07/05/2007

Allons dire bonjour aux Papous

Mais le temps passe et je dois, sous peine de me retrouver avec un visa obsolète, songer à terminer mon périple en Indonésie, pour passer à un autre pays. J’ai encore quelques jours, et j’envisageais d’aller aux Célèbes, à partir desquelles je pourrais refiler vers les Philippines, ou vers la Papouasie Nouvelle Guinée. Les Philippines… ça ne me dit qu’à moitié. Mais ce que j’entends, depuis quelques jours, sur la PNG est à donner froid dans le dos.

 

Si Port Moresby a toujours joui d’une réputation sulfureuse, digne d’Oulan-Bator, la ville où c’est-y que les chiens mangent les passants, c’est maintenant tout le pays qui semble être tombé dans une anarchie qu’on croyait réservée aux pays africains nouvellement indépendants. Enfin, nouvellement, ça fait quand même cinquante ans, mais ça n’a pas l’air pour autant de s’arranger.

 

Bref, toute la PNG est devenue un gigantesque champ de bataille pour ce qu’on appelle les rascals. Dans le bon vieux temps, on arrivait à Port Moresby, à la réputation méritée de nouvelle Chicago, que l’on quittait aussi vite que possible pour l’intérieur. Là, plutôt que de mourir tué par des balles perdues, à la suite d’un échange de propos un peu vif entre deux bandes de rascals, on se trouvait à mourir à petit feu, après avoir été empoisonné par la piqûre d’un insecte inconnu, la morsure d’un serpent connu, ou des suites du dépeçage par les cannibales, après une malheureuse rencontre.

 

Maintenant, les rascals sont partout et même les cannibales en ont peur.

 

Le problème de la PNG est que c’est un pays du tiers-monde, avec une économie totalement protégée à coup de taxes douanières implacables, qui font que le pauvre indigène, qui ne gagne pas grand-chose, quand il a un salaire, voit ce pas grand-chose disparaître en deux ou trois achats. Son salaire est digne du Congo, quand les prix sont européens. Une chambre d’hôtel, en PNG, où que ce soit, c’est cent dollars, et il n’existe pas de guesthouses. Le fameux prix comparé du Big Mac, qui permet de voir quelles sont les villes les plus chères du monde, ne peut s’appliquer ici car il n’y a plus de restaurant Mac Do’, depuis l’incendie et le pillage de la seule franchise qui s’était installée en PNG, à Port Moresby, suivis de l’assassinat du franchiseur. Mais un petit déjeuner dans un boui-boui quelconque, par exemple, c’est au moins dix dollars américains.

 

Les pauvres ne peuvent survivre du fruit de leur travail – quand ils ont le bonheur d’en avoir un. En conséquence, et parce qu’il faut se nourrir et nourrir sa famille, ils volent.

 

Leurs enfants, éduqués dans la bonne voie, volent, pillent, tabassent, blessent, tuent, violent. Quand on a commencé, pourquoi s’arrêter… Ce sont ces petits anges qu’on appelle les rascals.

 

C’est dit : j’y vais.

 

Vu le niveau des prix, je n’y passerai probablement pas beaucoup de temps, mais il faut essayer de tout, comme me le disait Antoine d’un ton sentencieux, quand il remarquait que j’avais un verre de vin blanc à la main, et qu’il essayait de m’en chiper une gorgée.

12:21 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : papous |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.