07/02/2007

Le deuxième Taj Mahal

Le lendemain, départ en tuk tuk avec mon cicérone. Aurangabad a quelques temples creusés dans la montagne, une dizaine de mosquées, parfois jolies, parfois quelconques, deux ou trois temples majeurs hindouistes et son Taj Mahal rien qu’à lui. Un sultan dont le nom m’échappe, rendu jaloux par le Taj original, avait attendu impatiemment le décès de son épouse pour lui faire un cénotaphe du même tonneau.

 

Un peu plus regardant que son prédécesseur, ou tout simplement moins riche, il avait repris le modèle original, faisant ainsi des économies d’architecte. De plus, il avait considérablement diminué les frais de matériel, remplaçant le marbre, ici et là, par du plâtre.

 

SmallTMLe résultat a, néanmoins, fière allure – si l’on s’abstrait des murs, parfois fissurés, qui pèlent, et les quatre minarets qu’il a fait petit, vu qu’il avait le sens de l’économie ou que, possiblement, il n’aimait pas tant sa chère défunte que cela.

 

Au milieu du Taj lui-même, il y a une salle interdite aux femmes, sauf à la décédée, dont le cercueil trône, sous une somptueuse pièce de tissu d’un puissant vert bouteille, brodé d’argent. C’est la salle du tombeau, proprement dite. Le tombeau de marbre, invisible sous le dais, est là depuis bientôt six siècles. GravewifeLes visiteurs jettent la pièce sur le dais. Je les suppose régulièrement récupérées par les gardiens – on a que le bien qu’on se donne – mais des piécettes, il y en a partout : sur le dais, d’abord, mais il y a eu bien des maladroits, ou des piécettes diaboliques, et elles ont roulé jusque dans les coins les plus éloignés.

 

Selon la tradition, celui dont la pièce qu’il a jetée reste sur le dais verra sa femme mourir dans l’année.

 

Il parait que ça marche aussi pour les belles-mères.

12:00 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : coutumes locales |  Facebook |

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