31/03/2008

A travers les hameaux du pays Toraja

rantepa2Entre les rizières, il y a les petites routes que je prends, parcourues par le promeneur que je suis. Parfois, un cyclotaxi ou une mobylette me croise, ou me dépasse. Un Hello Mister ! How are you Mister sort automatiquement de la bouche des enfants, et des grands. Tout aussi automatiquement, je réponds que bonjour aussi, que je vais bien et vous-même. Le vélo s’éloigne dans une cascade de rires.  

 

 

 

 

rantepa1Passé midi, les gosses ont quitté l’école et circulent, en uniforme, pour rentrer à la maison. Les jeunes filles, quand elles croisent un étranger, sortent complaisamment leur téléphone portable, rien que pour montrer qu’elles en ont un, et en parlent avec emphase, avec les copines, ce qui permet d’attirer l’attention du passant – moi.

 

Un chemin à gauche, et plus loin un sentier à droite. Un sentier que l’on peut prendre, le long duquel d’autres rizières, d’autres hameaux, un gosse de temps à autre, qui pousse un cri pour avertir les copains, ou pour rappeler un buffle. Dans d’autres rizières, au loin, des enfants qui, cassés en deux, traînent des pieds dans l’eau boueuse, à la recherche de grenouilles.

 

Il faut nourrir la basse cour.

 

Rantepa3Il y a un vieux, ici ou là, qui garde le village, ou les cochons, ou les enfants. A moins que ce soient les enfants qui le surveillent. C’est en tout cas son plaisir de vous héler, vous, le passant, et de bavarder un instant avec vous, quand il peut parler l’anglais ou le hollandais. On a immanquablement affaire à un ancien instituteur, professeur, directeur d’école, à l’anglais devenu hésitant avec les années, mais j’aimerais vous y voir, en baha indonesia…

 

Le contact se termine chaque fois avec une photo de famille, où le vieux monsieur pose, au milieu de ses arrières petits enfants qui sourient ; par une distribution de bonbons auprès des petits petits, et du petit vieux ; par un échange de saluts – respectueux de mon côté, aimables du sien, mâchant son bonbon qui lui colle au dentier.

 

 Et puis je repars, de village en village, d’églises en églises, de hameau en hameau, le chemin qui n’est que trous et bosses, jusqu’au moment où la lumière baisse, où je soupçonne l’heure qui passe, et où je retrouve un plus grand chemin sur lequel, bientôt, je fais du stop ou, si le premier qui passe est un cyclo taxi, j’affrète, après avoir âprement discuté le prix.

 

Bah, à la fin, pour deux ou trois dollars, je fais les vingt kilomètres qui me séparent de Rantepao.

 

Si c’était un lift, j’offre à chaque transporteur un paquet de kretek, ce qui est la manière la plus délicate d’offrir un petit quelque chose à des gens pauvres qui ont le cœur sur la main. Tout le monde fume, ici, et les kretek sont leur péché mignon.

 

Quand j’arrive à Rantepao, les nuages se sont empilés, la pluie menace, c’est dans l’urgence que, usuellement, je parcours les dernières dizaines de mètres, afin d’aller jusqu’à ma chambre, prendre une douche, me rincer – à la longue, j’ai enfin compris comment manier la douche sans danger majeur – me changer et me reposer un instant. Je m’installe alors confortablement, dans l’un des fauteuils graisseux placés devant ma chambre, sur la coursive, et regarde la pluie qui commence à tomber.

 

Après une heure de pluie, et une bonne Bintang, je pars dans l’un des restaurants de la grand rue, sous la protection d’un immense parapluie que la vieille patronne de la Wisma m’a confié. Il y a une cuisine locale du pays Toraja ; comme je suis un garçon plein de bonne volonté, je l’essaie, soir après soir – les trois premiers soirs ; je l’abandonnerai ensuite à son triste sort.

 

J’ai connu meilleurs, et les épices rappellent davantage la saumure qu’autre chose.

 

Dans le restaurant que j’ai choisi pour le repas, nous sommes deux, trois, quatre tables… Pas grand monde. L’Indonésie n’est pas une destination désirable – sinon Bali, pour le surf ; et encore, depuis les bombes…

 

Je prends mon repas de spécialités locales, puis je rentre, protégé sous mon grand parapluie, alors que tombe une pluie diluvienne, pour retourner à l’hôtel. Là, je regarde ce que j’ai pris comme photos, j’efface ce qui est moche, ou raté, et je garde ce qui me semble bon. Dans le tas, de nombreuses photos des maisonnettes de la région Toraja.

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21:42 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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