21/07/2007

Entrée au noviciat

Chez monsieur le restaurateur Indien, la règle est simple : vous aimez ? Vous payez. Vous n’aimez pas ? Vous ne payez rien. Comme nous avons beaucoup aimé, nous payons, et rentrons à l’hôtel, d’abord à pieds puis, quand un cyclo nous aborde, en vélo taxi. La distance n’est pas bien longue, mais le repas, accompagné d’un apéro et d’une grande bière, nous a un peu cassé les jambes, bien utilisées aujourd’hui. Et puis, il faut que tout le monde vive… Nous discutons à peine le prix du conducteur et roulons jusqu’au guesthouse.

 

L’exiguïté de la banquette  permet à Su de se serrer contre moi et je dois dire que je la laisse faire, un peu avec philosophie (c’est ce que je me limiterais à écrire, si j’étais faux cul), beaucoup avec plaisir. Nous rentrons à l’hôtel, nous brossons les dents, faisons l’un, puis l’autre, un arrêt pipi en solitaire. Je me couche dans mon lit à moi et Su, avant l’extinction des feux, vient me donner le baiser du soir. La joue gauche pour le premier, la joue droite pour le deuxième, les lèvres pour le troisième. Puis elle attend. Il ne me reste qu’à lui proposer d’entrer dans mon lit, avant qu’elle ne se fasse pas attaquer par les moustiques.

 

En fait, il n’y a pas de moustique dans la chambre, puisque, chaque soir, quand nous partons dîner, on allume l’un de ces serpentins qui les chassent. Mais il faut bien trouver une excuse pour l’inviter… Et, à dire en faveur de Su, elle n’aborde pas le sujet du serpentin moustiquicide, et rentre dans mon – dans notre – lit  sans se faire prier.

 

Le lendemain, je me réveille à mes heures, glisse mon bras de dessous la nuque de Su dont le doux ronronnement féminin est audible, maintenant que sa bouche se trouvait à moins de dix centimètres de mon oreille. Autrement, le bruit de la clim – oui, une chambre à cinq dollars pour deux, avec la clim’ ! Une clim’ poussive, certes, mais une clim’ en ordre de marche… - le bruit de la clim’, disais-je, couvrait tout.

 

Après cela, c’est ma douche, rasage, brossage de dents, habillage, dans la chambre, pendant que Su continue à fermer les yeux très fort. Ensuite, je viens à son côté, lui chuchote à l’oreille que les chauves souris grillées l’attendent et moi aussi, lui effleure les lèvres du doigt, le front de la bouche, et la laisse tranquille quand elle me jure de sa petite voix, les yeux fermés et les cheveux en bataille, qu’elle se lèvera dans un instant et que je dois, avant de quitter la pièce pour la laisser de pomponner, lui donner un bisou.

 

Il va sans dire que nous raterons les chauves souris, une fois de plus. Quand Su parvient finalement à se lever, il va être neuf heures. Nous déjeunons pendant qu’elle gazouille et préparons notre équipée du jour, la location des vélos, le départ vers New Bagan. Hier soir, nous sommes tombés sur un couple d’américains avec lequel nous avions voyagé de Mandalay à Bagan, et ils ont affrété un taxi pour aller au mont je ne sais plus quoi, où un temple extraordinaire requiert notre attention pleine et entière. Nous les accompagnerons et ce sera demain.

 

En attendant, nous sommes aujourd’hui, et c’est donc la route vers New Bagan, qui se trouve un peu vers le sud du site, que nous visons. De là, si le plan que nous avons n’est pas faux, nous irons sur les routes moins fréquentées du site, voir des temples au moins aussi beaux que les temples les plus connus, et usuellement vides. Le périple doit faire aux alentours d’une petite vingtaine de kilomètres.

 

Quand je vois comme Su a bien tenu le premier jour, ce programme ne m’inspire aucune inquiétude. Je note cependant qu’elle a fait, cette fois ci, l’impasse sur le maquillage. Ce n’est plus nécessaire, puisqu’elle est arrivée à ses fins ? Ou bien a-t-elle admis que la chaleur lourde, plus les efforts démesurés qu’il est nécessaire de faire, quand on roule le long des pistes poussiéreuses sur des vélos pourris, tout cela n’était pas propice au maquillage ?

 

schoolAlors que nous sortons de l’hôtel et allons chercher nos vélos, passe la procession des novices, accompagnés par leurs familles, leurs amis, précédés de bonzes et de nonettes. Les gosses des écoles ont, toutes affaires cessantes, abandonné les jeux de la récréation. Le nez écrasé contre les grillages de la cour d’école, ils admirent le spectacle. Nous aussi.

 

 

 

 

 

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Ensuite, une fois que sont passés les novices magnifiquement habillés de vêtements de lumière, accompagnés de la ville entière, nous enfourchons nos vélos et nous lançons dans notre promenade, une bouteille d’eau dans le panier de notre vélo, quelques bonbons pour faire plaisir aux gosses. La journée sera longue.

15:17 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : religion, visites |  Facebook |

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