà, il va me falloir du temps!! bravo

Écrit par : ama | 06/07/2008

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