24/03/2008

Makassar, le samedi soir

Les ports, en Indonésie comme partout ailleurs, ce sont des endroits pas toujours tout à fait catholiques. Ici, je me rendrai vite compte que, malgré le fait que Makassar est tout juste une grosse bourgade, il y a du commerce de fesse comme pour deux millions de personnes, dans des établissement bien glauques, comme toujours dans ces cas là, je suppose.

 

Heureusement, passé l’avenue qui conduit de Chinatown au port, ou du port à Chinatown et passés quelques avenues et rues du ghetto chinois, on arrive dans une ville normale : quelques rues exclusivement consacrées aux bijouteries – hé, les chinois sont là… - et une digue avec quelques bistrots et une plage au début.

 

Mak1La plage est digne d’une plage indienne d’Inde. D’une saleté repoussante avec au moins trois couches de sachets en plastique, pleins de trucs et de machins dont on ne veut rien savoir et, comme c’est une fin de baie, toute les poubelles des bateaux y arrivent, en surface ou entre deux eaux. Des barques s’arrêtent à une vingtaine de mètres du rivage et les passagers, en provenance de l’une des petites îles que l’on voit dans la distance, peuvent marcher avec de l’eau huileuse jusqu’à mi-cuisses, jusqu’au moment où ils arrivent sur la plage et remettent leurs chaussures ou leurs flip-flops.

 

Oui, bon : leurs flip-flops.

 

 

 

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Les gosses, complètement mithridatisés, parviennent encore à patauger dans l’eau. On irait jouer avec eux qu’on ressortirait de la mer avec toutes les maladies de peau qui existent, plus la lèpre, le choléra, une otite comme dans les livres, la peste et une chiasse du tonnerre de feu.

 

La digue est cahotante, quand on y arrive par vélo taxi.  De tout son long, il y a des groupes de jeunes qui prennent l’air, le soir, bavardent ensemble, regardent passer les gens et les vélos taxis, vous sourient ou vous hèlent quand vous passez et s’amusent de peu.

 

La vie est chère, pour les jeunes Indonésiens… Une Bintang, dans un  bar de la croisette locale, c’est tout de suite dix mille roupies, soit un dollar américain, soit … beaucoup trop pour leur budget – sans compter que certains sont de bons musulmans. Bien entendu, les jeunes Indonésiens qui sont bons musulmans pourraient prendre une glace. Sauf qu’une glace, c’est le prix d’une bière… Ce n’est pas rien.

 

Cela explique la foule des jeunes rieurs, désoeuvrés et jacassant que l’on peut voir tout au long de la digue.

 

Au moins, pour la plupart, ils ont un téléphone portable.

 

Quoique, vu ce que coûte la minute d’appel téléphonique, par ici, l’usage qu’ils en ont est probablement plus décoratif que communicationnel (woah, je l’ai placé, ce mot là ??? Ouai !)

 

Les terrasses de rue, à Makassar et, en général, en Indonésie, sont horriblement bruyantes et désagréables, du fait du passage de mobylettes pétaradantes et de voitures vomissant une fumée bleue digne du bon vieux temps de feu l’Union Soviétique. Cela explique la raison pour laquelle ici, au bord de la mer, les terrasses sont toutes … en terrasses. Les bâtiments qui longent la croisette font tous deux ou trois étages et quelques une font café sur le toit.

 

C’est chouette, et la vue est fantastique.

 

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Mak5Mak6D’abord, un étage bistrot-restaurant, couvert, juste au cas où il pleuvrait ; une volée d’escaliers plus haut, on se trouve sur le toit, avec des tables, une paire de serveurs portant les Bintangs commandées par tous et chacun. Quand il y a des filles, on les voit aussi transporter d’immenses glaces noyées sous du sirop aux cerises. Ca doit être pas mal, sur le plan calories, mais les filles sont minces.

 

Quoique.

 

 

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En fait, c’est une histoire – temporaire – de métabolisme. Dévorant des tas de trucs avec des tas de calories dedans, les filles du coin semblent digérer comme des chefs, jusqu’à la trentaine. Ensuite, un beau matin, ou un vilain, pour elles, un beau matin, donc, le métabolisme se dérègle et chaque bouchée devient un attrape cellulite qui leur fait, quand elles arrivent à la cinquantaine, un pneu Kronembourg peut élégant autour de la taille. Mais bon, ce que je vois autour de moi, sur le plan féminin, ce sont des jeunes femmes qui ont, tout au plus, une vingtaine d’années, parfois venues avec un ami, parfois venues entre copines.

 

Le coup d’œil n’est pas désagréable et les filles sont, qui plus est, souriantes envers l’étranger qui passe et dont la seule présence les intrigue.

19:50 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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