18/04/2007

Le Lac Toba

L’arrivée à Parapat est spectaculaire. Le minibus arrive au sommet d’une colline, tourne d’un grand geste large sur la gauche et, sur la droite, on a une vue plongeante sur un lac au milieu duquel trône une île : c’est le lac Toba.

 

ParapatParapat, que l’on voit là bas, sur le coté, est une charmante bourgade qui, une fois qu’on s’en est approchée, n’a pour elle que son pittoresque. Quand on en a fait le tour à pied, en moins de dix minutes, on note qu’elle n’a pas grand-chose de plus à offrir, sinon le paysage de rêves de l’île qui lui fait face. Deux ou trois hôtels dits deluks - ce qui serait comparable à un deux étoiles de charme, si on était en France - où les touristes qui ont peur de l’eau iront loger, quelques bouis-bouis sur la grand’ place, une mosquée, une école, un commissariat de police devant lequel, pieds nus, les flics font la sieste et… et c’est tout.

 

TaxiQuant à ceux qui n’ont pas peur de l’eau, ils prendront l’un des nombreux bateaux-taxis qui traversent le lac, vers telle ou telle destination, et iront s’installer dans l’un des hôtels d’en face – c'est-à-dire, de l’île. L’agrégat de huttes et de guesthouses qui se trouve pile poil devant Parapat est un hameau du nom de Tuk Tuk.

 

Malgré ma dernière expérience aquatique – je veux dire, le rafting de la planète des singes – je reste stoïque devant les vaguelettes du lac et prend un bateau-taxi. En dix minutes, je suis rendu devant un hôtel, choisi au hasard. Il est ouvert, il s’appelle Carolina, et au bout de quelques instants, je me rends compte que je suis entré par accident au Paradis – d’autant plus que la région est catholique.

 

Pourvu que ni Saint Pierre, ni d’autres cruels gardiens ne s’en rendent compte et ne me chassent.

 

CarolinarecUne réception digne des palaces du siècle dernier, du temps de la colonie : une gentille Indonésienne m’a vu descendre du bateau taxi sur la jetée de l’hôtel. Elle a dû se précipiter en cuisine et, souriante que c’en est émouvant, alors que j’arrive à la réception, me tend, sur un plateau recouvert d’une serviette blanche, un verre de sirop d’orgeat glacé.

 

Alors que je savoure mon verre de sirop, sa comparse commence à me détailler les possibilités de la maison, et j’apprends que les chambres chics vous reviennent à moins de cinq Euros. Bon, d’accord, le petit déjeuner – un Euro de plus… - n’est pas inclus.

 

ChambrescarolinaJe remplis les documents de police ; me voici installé pour une semaine. Un groom arrive, prend ma valise et la monte à mon bungalow. Je le suis avec mon sac à ordinateur, le pose la porte franchie, remercie Monsieur qui disparaît, alors que la demoiselle qui m’a reçu vient à la porte et me propose de faire le tour des lieux, dès que je me serai rafraîchi. Elle est à ma disposition, au bureau de la réception. Je prends une douche séance tenante, me change, descends bientôt à l’entrée de l’hôtel où, effectivement, toujours aussi souriante, Mademoiselle m’attend.

 

Il y a une jetée, des chambres, une salle de télévision, un bureau où l’on peut essayer sa chance avec la connexion internet, des jardins d’autant plus paradisiaques qu’un personnel nombreux et empressé balaie les feuilles tombées la nuit, dès potron-minet, et qu’une équipe spécialisée passe, une fois par semaine, pour gazer les insectes mordeurs et piqueurs.

 

Nous devons être une dizaine de voyageurs, tout au plus, dans un domaine fait pour bien davantage : les nombreux tremblements de terre qui sévissent dans la région, l’état des routes, la réputation islamiste de Sumatra et les volcans qui, de temps à autre, trouvent amusant d’exploser, ne font rien pour aider le tourisme par ici… Toba, cependant, est chrétienne. Quand on s’y promène, on y trouve des églises, des églises, des églises et, parfois, c’est vrai, une mosquée.

 

Toba, comme dans le cas de tous les paradis, on a pas grand-chose à y faire : promenades à moto ou à bicyclette. Vu que la région est extrêmement montagneuse, on abandonne vite le vélo pour la moto.

 

royalgraveA portée de vélo, il y a deux villages dans lesquels on trouve des tombes curieuses, où l’influence chrétienne est évidente. Passés les villages, la route se met à monter au flanc de la montagne, à serpenter, tout en se réduisant, de la bande et demie de largeur qu’elle faisait, à une petite bande mal macadamisée : une étape de montagne du Tour de France, avec col de catégorie supérieure. Tout autour de soi, on voit les vaches, les buffles, de la nature luxuriante. Si on reste en plaine, et qu’on va d’un village à l’autre, ce seront des rizières d’un vert tendre, parsemées de bouts de plastiques bougeant au gré du vent, et faisant office d’épouvantails.

 

ricepaddy

Le reste de l’île ? Ce sont des vaches, des buffles, une nature luxuriante, entrecoupée de hameaux de montagne, de minuscules villages serrés autour d’une église, et de rizières étagées, comme on peut les voir aussi en Chine, ou à Bali.

 

LoversDes gosses à chaque arrêt, viennent vous flairer, faire les sots et demander que vous les preniez en photos. Le plaisir qu’ils éprouvent quand ils se voient dans la boite est touchant. Alors, pourquoi pas...

13:14 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sumatra |  Facebook |

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