25/03/2008

Fort Rotterdam; demandes en mariage

Makassar a peu à offrir, au visiteur amateur de vieille pierre, sinon un assez joli camp retranché, aujourd’hui devenu musée et centre culturel, qui fut un temps le centre névralgique de l’administration hollandaise de l’île.

 

On l’appelle Fort Rotterdam.

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maka1maka2Son état a longtemps été similaire à celui de Batavia, tournant peu à peu à rien, puis à un tas de ruine, jusqu’au jour où les responsables de Makassar, mettant un et un ensemble, en sont arrivé à la conclusion que s’ils voulaient attirer le voyageur et ses devises, ce serait peut-être une bonne idée de lui proposer quelque chose de joli à voir, plutôt que juste des tas informes de cailloux pourrissant sous la mousse.

 

 

 

maka3maka4Or donc, on a remis Fort Rotterdam en état. Il y a maintenant un petit musée dedans, ainsi qu’une dizaine de guides des deux sexes, capables de parler le néerlandais, l’anglais ou le japonais et qui, pour deux francs trois sous, comme on disait quand j’étais enfant, vous font faire le tour en vous expliquant le pourquoi et le comment de la cité administrative de Fort Rotterdam, ainsi que l’historique de la colo.

 

Chose amusante, de très vieux Indonésiens, devenus Hollandais, les Harkis de l’armée Néerlandaise, reviennent depuis une dizaine d’années, depuis que tout s’est calmé, afin de revoir les lieux de leur jeunesse. Ils sont riches comme crésus, parlent encore l’indonésien, et font baver d’envie tous les jeunes qui les entourent, quand ils décrivent leur vie européenne.

 

C’est ainsi qu’on se retrouve, nous, les promeneurs européens, entourés de jolies demoiselles souriantes qui vous proposent le mariage, pour autant que vous puissiez, en contrepartie, leur promettre une vie, qui en Hollande, qui en Angleterre.

 

Les Etats-Unis font bon effet aussi.

 

Cette fascination pour l’étranger, de la part de jeunes femmes usuellement éduquées, diplômées, titulaires d’un emploi, prêtes pour la plupart à s’expatrier et à faire un mariage on ne peut plus sérieux, pour pouvoir échapper à l’Indonésie, en général, et à l’île de Sulawesi, en particulier, est notable, en Océanie, dans la région où je suis pour le moment.

 

De Rabaul à Mandalay, j’ai, bien entendu, eu droit à toutes les offres commerciales possibles et imaginables, en tant que voyageur solitaire de sexe masculin. Mais quelle était la profession des filles qui faisaient ce genre de proposition… on peut l’imaginer sans difficulté.

 

En Indonésie, j’ai au droit, à Java d’abord, à des tombereaux d’offres de mariage, faites par les mamans musulmanes de jeunes vierges rosissantes qui regardaient le sol pendant que la maman faisait l’article.

 

Quand nous nous séparions avec, de ma part, promesse d’y réfléchir, j’imagine qu’il y avait comme un règlement de compte entre maman et fifille.

 

Quoique.

 

Il est, à la réflexion, bien évidemment possible que Madame Mère ait été envoyée en ambassadeur, par une demoiselle qui faisait discret, mais qui savait ce qu’elle voulait.

 

Dans les Célèbes, ce sont les demoiselles elles-mêmes qui, bonnes catholiques ou scrupuleuses protestantes, venaient se proposer dans le but louable de nous conduire devant l’autel, dans le but de sanctifier une possible union.

 

Et quand j’essayais de convaincre telle jeune femme de la folie de cette proposition, lui faisant remarquer que j’avais l’age d’être son père, ou davantage, par exemple, j’obtenais systématiquement ces réponses qui me semblaient folles, ou bien si sages, selon lesquelles elle avait besoin d’un peu de maturité dans le couple ; que si les Indonésiens de mon age étaient des croulants, j’étais de toute évidence dans une forme olympique ; que je ne fumais pas et buvais peu ; que j’étais donc destiné à devenir centenaire ; que, vu mon tempérament de feu, je serais certainement heureux d’avoir des enfants avec elle, tôt ou tard ; que j’étais gentil ; et que zut et rezut, en finale, elles voulaient aller en Europe, et pourquoi pas avec moi…

 

Que répondre à cela.

 

Je réponds donc, usuellement, que je dois y penser. Et qu’on verra plus tard. Pas folles, les filles rient de ma volonté de temporiser et se disent que c’est peut être qu’elles ne sont pas mon genre… Elles laissent donc la place à une autre, qui peut alors tenter sa chance.

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23:03 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

tombeur, va.

Écrit par : erwann | 27/03/2008

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