27/03/2008

Vers Rantepao

Deux jours après, ayant épuisé les beautés de Makassar – je parle de ses beautés architecturales - je prends un bus pour Rantepao. Le soir précédent, je me suis arrangé avec un vélo taxi qui traîne devant l’hôtel, pour qu’il me conduise à la gare des bus, tôt le lendemain matin.

 

Ce sera debout à six heures ; douche, petit déjeuner composé de thé et d’une crêpe dévoré en hâte ; devant la porte de l’hôtel à sept ; arrivée à la gare routière vingt minutes après, à la suite d’une tranquille promenade à travers les routes de la ville, jusqu’à un champ, fermé d’une clôture, sur lequel on voit deux ou trois autocars dans des états de décrépitude variée.

 

Derrière vous, le cycliste souffle d’autant plus que, comme tous les vélos taxis d’Indonésie, votre conducteur aux mollets d’acier est un gros fumeur.

 

Idiot.

 

Arrivé devant le champ fermé aux grilles ouvertes, vous descendez de votre somptueux cabriolet, retirez votre valisette et payez votre dû. Devant vous, il y a une cahute partagée entre la billetterie et un café-épicerie, dans lequel vous trouverez tout ce dont vous aurez besoin pour le trajet : de l’eau fraîche, des nouilles en bol plastique, des bonbons et des cigarettes, des biscuits au chocolat, de la bière glacée. Ah, oui, tôt le matin, rien ne vaut une bonne bière de deux tiers de litre…

 

A partir de Makassar, on ne réserve pas les places. Ca, c’est une surprise. Il faut donc arriver à la gare routière bien à temps, pour trouver un bus VIP, comme ils disent, afin d’y obtenir une place. Heureusement, il y a plusieurs bus, plus ou moins VIP.

 

C’est vivable.

 

Le bus partira à huit heures, et arrive à Rantepao… quand il le peut. Usuellement, douze heures plus tard. La queue devant la petite guérite, section billetterie, ne s’est pas encore formée. Il faut dire que le préposé s’est contenté de rabattre le volet et qu’il bavarde tranquillement avec son copain. Quand je descend de mon vélo taxi, il me hèle et me demande si c’est pour Rantepao.

 

Oui, c’est.

 

Bon, le devoir l’appelle : il interrompt donc sa causette et rentre dans le bureau. Six dollars plus léger, enfin, soixante mille roupies, plus précisément, je suis aussi informé du fait que j’aurais pu, en ville, trouver mon billet, et gagner un quart d’heure de sommeil. C’est juste que je suis tombé, par extraordinaire, sur un commerçant qui voulait fermer.

 

Bah, ce n’est pas plus mal, puisque j’ai ainsi obtenu une place en or que Monsieur m’a choisie sur ma bonne mine. Je suis donc à la fenêtre, au premier rang, ce qui me donne une belle vue dans tous les sens et de la place pour mes jambes. Que veut le peuple…

 

En attendant, mon sac rangé dans la soute du camion, et mon baluchon laissé sur le siège qui m’est réservé, je sors de la cabine et fais le tour du terminal des bus.

 

bl3Le tour est vite fait, vu que ce n’est pas gigantesque. Il me reste le temps d’aller à l’épicerie, acheter une bouteille d’eau, de regarder le camp militaire en face du terminal, avec ses canons et ses missiles dignes de Jo et Zette (et Jocko), de prendre une photo de la fille du conducteur...

 

 

 

 

 

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Un couple d’américains est arrivé, et quelques habitants du Nord, qui commencent leur long périple, avec un arrêt à Rantepao ; sinon, c’est mortel.

 

Un premier coup de clackson, assourdissant, nous convoque à l’intérieur du bus, dont le moteur gronde. Un deuxième pour presser le mouvement. A côté de moi, personne. Quand nous sommes tous installés, monsieur le bras droit du préposé au billet – et qui est le fils de madame la propriétaire de l’épicerie qui jouxte la billetterie, ai-je appris quand nous causions, elle et moi – monsieur le bras droit du préposé au billet, donc, fait le tour du bus, pour bien vérifier que tout le monde a son billet.  Une fois son inspection terminée, il adresse deux mots au conducteur, lui tend un cahier d’écolier où on a soigneusement calligraphié le nom de chacun des passagers

 

Pour mon nom, ça leur a pris deux lignes, à cause des corrections.

 

Ensuite, il quitte le navire et aide l’aide chauffeur à fermer la porte, vu que le circuit pneumatique a quelques fuites.

 

Nous voilà partis. Monsieur le conducteur met la musique en marche mais, heureusement, le système musical du bus ne fonctionne plus trop bien, et la musique se contente de lui hurler dans les oreilles, couvrant les grincements inquiétants du changement de vitesse.

 

Ca tombe bien, la cassette qu’il a mise dans son appareil reprend les chansons d’un artiste local dont la voix me déplait souverainement.

19:53 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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