18/06/2008

Retour à Bali

Il doit être, à tout casser, cinq heures du matin, quand nous arrivons à Banyuwangi, devant laquelle se profile la côte de Bali. Le train s’arrête en gare. Il nous faut sauter au sol, car ce n’est pas tout le train qui a eu droit à la courte dalle de béton qui fait office de quai… Ensuite, nous traversons une petite gare de rien du tout. Nous sommes peut être une trentaine – des indonésiens, et moi.

 

Nous nous encaquons dans un bus antédiluvien qui nous attendait devant la gare et qui pousse, une fois que nous sommes tous dedans, quelques grognements affreux. Puis, il démarre et vogue la galère, vers un petit port où nous allons trouver les bacs qui font l’aller retour entre Java et Bali.

 

De l’autre côté, à Banyubiru, ce sera un bus, puisqu’il n’y a pas de chemins de fer sur l’île.

 

Bali2Quand nous voilà arrivés devant le petit port, on est dirigés vers un bac qui va bientôt démarrer. Mais il arrive seulement. Nous avons le temps, avant son départ, et je vais un peu à l’aventure sur le quai. Il y a des boutiques, avec d’accortes boutiquières, qui vendent de quoi manger et boire. Un coca, à cinq heures du matin, c’est très exactement ce que je ne veux pas, et je me rabats sur une nouille minute, qui reste une nourriture roborative, suivie, puisque j’ai le temps, alors que le bac est en train de manœuvrer pour s’amarrer, d’un excellent café façon CoffeeMix birman.

 

C’est infect, mais ça réveille.

 

Puis un coup de corne de brume. Nous devons aller au bac sur lequel nous embarquons, avec des vélos, des motos, des poules et des chèvres, quelques voitures et même un camion, pendant que la sirène appelle et appelle encore tous les voyageurs. Tout va bien, encore un peu et son deviendra sourds.

 

Le bac pousse un dernier hurlement déchirant, puis remonte sa proue, par laquelle nous sommes entrés. Les moteurs hurlent à plein régime, le bateau tremble, nous quittons peu à peu le quai. Une heure, et nous serons de l’autre côté. Dans la distance, on voit déjà les lumières tremblantes du port où nous devrons aborder.

 

Pendant le trajet, parfois on dort, quand c’est en pleine nuit que l’on passe, parfois on bavarde avec les voisins, quand on est presque éveillé. Ici, on est en début de matinée, et ça favorise le contact, ainsi que les petits enfants qui pleurent, ou qui demandent à leurs parents, de manière insistante, qui une glace, qui une bouteille de lait, qui une paire de lunettes de soleil.

 

Presque invariablement, la mer est calme. Les rats montent et descendent les escaliers de la coursive avec toute la discrétion dont ils sont capables. Les toilettes, devant lesquelles je suis passé, par curiosité, sont raisonnablement propres.

 

Bientôt le bac arrive en vue de son quai, à Banyubiru. Nous faisons la queue, puisqu’un autre bac termine d’embarquer son chargement de messieurs dames, et de véhicules qui vont avec, avant de partir vers Java. Bientôt il démarre et nous pouvons accoster. Ici, comme à Java, il fait lourd.

 

Devant la rampe sur laquelle la proue termine de se déposer, un homme dirige la manœuvre et un autre, une fois que les voitures, les vélos et les motos sont sorties, appelle les voyageurs du train de telle heure, en provenance de Surabaya et Probolingo, dont la destination est Denpasar.

 

J’en fais partie.

 

Ils nous regroupe – nous sommes encore une douzaine – et nous envoie jusqu’à un bus pas trop neuf et déjà à moitié rempli de passagers venant d’un bac précédent, d’un train arrivé à Banyuwangi quatre heures plus tôt. Ils doivent nous bénir.

 

On ne rigole pas et on entre dans le bus sans faire de chichis. Le dernier passager embarqué, le bus démarre, pour s’arrêter cent mètres plus loin : vérification des papiers à la frontière intérieure. Depuis le coup des bombes de Kuta, à Bali, on entre plus sur l’île comme ça, quand on fait du transport de surface : tous les indonésiens qui pourraient être malfaisants – lire, musulmans – sont priés de montrer patte blanche, et d’expliquer les raisons pour lesquelles ils souhaitent venir séjourner à Bali.

 

Vingt bonnes minutes plus tard, nous sommes à nouveau tous dans le bus. Quant à moi, en tant qu’étranger, on n’a pas jugé nécessaire de m’interroger, ni même de me convoquer dans la salle de transit. Le flic qui surveille les bus m’a fait signe de rester assis. Pendant les vérifications, j’ai pu commencer à m’endormir.

 

Puis tout le monde est revenu, et fini de dormir. Le bus est plein et particulièrement inconfortable.

 

Le trajet jusqu’à Denpasar dure un temps fou ; la route est lente  et étroite. Les balinais conduisent comme des singes.

 

Et encore, je me sens un peu coupable, quand je fais cette comparaison : l’expérience me dit que les singes conduisent nettement mieux.

 

Il est dix heures quand nous arrivons à la gare routière de Denpasar. Des hordes de taxis, moto taxis, conducteur de bemos, nous sautent dessus, tous avec une offre difficile à refuser. Je suis moulu et prends le premier qui peut me conduire à Kuta.

 

Tous le peuvent, bien entendu.

 

Le plus hardi m’offre littéralement sa mère et sa sœur si je lui fais la grâce de m’intéresser à ses services. Ah, pour une mère et une sœur, que ne ferait-on pas…

 

Quelques minutes plus tard, je suis devant mon hôtel habituel, auquel j’ai téléphoné hier, et dont une chambre m’attend, trépignante d’impatience.

Bali1

 

18:00 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

ah ce qu'il est bon d'arriver...enfin, je le suppose! pour hier et la descente au cruex du volcan, je comprends la curiosité et si je venais d'aussi loin, je m'y aventurerais tout comme toi, mais quand même... si la santé me lâche, fini la suite du trip :-/
bonne continuation

Écrit par : philippe | 19/06/2008

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