24/02/2008

Cocorico du matin... chagrin

Chez Bloemsteen, comme d’hab. Depuis mon dernier passage, la façade a bénéficié d’un coup de peinture qui fait plaisir à voir, et on a recarrelé l’entrée. L’endroit, qui était un peu glauque – enfin, je dis glauque, mais ce n’était rien face à ses concurrents -  fait aujourd’hui franchement pimpant.

 

Vu l’heure, pas de problème pour trouver une chambre.

 

Et puis, c’est la morte saison, en ce mois d’octobre.

 

En fait, depuis une dizaine d’années, en Indonésie, c’est la morte saison.

 

Hm, corrigeons ce propos : touristiquement parlant, ça a toujours été la morte saison, en Indonésie, sinon à Bali. Et puis, un beau matin, comme ça déplaisait à nos amis musulmans, que le commerce marche à Bali, il y a eu un grand boum, suivi du décès d’une petite centaine d’Australiens, suivi d’un deuxième grand boum, avec quelques décès d’Australiens supplémentaires. Depuis…

 

Depuis, il n’y a toujours pas de promeneurs –et encore moins de touristes – à Jakarta, pendant qu’il n’y en a guère à Bali. A Denpasar, on espère, chaque année, que le business redémarrera. Et, effectivement, il y a chaque année un peu plus d’Australiens, de Néo Zélandais, de Français ou d’Américains que l’année d’avant. Mais on est encore loin du  compte, et du tourisme balinais du bon vieux temps.

 

Bref, les affaires sont calmes, sur Jalan Jaksa, et j’ai de la place à mon guesthouse habituel.

 

Douche, longue douche, et puis je m’écrase dans mon lit, avec l’idée de me reposer quelques instants.

 

Je me réveille au chant du coq. La chambre qu’on m’a donnée tombe tout droit sur un poulailler et, ma fois, quand l’aube pointe… cela doit vouloir dire que j’ai dormi pas loin de dix huit heures. Je devais en avoir besoin : je n’ai même pas entendu les hurlements du muezzin, qui a du sévir quelques minutes avant le coq. Et pourtant, un muezzin, ça gueule.

 

Le coq chante donc encore une bonne douzaine de fois, avant que son propriétaire, qui avait sans doute, par distraction, laissé la bête dehors hier soir, intervienne. Quelques caquètements indignés, puis paniqués, un bruit de course et de plumes ébouriffées, ainsi que d’un pas plus lourd, accompagné de ce que je soupçonne être des jurons indonésiens particulièrement vifs, et tout se calme, à ma grande satisfaction.

 

La bête a dû être envoyée dans une cage où elle ne peut pas redresser la tête. Ses copines, laissées dehors, échangent quelques cot cot de commentaires et se rendorment.

 

Et c’est le silence.

 

Du coup, je dors encore un peu.

 

Ca, ça reste le problème d’une ville comme Jakarta, une capitale monstrueusement bétonnée dans laquelle subsistent des îlots campagnards. On peut très bien quitter les grandes autoroutes urbaines et, dans Glodok, tomber sur des cochons qui courent à travers les ruelles.

 

Bonjour l’odeur, par ailleurs.

09:00 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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