04/07/2008

Sur un Bugis, en Océanie

lo12Un voyage à Komodo, en bugis, ce sont trois jours de mer, par petites étapes ; faut épargner le matériel…

 

Et donc, matin et soir, une fois le petit déjeuner absorbé, le bugis ralentit, se dirige vers une île ou un îlot, parmi tous ceux qui parsèment notre route, puis choisit une crique bien connue du pilote, où l’eau est calme. On jette l’ancre, le moteur s’arrête et, pendant que l’homme d’équipage baisse une petite échelle, le mécanicien se précipite dans la salle des machines, afin de bichonner le moteur.

 

Quant à nous, nous sautons à l’eau, traversons des nuages de poissons multicolores, survolons des buissons de coraux si beaux à regarder, si dangereux au toucher, admirons d’immenses étoiles de mer d’un bleu de cobalt. Après une petite heure de promenade, nous remontons à bord du navire. Le moteur est relancé, l’ancre est remontée, et nous repartons caboter, d’une île l’autre.

 

Outre nos deux petits arrêts-poissons et snorkelling, chaque jour, nous nous arrêtons aussi pour voir un truc ou un autre : ici un volcan encore en activité, dont la gueule est un lac aux eaux claires, puant les gaz sulfuriques, qui sortent à gros bouillons, vers le milieu du lac, à plus petits bouillons, sur les bords.

 

L’eau est tiède et rien n’y peut vivre. Au moins, il n’y aura ni crocodiles, ni poissons carnivores… Nous y nageons quelques minutes, avant qu’un bouillonnement plus violent que les autres nous pousse vers le rivage, au cas où…

 

De retour au bugis, et nous repartons.

 

Isl1Isl2Le jour suivant, c’est un arrêt sur une île perdue, sur laquelle il y a un village misérable. Dans ce village, des dizaines de gosses qui nous suivent, à la fois embarrassés, timides et éblouis à la simple vue de gens blonds, roux, étrangers, qui ont en main cet objet magique qu’est un appareil photo.

 

Isl3

 

Ils savent que cela existe, même si, chez eux, l’électricité n’existe pas.

 

Ils nous suivent, fascinés par notre présence et par cette magie électronique que nous pouvons partager un instant avec eux, se battent pour être au centre de l’image : c’est à la fois charmant et consternant. Nous éprouvons le sentiment d’entrer dans une scène d’il y a trois ou quatre siècles, dans laquelle une laitière Hollandaise, un Sforza vénitien, une Mona Lisa florentine, pose, avec l’espoir d’un chef d’œuvre.

 Isl4

Les gosses se ruent sur les artistes photographes que nous sommes. Le simple fait qu’ils soient pris en photo est par ailleurs la certitude du chef d’œuvre en question… et les enfants rient de se voir au centre d’un écran qu’on leur propose bien naturellement, une fois le cliché pris.

 

Photo me, MisterRr ! Telle est la demande, l’exigence, que nous soyons fille ou garçon, tant que nous sommes photographes.

Isl5

 

P

 

 

endant ce temps, la touriste Hollandaise avec laquelle nous avons embarqué crée l’hystérie, en soufflant des bulles de savon à travers la meute des gamins qui nous suit. C’est touchant, et l’idée de notre départ me fait mal. Pour ces enfants, nous sommes la magie du monde extérieur, l’électricité, la télévision dont ils ont entendu parler, ou que l’un ou l’autre d’entre eux a eu l’occasion de voir, un jour où, avec leurs parents, ils ont fait l’immense voyage jusqu’à Lombok, ou Flores.

 

Le voyage continue, d’île en île, de petites criques en petites criques, avec de moins en moins de monde qui nous attend devant ces criques, jusqu’au moment où nous arrivons à Komodo.

 

drag1Là, nous sommes attendus. Ceux qui nous attendent font quatre mètres de long, quand ce sont des adultes. Ils ont de puissantes mâchoires et n’ont rien contre un petit en cas, entre deux vrais repas.

  

Dans l'ensemble, ils n'ont pas l'air particulièrement sympathiques.

20:43 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Chouette, voilà la suite de l'aventure. Je m'en vais de ce pas lire tout ça ;-)

Écrit par : Nautilus | 05/07/2008

Les commentaires sont fermés.