06/06/2007

Air Asia, de Bangkok à Yangon

A l’étage des départs, de cent mètres en cent mètres, il y a une porte, la A, puis la B, puis la C, puis d’autres encore… devant laquelle on voit de nombreux placards, reprenant le noms des différentes compagnies aériennes qui desservent Bangkok. A chaque porte, ses compagnies. Air Asia, c’est la porte C. A peine descendu du minibus qui nous a déposé à peu près devant la porte, je file vers l’entrée, afin de voir à quoi ressemble le monstre. Et puis, comme j’ai seulement une heure trois quarts d’avance par rapport au vol, je me presse quand même. La première fois, c’est toujours un peu émouvant.

 

La salle de l’enregistrement est tout simplement gigantesque. Comme je n’ai pas envie d’errer à l’aventure, je demande au premier bonhomme en uniforme et casquette où je trouverai le comptoir d’enregistrement de mon vol. La réponse est courtoise, rapide et exacte. Ca, c’est la bouddha attitude. J’ai une petite cinquantaine de mètres supplémentaires à faire pour arriver devant le comptoir où, effectivement, deux bureaux sont ouverts, avec l’indication d’un départ Air Asia vers Rangoon – devenue aujourd’hui, Yangon.

 

Inutile de préciser que je suis grassement en avance et que ce n’est même pas intéressant d’arriver aussi tôt vu que, lors des enregistrements des vols Air Asia, on ne vous donne pas de numéro de place. C’est au dernier instant que, dépendant de la manière dont les passagers se ruent sur la porte d’entrée de l’avion, on trouve la place de ses rêves ou non.

 

Bon, la queue va vite, puisque je suis le seul qui la fait. J’ai toujours eu le vif plaisir de voler vers Rangoon dans des avions à moitié pleins, tout au plus. Mais la dernière fois, Air Asia – ligne low cost, ne volait pas encore vers la Birmanie. Par ailleurs, je n’oublie pas qu’entrer au Myanmar, puisque c’est son nom officiel, n’est pas si facile que cela, et que les visas sont délivrés au compte goutte.

 

Bon, on verra bien.

 

En attendant, je passe à travers les magasins free tax qui sont l’ornement principal de l’aéroport. Ils sont ouverts vingt quatre heures sur vingt quatre, sept jours par semaine. Les vendeuses et les vendeurs vous lancent des sourires aguicheurs ou des œillades assassines mais, à la différence de la ville, ne vous hèlent pas de l’entrée du magasin. Ca, c’est la classe de l’endroit au caractère international.

 

Toutes les grandes marques du monde sont représentées ici, d’Hermès à Sony, de Lanvin à Longine, de Rolex à Montblanc, ainsi que les grandes marques locales, qui imitent les grands noms sans les imiter – évitant ainsi de tomber sous le coup des règlements qui s’intéressent au droits de la propriété intellectuelle et pourfendent les copies. J’avoue, pour m’habiller en  grandes marques thaïlandaises depuis des années, que la qualité est au rendez-vous, quitte à ce que le choix soit parfois plus difficile – sauf si on aime les couleurs parfois un peu vives. Enfin, je ne suis pas, ce matin, à chercher une affaire, mais plutôt à faire le tour du propriétaire.

 

Subarnabhumi est, je dois l’admettre, bien fait. Même les toilettes, que je cherche dès le premier instant et que, dès que trouvées, je visite rapidement, sont parfaitement correctes, pour ne pas dire luxueuses, et manifestement en quantité adéquates. Le rattrapage a été fait. Bon, je garde mon vague à l’âme, quant au fait que Dong Muang, ce sont tous mes souvenirs, mais je n’ai rien de déplaisant à dire sur son remplaçant. On verra, au retour, dans un mois.

 

Toilette et magasins parcourus, je peux tranquillement me diriger vers la porte devant laquelle un avion flambant neuf, peint de blanc et de rouge, attend les quelques passagers qui vont partir sur Rangoon. Quand j’arrive devant la porte, le check in est commencé, ce qui veut dire qu’après avoir été autorisé à entrer dans l’aéroport, je serai maintenant autorisé à entrer dans la salle d’attente de mon vol. Ah, on peut dire que la sécurité, aussi discrète qu’elle se fasse, est en réalité remarquablement bien faite. Je donne donc mon document de vol, accompagné de mon passeport orné du visa idoine, à deux jeunes filles souriantes qui me gratifient d’un wa, une fois la vérification terminée, et que je prends les escaliers qui me mènent jusqu’aux sièges flambants neufs où j’aurai à traîner une demi-heure encore. Nous sommes un demi avion à attendre, ce qui me semble déjà énorme.

 

Dans le bon vieux temps - jusqu’à il y a deux ans, en fait – il y avait, tout d’abord, trois vols par jour, de Bangkok à Rangoon et, de plus, chacun de ces vols devait transporter, tout au plus, un quart de passagers. Les choses semblent changer. Et de fait, en arrivant à Rangoon, je me rendrai compte que les quatre à cinq rotations internationales d’avant se sont transformées en une bonne dizaine d’arrivées et autant de départs.

 

Quand, donc, le ding dong qui nous appelle a prendre l’avion se fait entendre, je bondis sur mes pieds, suis le premier dans la file, descends le tuyau qui conduit à l’avion, une fois mon ticket montré, salue bien bas les deux gentilles hôtesses vêtues de rouge qui m’attendent à la porte de notre aéronef et file m’installer à la place de mes rêves : l’avant, bien devant l’attaque de l’aile, afin d’avoir la belle vue de l’arrivée à Rangoon – ah, non, à Yangon.

22:44 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Rangooooon Racontez-nous Yangon avec votre talent. Moi, je rêve de revoir un jour dans ma vie la pagode Shwedagon et ses mille recoins dorés. Inoubliable!

Écrit par : hanaeh | 08/06/2007

Tristesse Je viens seulement de lire pour Kina; j'en ai les larmes au bord des yeux...et il me vient à l'esprit ceci que j'ai entendu, un jour que je revenais d'un de mes voyages en solitaire, un peu larguée: "la vie passe vite quand on est de ceux qui ne s'arrêtent jamais, que la vie continue plutôt que les souvenirs"...

Écrit par : hanaeh | 08/06/2007

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