06/03/2008

Le marché aux animaux de Jakarta

En Indonésie, un marché aux oiseaux est un marché à tout ce qui vole et, de manière plus générale, un marché aux animaux. La dominante volante non pas à plumes, mais volante, est cependant manifeste. On y trouve des bestioles qui peuvent siffler, parler, sacrer, chanter. Elles sont de couleurs jaune, verte, rouge, bleue, et elles sont usuellement jolies – sinon, étonnantes à regarder.

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On y trouve aussi des chauves souris, dont on vous dira qu’elles ont un usage médicinal souverain contre diverses affections du corps humain, dont vous ne voudrez rien savoir. On y trouve aussi des insectes – vivants – dont l’un ou l’autre oiseau de prix raffole. Vu ce que ça coûte, l’oiseau de prix a intérêt à en valoir la peine.

 

birds1monkeyEnfin, la horde habituelle des lapins nains, des chats, des chiens, des salamandres, des singes, des varans, des poules décoratives, des rats – oui, même eux – qui parvient à remplir un espace énorme, fait de deux bâtiments qui n’étaient certainement pas destinés à ça, mais bon, tant que ça se loue, a dû se dire le propriétaire…

 

Entre les deux bâtiments, séparés l’un de l’autre d’une cinquantaine de mètres, à tout casser, on voit paître des vaches efflanquées. Quant à ces dernières, elles semblent ne pas faire partie du marché.

 

Des perroquets de Bornéo, ou du Gabon vous accueillent avec des cris lemuriandiscordants. Les vendeurs, qui espéraient d’abord vous refiler de la plume en pagaille, comprennent vite que vous êtes ici pour admirer le spectacle et vous laissent vite tranquille. Par contre, quand ils n’ont rien à faire, si vous les abordez, ils sont toujours prêts à vous montrer leurs trésors. Et c’est exact qu’il y a des merveilles de couleurs et de chants, sur ce marché. Donc, toujours répondre d’accord quand un vendeur vous fait signe de venir. On ne sait jamais quelle surprise peut vous tomber dessus – et je ne parle pas là de bandes armées de petits voleurs. En fait, malgré la réputation sulfureuse de Jakarta, je n’ai jamais vécu de mauvaises expériences, n’y ai jamais eu de mauvaise surprise.

 

Je suis donc les marchands qui me hèle, et admire ce qu’ils ont à me montrer. Seul bémol : après une bonne heure de promenades, je ne verrai pas d’oiseau du paradis sur le marché. Il est vrai que ce sont des animaux protégés, qu’on ne devrait pas trouver sur le marché, mais depuis quand les Indonésiens respecteraient-ils les lois ? Enfin, ce n’est pas bien grave : c’est en Papouasie que cet animal vit, et c’est justement en Papouasie que je pars. Ce n’est donc que partie remise.

 

Redépart vers la Jalan Jaksa. Comme je connais le trajet, maintenant, je marche d’un bon pas vers la rue des antiquaires, parvenant à éviter la passerelle funeste, ou du moins, qui me semble telle. C’est un trajet d’un quart d’heure, tout au plus, sous une chaleur impossible. Mais là, je ne connais pas le quartier et suis bien obligé de suivre les avenues prises par le bus.

 

Bientôt, me voilà en territoire connu. Je peux reprendre mes petits chemins et bientôt arriver, en nage, à Jalan Jaksa. Il n’est quand même pas loin de trois heures… Ca mérite une douche, puis une heure de pause.

 

Dans les bars de Jalan Jaksa, la période des happy hour (toujours indiquée au singulier, alors qu’elle dure du milieu de l’aprème jusqu’en fin de soirée) commence bientôt et je pense bien mériter ma Bintang.

 

Histoire de ne pas jouer à l’éponge alcoolique, j’ai quand même flingué, tout au long de mon trajet, trois bouteilles d’eau.

 

Ce soir, je ne la ferai pas trop longue. Je comptais deux jours, non, c’est trois. J’ai encore demain, pour aller voir le musée des antiquités et faire un peu le tour du reste de la ville.

09:00 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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