01/05/2007

Les Bouddha sous cloches

Borob3Ah, oui, et les Bouddha sous cloche ou non, vous demanderez-vous, c’est quoi, cette affaire ? En fait, tout en haut, au septième et dernier niveau, tous les Bouddha étaient sous cloche, à l’origine. Pourquoi ? Pas la moindre idée, mais c’était ainsi. Et, en y réfléchissant, c’est tellement étrange et semble tellement éloigné de la liberté que le bouddhisme, en tant que philosophie, semble offrir…

 

Puis, fondations faiblissantes – au bout de quatre ou cinq siècles, il est difficile de reprocher quoique ce soit au maître de chantier – et tremblements de terre, guerres, destructions, pillages et vols, les cloches se Acephalesont effondrées quand on ne les a pas un petit peu éventrées à coups de pics ou de pieds de biche. Les Bouddha ont usuellement, dans la foulée, perdu la tête et la main droite – c'est ce qui se vendait le mieux, dans un certain monde de marchands d’art et de trafiquants d’objets religieux. Une petite ordure maintenant décédée, qui a un temps été ministre de la culture en France, pourrait en parler avec abondance et sans vergogne.

 

Aujourd’hui, on a reconstruit la plupart des cloches, quitte à y cacher un Borob4Bouddha acéphale. Deux cloches, d’abord reconstruites avec les autres, ont été soigneusement défaites afin de montrer aux croyants deux Bouddha entiers, tels qu’ils sont, ou devraient être. Ca rassure ceux qui ne vont pas regarder dans les cloches et qui se contentent d’enfoncer la main dans l’un des nids d’abeille, de tendre le bras et de toucher le corps, en confiance. Ils se fendent alors d’une courte prière et s’en vont, la visite terminée, le cœur en paix.

 

Toucher un Bouddha de Borobudur, apparemment, ça porte chance.

 

Il est incroyable de noter comme le bouddhisme, dans sa pratique quotidienne, est pure superstition épicière, aujourd’hui comme hier. Il y a Templechinoisainsi, à Bangkok, devant l’une des plus grandes cliniques universitaires du pays, fondé par la communauté chinoise, le bâtiment vraiment principal : un temple dédié à la Sainte Rita du cru. Les parents du malade chinois et hospitalisé s’y précipitent en troupe serrée, y brûlent de l’encens à en asphyxier tout le quartier, y font de riches offrandes pour bien disposer les dieux quant à la santé du cher souffrant.

 

Je serais médecin, travaillant dans cet hôpital, je la trouverais saumâtre.

11:12 Écrit par PGå dans Général, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : religion, art |  Facebook |

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