23/06/2008

Les temples de Bali

Deux jours plus tard, après avoir tourné dans les temples balinais, me voilà dans un minibus pour l’Est de l’île, direction Lombok.

 

Le minibus est presque vide, quand nous quittons Kuta, vers les cinq heure du matin. Avec moi, il y a une fille qui est arrivée avec un sac aussi volumineux qu’elle et qui s’est écroulée dans l’un des sièges du minibus, où elle ronfle, depuis. Quand elle se penche en arrière, la bouche ouverte, son doux ronronnement féminin couvre les grondements du moteur, sauf quand nous dépassons l’un ou l’autre cycliste. Alors, c’est le moteur qui couvre le doux ronronnement de la belle enfant – car, ronflements mis à part, elle est mignonne : une brune mince avec autant de poitrine que moi, mais un derrière que j’ai entraperçu, quand elle montait dans le minibus, et qui avait une forme juste comme il faut.

 

Bientôt nous arrivons à Ubud, où, après un arrêt rapide, nous nous dirigerons vers l’Est. Ubud, c’est le paradis des touristes culturels : il n’y a pas de plages, pas de surf, pas d’Australiens… Il y a, par contre, un nombre incalculable d’échoppes d’artisans, enfin, d’ « artisans »,  qui produisent des horreurs dignes de Jogja’, ou de Kuta – mais dans un autre genre, c’est vrai. A la différence de Kuta, je ne vois pas de zizis en bois à usage d’ouvre bouteille ou de tire-bouchon et, à la différence de Jogja, je ne vois pas de batik.

 

Ah, si, finalement, je vois des batiks.

 

Et des sarongs.

 

Alors que le minibus ralentit, s’arrête, mademoiselle la ronfleuse ouvre un œil, puis l’autre. Nous descendons bientôt du minibus qui s’est arrêté, pendant que d’autres voyageurs embarquent, parmi eux, deux Américain et un Estonien, qui font partie du groupe qui a affrété un bateau dans le but d’aller jusqu’à Komodo.

 

Il y a un café / épicerie, juste devant nous, à quelques mètres de notre arrêt. La ronfleuse clopine jusqu’à l’épicerie pour y chercher une bouteille de coca. Nous faisons la queue, elle avec son coca, moi avec une glace.

 

De là, après avoir embarqué nos co-affréteurs, nous roulons jusqu’au port de Padangbai.

 

Là, nous prendrons un bac, pour aller jusqu’à Lombok, où nous sommes attendus. Un autre minibus nous prendra jusqu’à Sengigi, où nous passerons la soirée, puis demain matin, on embarquera sur notre bugis, direction Komodo.

 

Les derniers jours, à Bali, ont été plaisants, puisque nous avons, mes petits camarades javanais et moi-même, vu tout ce qui devait être vu. « Tout », bal4bal8dans le sens où nous avons vu les différents genres des temples qui pourraient être vus ici. A dire en défaveur de Bali, il n’y a pas de variété dans l’architecture religieuse. Systématiquement, il y a un saint des saints, fermé à tous les roumis, territoire carré au milieu duquel on peut voir, surgies au milieu de la nature, des tours d’offrandes dont la hauteur indique la modernité.

 

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bal1 Au milieu de ce saint des saints, on peut voir des singes, des rats, et quelques prêtres, si on a de la chance.

 

Si on a encore davantage de chance, on arrive le jour d’une cérémonie particulièrement publique et… quoique l’on ne soit pas hindoustani, on passe, en toute discrétion, au milieu d’une foule en liesse. Cela permet de voir à quoi les tours d’offrandes ressemblent: ce sont... des tours d'offrande, et c'est tout. Cela permet probablement de relativiser tous les fantasmes que nous pouvons avoir sur les religions exotiques..

 

bal10bal5A dire vrai, c’est sans intérêt : on a, au pied d’une tour de bois, qui monte dans le goût balinais, une petite chapelle dans laquelle on fourre des assiettes faites de vanneries et bourrées de riz, orné d’une fleur, avec parfois un peu de sauce piquante sur le côté.

 

 

 

 

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bal6bal3L’offrande, dans les grandes circonstances, est bénie, avant d’être donnée aux dieux, aux rats et aux corbeaux, mais le spectacle est, finalement, sans intérêt particulier. Amusant, certes, mais rien de plus.

 

 

 

 

 

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bal18bal13Par contre, si on arrive devant un temple à l’occasion d’une fête particulière, qu’il s’agisse d’un mariage entre deux familles ou d’un championnat entre deux villages à qui danse le mieux, ou à qui décore le temple avec le plus de richesse - pour le pas dire, avec le kitch le plus brutal - le spectacle peut être admirable. Il peut aussi, tout simplement, faire sourire le spectateur.

 

Il peut y avoir aussi, cependant, l'oeillade délicieuse d'une danseuse qui vous croise et vous foudroie.

 

 

 

 

bal21bal17Nous avons, sur ce plan là, eu de la chance, tombant, dans un cas, sur un mariage, sur une alliance qui devait avoir lieu avec ce que Bali comptait de plus puissant, puis sur une fête-compétition entre deux villages, avec danses, spectacles, et parfums de cuisine dans la distance.

 

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bal24bal20Il n’est de bonne compagnie qui ne se sépare, et mes étudiants Javanais sont partis hier soir, de retour vers Jakarta, pendant que les trois sœurs éplorées avec leur frère – je parle de mes voisins de droite – m’ont présenté avant notre coucher leurs salutations, m’ont donné leurs numéros de téléphone, et m’ont fait jurer que je ne quitterais pas l’Indonésie sans être repassé à Surabaya, afin de venir dire bonjour à la famille… J’ai promis.

 

Et me voici, ce matin, terminant de bailler, dans un minibus avec une Suissesse chargée comme une baudette, deux Américains et un Estonien, sur notre route vers la côte, le bac, et Lombok - car il faut bien commencer quelque part.

22:54 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

rien que l'oeillade valait sans doute le déplacement :-)
je crois que partout dans le monde, il est plus agréable de faire connaissance avec la population locale dans un moment de fête, prêts qu'ils sont bien souvent à partager cette joie avec l'étranger que nous sommes...
bonne arrivée à Lombok

Écrit par : philippe | 24/06/2008

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