01/06/2007

De retour à Penang

hotelD’Ipoh, où j’ai passé une nuit, dans un guesthouse chinois, situé au dessus d’un restaurant chinois – on irait jusqu’à imaginer que les deux sont en rapport -, je me décide à partir à Georgetown, pour y traîner un jour ou deux, avant de prendre un bus pour la Thaïlande.

 

Ipoh n’avait pas grand-chose à offrir. C’est l’équivalent malais de Marandellas, la ville des collèges et des pensionnats, du bon vieux temps de la Rhodésie. Hors du centre-ville, dans des banlieues vertes, une dizaine d’institutions religieuses, datant de la colonie, proposent aux enfants des élites du pays une formation digne des collèges jésuites de notre enfance. Autours de bâtiments de style néo-classique, usuellement, des jardins immaculés et des terrains de rugby, de fouteballe, de croquet ou de volley, dépendant du sexe éduqué dans l’établissement en question. On voit parfois des gosses qui courent, en tenue de gym, et s’égaillent sur les terrains, sous la direction du professeur idoine.

 

Dans des rues d’un calme olympien, d’un Saint John College à un Sacred Heart Convent, en passant par toutes les possibilités du panthéon chrétien, des façades pompeuses le long desquelles, parfois, une banderole court. Sur cette banderole, l’annonce des derniers résultats nationaux du collège, du couvent, au palmarès du baccalauréat malais, ou bien le nombre de places encore libres, pour la rentrée prochaine. Ou encore, sur toute la largeur de la façade, une devise gravée, en anglais ou en latin, qui chante la gloire de la maison, et pour faire savoir au chaland que c’est ici que les enfants trouveront la réussite sportive et académique. On y entre à dix ou onze ans ; on en sort bachelier, qu’on l’ait voulu ou non, à dix-huit. Ensuite, le monde vous engloutit.

 

birdsLe centre-ville d’Ipoh est, quant à lui, banal et bétonné, usuellement gris et bancal. Partout - nous sommes en terre de culture chinoise - des cages à oiseaux. Les murs des chambres de mon guesthouse étaient badigeonnés de blanc, avec un filet de rouge chinois. C’était sale et charmant. En ville, accolé à la gare, il y a un hôtel chic, du genre quatre étoiles, devant lequel un panneau indique une offre spéciale pour des chambres de jour. Si vous ne passez que quatre heures dans votre chambre, pendant la journée, le prix sera en rapport.

 

Etrange.

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Il y a, ici et là, de belles choses à voir, à Ipoh, ainsi que des boutiques dont l’intitulé vous laisse rêveur. Quelques officines de massage aussi, qui puent le bordel. De très vieilles dames, cigarette au bec et toutes vêtues d’un chemisier léger et de shorts qui leur vont comme un tablier à une vache, hèlent le passant qui se sauve.

 

La gare routière est centrale à la ville, ce qui m’arrange bien quand, après avoir tourné un peu dans le centre, hier soir et ce matin, j’ai décidé qu’il était temps de partir. Pour Butterworth, il y a un bus l’heure, ce qui est bien pratique, et il est climatisé. Je suis seul sur ma banquette. D’Ipoh, le bus va directement à Butterworth, sans étape.

 

Du moins, cette annonce du sans étape, c’est la théorie. Dans la réalité, le bus s’arrête quand même de ci, de là, afin d’embarquer des passagers qui réservent par téléphone, et qui attendent à des points désignés. C’est finalement bien fait.

 

GeorgetownLe terminus du trajet est au port de Butterworth. La gare routière s’y trouve aussi. De là, on va à pied jusqu’au terminal des bacs – une cinquantaine de mètres, à tout casser - pour aller à Georgetown. Du port de Georgetown, ensuite, il faut faire, à tout casser, deux cents mètres pour arriver à mon guesthouse habituel. J’y trouve la chambre qu’il me fallait et je m’installe, les jambes croisées, sur mon lit, à tripoter mon ordinateur, après une bonne douche qui m’a un peu changé les idées. D’ici un jour ou deux, je partirai à Hat Yai. J’ai envie, d’abord, de repasser dans les temples chinois de la ville.

 

Après Hat Yai et son immense Bouddha couché, ce sera Bangkok, puis ailleurs.

21:55 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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