12/06/2008

Probolingo et le pays des volcans

Départ tôt le matin, pour aller prendre le train, direction le pays des volcans. C’est à quatre ou cinq heures de Surabaya, d’un trajet paisible en classe Bisnis.

 

Depuis que j’ai découvert les trains indonésiens, j’ai laissé tomber, quand cela est possible, tout ce qui ressemble à du transport routier. D’abord, parce parceque la circulation javanaise est terrorisante, que les bus locaux roulent comme des tarés et qu’après tout, je tiens à ma peau ; ensuite, parce que c’est plus confortable.

 

Hier soir, en rentrant de Dolly, je me suis donc arrangé un rendez-vous et le prix de la course avec mon vélo taxi. Monsieur le cycliste connaît même les horaires de train… si bien que je sais exactement à quelle heure démarrer, entre les dix minutes qu’il faut pour aller à la gare, et les dix minutes nécessaires pour obtenir mon billet. Ca, c’est un service ! Du coup, je n’ai pas été trop féroce pour discuter le prix de mon trajet avec lui – je ne l’ai, à vrai dire, pas discuté du tout. Monsieur, quant à lui, depuis que je suis devenu un client régulier, n’a pas cherché à m’assassiner et son prix m’a l’air tout à fait correct.

 

C’est ainsi qu’après une bonne nuit sans rêve, passée à l’hôtel Paviljon, au retour de ma ballade à Dolly, je me lève alors qu’il doit être sept heures. Hop là, hors du lit. Je prends une douche froide bienvenue, vu la chaleur humide qui écrase Surabaya.

 

Mais quand je dis Surabaya, je devrais dire, l’Indonésie. Depuis que je suis ici, je dors exactement, et chaque nuit, en face d’un ventilateur dont les pales m’envoient, avec plus ou moins de paresse, de l’air remué qui donne un vague sentiment de fraîcheur et qui éloigne les moustiques. Même en Papouasie, les chambres étaient dotées de ventilateurs. Parfois même d’air conditionné, si on était prêt à y mettre le prix.

 

Devant ma porte, alors que je me douchais, les fées du service des chambres ont déposé un plateau, avec un pot de thé fumant et une madeleine, le petit déjeuner spartiate que m’offre mon hôtel. J’ouvre la porte, emballé dans ma serviette de bain, me penche, prends le plateau pour l’apporter dans ma chambre et le pose sur la petite table qui se trouve devant la fenêtre… une première tasse de thé noir… une deuxième. On se sent mieux.

 

Vingt minutes plus tard, gai comme un pinson et rasé de frais, j’arrive devant le bureau de l’hôtel. Un vieux chinois se penche sur les écritures et, après une profonde réflexion, m’annonce que je dois telle somme. Je paie. Nous nous remercions mutuellement et nous séparons, fort satisfaits l’un de l’autre.

 

Devant la porte, mon taxi m’attend. Nous nous saluons comme deux vieux amis. Il prend ma valisette et la pose bien soigneusement dans la nacelle, pendant que je m’assois et nous démarrons, par les rues et les chemins, les ponts et les sens interdits. Bien vite, nous arrivons, je le paie et nous nous quittons sur des adieux déchirants.

 

OK, là, j’en rajoute un peu. Disons que Monsieur me rappelle que je serai toujours le bienvenu, et qu’il est absolument nécessaire que je ne l’oublie pas, afin que, quand je reviens, je le prenne, lui, pour aller passer une soirée encore à Dolly. J’opine du bonnet avec conviction, ajoutant Yes, for sure, et il part, enchanté, sur ces bonnes promesses.

