08/04/2008

Arrivée en Papouasie

boatagboagboatbDépart, enfin, de Makassar. Je rentre dans un bateau bondé, où une place m’attend entre deux gros dont je sens qu’ils vont ronfler, et une famille dont les gosses m’observent avec attention. Le quai est bondé de familles éplorées. Les vendeurs à la sauvette sortent du ferry ; l’escalier roulant s’éloigne bientôt ; la sirène du navire pousse quelques cris déchirants ; nous nous éloignons, tirés par des thugs qui font ce qu'ils peuvent, puis nous les abandonnons sur un dernier coup de sirène de brume.

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Trois fois dormir dans le bateau plus tard, je suis enfin à Jayapura, sous un ciel gris et une bruine qui hésite entre tomber et remonter dans les nuages. Il fait chaud et lourd. Heureusement, j’ai eu tort, en ce qui concernait les ronflements de mes voisins, ou alors, comme ils venaient se coucher après moi, j’ai ronflé plus fort qu’eux.

 

Une nuit, je me suis réveillé avec l’un de mes voisins-enfants ayant envahi mon lit, dans son sommeil, et je l’ai redéposé dans son espace à lui, sur son petit frère. Rien d’autre à signaler, sinon répéter que le ferry est archi plein. Des gens dorment sur les ponts. Ce ne sont plus les surpopulations du bon vieux temps – les flics commencent quand même à veiller – mais entre le nombre maximum de passagers autorisés, et le nombre maximum de passagers réellement autorisés, il y a un monde…

 

Jayapura, donc. Le spectacle, au terminal, est peu engageant. Le port est minuscule, un escalier roulant, tout comme à Makassar, est poussé le long de la coque, et nous descendons, après avoir été poursuivis par les sempiternels porteurs, tous à la recherche de quelques sous.

 

En quelques pas, on entre dans le terminal, dont on sort suivi par une grappe de guides, qui ont tous à vous proposer une connaissance intime du pays, afin que vous évitiez la mort qui vous attend à chaque coin d’arbre.

 

Bon, pour le moment, je suis en ville…

 

pap1Hors du terminal, vous attendent des petites camionnettes, des pick ups et des minibus, tous vous conduisant à un endroit ou un autre, aussi loin que les routes existent, quand on sort de Jayapura – ça veut dire, pas loin. Je crois que la dernière route, je veux dire, la plus longue, se termine en piste inaccessible à autre chose qu’aux véhicules tous terrains à, tout au plus, quarante kilomètres de la capitale.

 

Ou alors, il faut passer la frontière, et arriver en PNG, l’effrayante Papouasie Nouvelle Guinée, dont la réputation sulfureuse n’est plus à faire.

 

La Papouasie Nouvelle Guinée, c’est un demi continent, dans lequel il y a des routes, dans lequel on a pas génocidé les Papous, et dont l’état de sécurité semble rappeler Chicago à la grande époque de feu Al’ Capone.

 

Mais on en parlera plus tard ; pour le moment, je suis du côté de la misère, du côté de la colonie, du côté de l’Irian Jaya et de la Papua. Il s’agit d’une île – enfin, d’une demi-île – presque vierge, tachetée ici et là de villages minuscules et de quelques bourgades. On va d’une bourgade à l’autre à coup d’avion, et on peut quitter la bourgade en voiture, pour autant qu’on n’aie pas dans ses intention d’aller loin : invariablement, la route se termine en piste, puis en sente, après une dizaine de kilomètres tout au plus.

 

Dans les tristes bourgades du centre de l’île – guère plus qu’un croisement de deux routes de latérite, sur lequel sont perchées quelques maisons de bois, et deux ou trois bâtiments en dur - on tombe, ébahi, sur des véhicules. Ce sont, une fois encore, les sempiternels minibus et quelques pick ups, dont on ne peut que se demander comment ils sont arrivés ici.

 

MonsieuraaQue nous soyons dans la Grand ville, ou que nous soyons dans ces bourgades du centre de l’île, c’est la même misère, la même crasse désespérée. Au carrefour traînent quelques Papous qui ont découvert les joies de la civilisation, et qui mendient leur alcool quotidien.

08:30 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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