17/04/2008

En route vers la PNG

pap2Deux jours encore, ici, à me reposer, avant d’envisager mon départ pour la PNG. Un peu se promener le long de la route, avec les microbus, à ne rien voir de vraiment extraordinaire, tant il n’y a rien, sinon des maisons aux pieds boueux, aux murs gris de crasse, dont les toits s’écroulent sous les mousses, les champignons et l’humidité. Une maison sur quatre, ou cinq, montre des traces d'une émeute plus ou moins récente, suivie d'un incendie.

 

 

 

pap5A côté de Jayapura, je trouve un petit village, attaché à l’université de Papouasie – c’est une institution qui n’existe pas ; c’est un nom, sans plus, avec un département d’anthropologie qui n’existe que par ses visiteurs – au milieu duquel une rue fait dans le tourisme. Ce sont quelques boutiques, devant un tas d’ordure qui rend les boutiques peu attrayantes et la rue peu fréquentée.

 

Curieusement, en Papouasie, pas de cartes postales : impossible pour moi d’envoyer mon habituelle carte à Chipie, à ses demi sœurs, à tous les gosses dont j’ai la liste, précieusement serrée au fond de mon sac, et pour lesquels je suis le marchand de rêves.

 

pap7pap6Par contre, à Jayapura – du moins, dans sa banlieue – je puis trouver des objets traditionnels papous, parfaitement inutiles, attrape poussière, destinés à faire rire dans les noces et banquets : quelques peaux tannées, avec un dessin primitif dessus, reproduit mille fois à l'identique, et des étuis péniens.

 

Oh, que c’est chic…

 

Demain, je partirai pour la PNG, vers Wuntung, d’abord, avec l’espoir d’atteindre Vanimo pour la nuit. C’était soit en avion – on peut en trouver un, à prix d’or ; et c’est alors un deux ou quatre places avec lequel on a tout juste  le temps de monter de Sentani qu’on se met à descendre vers Vanimo ; soit une kyrielle de minibus toujours trop pleins, à la suspension trop sollicitée, aux sièges crevés, qui me conduiront sur les petites routes  jusqu’à la frontière, puis jusqu’à Vanimo.

 

C’est bien entendu cela que je prends.  

 

On dit que les routes du bord de mer, en PNG, sont meilleures, mais qu’il n’est pas toujours idéal de les prendre, vu les rascals.

 

Ah, les rascals… Leur réputation semble affreuse ; à en croire les Papous qui bavardent avec moi, et qui font leur possible pour me décourager quand j’annonce mon départ de l’autre côté, on imaginerait que la PNG est en pleine guerre civile. Même si, d’un autre côté, les Papous indonésiens rêvent d’un voyage passé la frontière, chez les frères indépendants.

 

Bah, que dire… on verra.

 

La tension est palpable, entre papous et responsables indonésiens. Quand une voiture de l’armée passe, chargée de soldats le fusil à la main, ce qui arrive régulièrement, les yeux baissent, les mains se crispent, les dents grincent… Les soldats sont parfaitement conscients du fait qu’ils ne sont pas particulièrement bienvenus. Au fur et à mesure des années, il y a eu des massacres, des émeutes spontanées, des tueries. Quelques responsables indonésiens se sont retrouvés écharpés ; pendant qu’on estime les victimes papoues des massacres indonésiens à plusieurs dizaines de milliers.

 

Pour le dire en court, l’amour entre la communauté des envahisseurs et celle des envahis est au plus bas.

 

Lors de mon dernier arrêt à Jayapura, j’ai été chercher de la thune papoue, chez un changeur chinois ; la monnaie nationale papoue, ça s’appelle des Kinas et il en faut près de cinq pour faire un Euro. Les billets de toutes dénominations sont illustrés d’un oiseau de paradis, fièrement dressé sur ses ergots.

 

Des Kinas… ça me fait bizarre.

08:30 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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