29/04/2007

Promenade autour du volcan

Mais quand on vient à Yogja sans savoir ce que vaut la ville, on y vient alors pour des curiosités qui lui sont extérieures : le Mérapi, pour les suicidaires ; Borobudur et Prambanan, pour les amateurs de vieille pierre.

 

On y découvre aussi le plaisir de flâner sur la rue routarde, Sosrowijayan, qui offre de bons hôtels, de bons guesthouses, des restaurants et des bistrots, avec de la bonne musique et des happy hour. Pendant ces happy hour qui courent, usuellement, de midi jusqu’au milieu de la soirée, la bière est pour trois fois rien. Pour ce qui est de la nourriture, je m’empiffre de salades d’avocats sur lesquelles, dans le coin, outre le filet de citron, le cuistot ajoute du… fromage râpé. Ma foi, pourquoi pas. Le soir, ce sont toutes les recettes de Java. Royalement, le saté – de porc, de poulet, de bœuf… - s’impose. Les sauces d’accompagnement sont excellentes.

 

Dans les ruelles qui donnent sur Sosrowijayan, on trouve aussi d’autres guesthouses, d’autres restaurants à la cuisine délectable. Une ruelle enfin, longue comme un jour sans pain, qui n’était que losmen, ces logements spartiates qui ont, jusqu’il y a quatre ou cinq ans, formé les bataillons serrés de l’offre hôtelière à destination des routards, s’est reconvertie dans la location des chambres pour les masseuses.

 

Pas une des masseuses de la ruelle en question ne pratique le noble art du massage, bien entendu. Il existe quelque chose que l’on appelle le plus vieux métier du monde, je crois.

 

Sortir de Yogja’ n’est pas trop compliqué, et la demoiselle de la réception est extraordinairement claire dans ses explications. Qu’elle soit trois fois bénie. Ce matin, je me décide à aller voir le Mérapi d’aussi près qu’il est possible de le voir. A la suite de plusieurs accidents mortels, ces dernières semaines, la maréchaussée a décidé de protéger les idiots contre eux-même, et a bloqué tout ce qui ressemble à une route, un chemin ou un sentier, et qui pourrait conduire jusqu’à l’une des bouches à feu du volcan.

 

Les coins où ça fume sont strictement interdits aussi.

 

Pour éviter tout geste malheureux de la part d’un promeneur distrait, ou profondément déprimé, chacun des barrages qui était, jusqu’à présent, surveillé uniquement par lui-même et sa pancarte sur laquelle, en multilingue, était signalé qu’aller plus loin était à la fois interdit et dangereux, est maintenant tenu par un préposé en uniforme.

 

Sachant tout cela, Mademoiselle la réceptionniste me conseille vivement d’aller sur la colline d’à côté. Elle se trouve, à tout casser, à un demi kilomètre du volcan. A son sommet, je devrais avoir une vue intéressante. Elle me précise quel bus, quelle fréquence, quels changements, où le prendre, où l’abandonner. Me voilà donc parti.

 

BusJe suis à peine arrivé à l’endroit où mon premier bus devrait arriver… qu’il arrive, effectivement. Veine. Un gros truc jaune, brinqueballant, au double pare-brise comme des yeux d’abeille. Il traverse la ville de part en part, pour arriver à un terminal où je devrais trouver mon bonheur : le bus pour le Mérapi.

 

Effectivement, le voilà. Je saute dedans, et nous démarrons bientôt, le bus plein comme un œuf. Nous sortons bientôt de la ville, à un rythme paresseux, traversons des villages de plus en plus reculés – ce qu’on aurait pu croire être, de haut, la banlieue de Yogja’ – jusqu’au moment où le bus, après un dernier petit village, prend décidément une route de montagne.

 

Une bonne demi heure plus tard, je suis au pied d’un petit chemin, dans un parc national. Au bout du chemin, il y a un point de vue : c’est le Mérapi. Je prends donc le chemin qui, très vite, se dégrade pour ne plus être qu’un sentier bosselé de cailloux. Parfois passent des vagues d’odeurs sulfureuses qui rappellent qu’un volcan n’est pas loin.

 

Quand on arrive au sommet, la vue est presque tout aussi bouchée que de Yogja’, mais on distingue cependant les cheminées de fumerolles prometteuses d’activité souterraine. Les flancs du volcan sont d’une couleur brunâtre, lunaire. Rien ne pousse. Visiblement, les vapeurs brûlantes qui sortent de partout sont néfastes à la verdure.

 

Parlant de verdure, je note, de mon point de vue, que des bosquets d’arbres s’agitent régulièrement, ici ou là, dans mon entourage immédiat. Des singes ? Non, m’expliquera-t-on plus tard : de petites secousses sismiques, dues au volcan.

 

Au bout d’une heure à observer les pentes du volcan, parcourues de nuages qui montent et qui descendent, je me décide à revenir à mon point de départ. Jamais je ne pourrai obtenir une bonne photo d’ici. Le seul moyen, c’est un avion lent, ou un hélicoptère, loué à cet usage. Tant pis, ce ne sera donc jamais pour mes photos de volcans qu’on me verra dans le National Geographic.

 

VersmerapiRetour en ville, avec un autre bus, qu'on attend à plusieurs, dont une petite fille qui ne m'a pas à la bonne, changement en cours de trajet, quand le bus casse son embrayage et arrivée en cours d’après midi sur le Mailboro, à temps pour profiter des happy hours des bistrots de la Sosrowijayan. Ca tombe bien, il faisait soif.

 

12:40 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vulcanologie, nature |  Facebook |

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