29/11/2006

Arrivée à Bangkok, une fois encore

Arrivée à l’hôtel, non sans avoir, d’abord, re-rempli le réservoir d’essence. Douche, passage, en sortant, chez ma masseuse de la dernière fois, qui me « fait » les jambes, sortie au marché du dimanche et bon petit repas, avec chanteur entouré de danseuses, dans un mélange parfaitement kitch de Claude François et de Claudettes Khmères tressautantes, mélangeant le style asiatique charmant, et le style occidental qui en devient drôle. Je rentre tranquillement, en passant dans la grande allée des échoppes où chaque vendeur crie les qualités de ses produits, aidé d’un amplificateur assourdissant et où les cuistots s’affairent, silencieux, pendant qu’une petite file de client attend patiemment son plat.

 

Comme tout va bien, après mon périple de la journée, et que je ne ressens aucune crispation inquiétante dans la tuyauterie, rapport à mon verre bu dans les rizières, je décide d’y aller demain. Je paie mon dû à la patronne, y compris le petit déjeuner de demain matin, m’arrange pour savoir à quelle heure je peux avoir un bon bus pour Bangkok (le trajet dure pas loin de 8 heures, donc j’aime autant avoir un bus confortable), et à quel prix. Tout cela mis en ordre, je vais dans ma chambre où je tripote un peu ma valoche, tout en écoutant un peu de Bach. Ca doit déprimer solidement les gekkos, vu que, quand je rentre dans la salle de douche, après quelques temps, je tombe sur le cadavre d’un de mes protecteurs. Mais celui là, depuis le début de mon séjour, j’avais des inquiétudes pour lui, vu qu’il avait un œil gonflé et qu’il bougeait peu. Je le prends délicatement par la queue, entre le pouce et l’index, et le jette dans le jardin qui entoure ma hutte. En rentrant, je stoppe ma Passion selon Saint Matthieu, et je la remplace par du Mylène Farmer. C’est moins risqué. Et puis, c’est simplement mélancolique – à la portée de la famille éplorée du gekko décédé.

 

Les Hollandais d’hier sont partis. Je dormirai bien.

 

Le fichier Mylène étant épuisé, j’arrête mon ordi, ferme mon livre, éteins la lumière : dodo, sur mon petit lit au matelas bien dur, sous un ventilateur ronflant, dont j’ai bloqué le va et viens, le dirigeant exclusivement sur mon coin de chambre. Je me demande en quoi sont faits ces matelas, qui me permettent de ne pas transpirer à flots, pendant la nuit, alors que la température ne baisse pas. J’ai un jour soulevé le drap et on croirait que la surface est de plastique, ce qui est inconcevable.

 

En tout cas, hors le babil de deux messieurs qui passent, alors que j’ai commencé à m’endormir, et que je suppose danois, vu qu’on croirait entendre des baillements de chien épuisé, le silence sera royal cette nuit.

 

C’est mon petit réveil qui sonne et me fais ouvrir l’œil. Il est sept heures et j’aurais bien dormi encore une heure… hop, sous la douche, et je note, entre deux barreaux de ma fenêtre, un nouveau gekko – le fils du décédé d’hier, je suppose. L’eau est encore froide, et ça vous réveille. Je me rase, m’apprête, file au petit déjeuner, l’engouffre et retourne dans ma chambre, pour terminer mon baluchon. Ensuite de quoi, je file à l’entrée, où le tuk tuk de service me saute dessus. On a vite discuté le prix de la course, et me voilà parti à la gare routière, à deux ou trois kilomètres de là.

 

La réception y est amusante ; on croirait arriver dans un aéroport, avec deux personnes en uniforme qui guettent les passagers qui arrivent et aident, gants blancs en place, à sortir le bagage du tuk tuk, pendant qu’on paie le conducteur, puis vous demandent vers où vous voulez aller. Selon la destination, on vous dirige alors vers l’un ou l’autre guichet où, selon votre choix, on vous vend le billet que vous souhaitiez obtenir ; vous pouvez même encore discuter le prix... Dans mon cas, je voulais le prochain VIP vers Bangkok. Ca tombe bien, il arrive dans quelques minutes, et partira presque aussitôt. Les renseignements du guesthouse étaient exacts. Je paie mon billet, et file au bout de la salle ouverte, pour aller me prendre un café. J’imagine que, vu l’heure, j’aurai droit à un petit déjeuner supplémentaire dans le bus, servi par une hôtesse au calot crânement porté sur le côté – du moins, si j’ai acheté un billet VIP de chez VIP. On verra. En attendant, un café ne peut pas faire de mal.

 

Le bus est un VIP normal, à moitié plein. Nous aurons droit à un stop le long de la route, où notre repas de midi, relativement frugal, nous est offert. Un truc bien épicé, à choisir dans une séries de plats qui vont entre l’épicé et le très épicé. Je ne me plains pas J

 

Je suis le seul étranger, le seul falang, dans le bus, ce qui fait que, puisqu’il y avait de la place, on m’a mis bien seul, pour que je ne fasse pas peur aux enfants.

 

La route est longue et ennuyeuse : nous sommes sur la grande plaine qui descend doucement, sans le moindre accroc, de Sukothai à Bangkok. Rien de spectaculaire, comme la route qui va de Mae Sae à Chiang Rai, ou de Chiang Rai à Chiang Mai. Ici, c’est la civilisation gaie et prévisible comme la Beauce.

 

A notre arrivée, vers les quatre heures, à la gare routière de Bangkok, je récupère ma valoche, passe à travers les taxis qui se proposent pour des sommes effrayantes à me conduire à mon hôtel, et vais à la vraie file de vrais taxis. Une heure plus tard, je suis dans ma chambre, à Prasuri, pour la nuit. Demain, départ pour le Sud. En attendant, une soirée dans la capitale. Je traînerai peut-être un jour ici, pour aller voir une attraction que j’ai toujours remise, à tort : la maison de Jim Thompson – quoique, à la réflexion, pas de blème. J’y irai dans le courant de la matinée. Je ne puis croire qu’il soit nécessaire d’y passer une journée entière… C’est dit. Demain matin, maison de Thompson ; demain soir, hop dans le bus, pour aller à Krabi.

 

22:27 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

I love you guy

Écrit par : Anja | 29/11/2006

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