 

Dans la gare, effectivement, il ne me faut pas dix minutes pour avoir mon billet. Elle est propre, tout est bien indiqué, le service est parfait. Le temps de retourner sur le quai, on annonce l’arrivée du train qui arrive pile-poil à l’heure. Bien évidemment, selon l’inéluctable loi de la vexation universelle, celle qui fait qu’une tartine tombe immanquablement sur le côté où se trouve la confiture, mon wagon est un wagon de tête, qui passe devant moi et que je dois rejoindre. Bah, après tout, on ne peut dire que je suis chargé comme un âne, et les cinquante mètres que je dois faire ne correspondent pas exactement à un chemin de croix. Je reprends donc ma valisette à roue, fais les quelques pas nécessaires pour me retrouver devant mon wagon dans lequel je monte. Un siège numéroté me tend les bras. J’y plonge. Le train démarre.

 

Dix minutes plus tard, il s’arrête, et une foule de vendeurs se précipite dans le couloir, avec la ferme intention de nous fourguer un maximum de marchandise. Après tout… une bouteille d’eau ne fait jamais de mal, et je m’offre, en sus, un bol de pâtes qui ne peuvent pas faire de mal.

 

Redémarrage. Ah, une visite au petit coin s’impose. Sauf que, dans les trains indonésiens, les toilettes sont fabriquées, tout comme dans les bus, selon le principe des mandis – un trou à côté duquel il y a un tonneau d’eau. Dans le train qui file droit, cela ne pose pas problème. On fait son business, on use ensuite de mouchoirs ou d’un rouleau de papier toilette introduit subrepticement avec vous au petit coin – oui, oui, j’avoue, je triche – et l’affaire est faite.

 

Une fois, une seule, j’ai voulu faire ma petite affaire dans un mandi de bus.

 

J’en suis sorti trempé de la tête aux pieds.

 

Enfin, ici, pas de problème. Je fais donc ce que j’ai à faire, retourne à mon siège, sur lequel je m’endors, jusqu’au moment où mon voisin me secoue le bras, et m’annonce : Probolingo !

 

Merci, c’est gentil.

 

Un bâillement, je me lève, alors que les freins poussent des cris martyrisés, vu que le conducteur fait son possible pour ralentir. Nous voilà arrivant à la gare. Je salue mon compagnon de voyage, qui a dû supporter mes ronflements ininterrompus, et saute sur le quai, direction la sortie de la gare.

 

A la porte de la gare, précisément, un aimable cicérone me saute dessus, et me demande si je viens pour le Bromo.

 

Oui, bien entendu.

 

Alors, il a un hôtel pour moi, vu que tous les hôtels autour du volcan sont pleins.

 

Ca, ça m’a l’air gros. Je passe donc monsieur en le remerciant abondamment, et continue mon chemin jusqu’à la sortie, où le frère jumeau de monsieur me demande si je viens pour le Bromo.

 

Œuf corse.

 

aaprob1Bon, il y un vélo taxi à me proposer, afin d’aller jusqu’à la gare des minibus, où je pourrai trouver un moyen de transport jusqu’au volcan.

 

Ca, ça m’arrange mieux.

 

Me voilà donc parti, à un train de sénateur, à travers une bourgade endormie absolument délicieuse, propre comme une ville hollandaise. L’endroit est charmant. Bientôt, nous arrivons devant la gare routière, et il y a plusieurs agences de tourisme, toutes offrant la promenade à la fine pointe de l’aube, jusqu’au mont Bromo.

 

Je le sens venir gros comme une maison… oui… nous nous arrêtons devant une agence. Une demoiselle souriante m’attend juste devant. Bon, après tout, que ce soit l’une ou l’autre, il semble nécessaire de faire la marche de nuit avec un guide, de passer par une agence… Voyons ce que celle-ci peut m’offrir.

18:30 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

j'aime bien lire ton récit, car il me donne l'impression de bourlinguer avec toi, un peu comme les carnets de voyage qu'on éditait au 19e siècle, récit de tel ou tel aventurier :-)
bonne visite du volcan alors...

Écrit par : philippe | 13/06/2008

c'est NON à 53% des votants (+/- 54% de la population)...en Irlande on demande au moins l'avis des gens!

Écrit par : philippe | 14/06/2008

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