23/11/2006

A mobylette, dans la campagne

Le moteur de la mob’ remis en marche d’un coup de talon nerveux – toujours moins facile, le coup de talon nerveux, quand on porte des flips-flops – nous démarrons, elle et moi, vers de nouvelles aventures. D’abord sortir du domaine du temple, sur le petit chemin cahotant que nous avions pris pour entrer, puis nous voilà sur la route. Une vache sur le bord du chemin, m’observe attentivement alors que je passe. BabyIci, elles sont mignonnes, les vaches, avec leurs grands yeux doux, façon vaches de partout dans le monde, et leurs grandes oreilles genre lapin-bélier. Caressantes, de plus. On irait jusqu’à s’en prendre une comme animal de compagnie, si elles n’avaient pas, comme leurs cousines européennes, la sale habitude de faire pipi et caca sans prévenir et sans choisir l’endroit. 

 

Mieux vaut donc les laisser dehors, pour préserver la paix du ménage et la propreté du salon. Quoiqu'il semble y avoir des filles qui n'ont rien contre les vaches...

Sweetie

 

Les petites routes sont, finalement, dans un état plus que correct et je peux rouler sans vraiment faire attention au possible danger d’un éventuel nid de poule. Les paysages qui se déroulent des deux côtés de la route sont charmants et tranquilles. Une maisonnette, à intervalles réguliers, flanquée de son séchoir à tabac et, derrière elle, un jardin maraîcher avec tomates et des légumes que j’ai mille fois vu sur les marchés ou dans mon assiette, et dont j’ignore toujours les noms. Bons à manger, en tout cas. Chaque fois que je m’arrête, au spectacle d’un coin de rizière buffleou devant celui d’une maison, aux habitants usuellement perchés sur la terrasse, une bière à la main, je suis entouré par des gosses curieux qui viennent voir à quoi mon fougueux destrier ressemble. Je leur donne mes derniers bonbons et deviens instantanément très populaire…

 

Il n’est pas inhabituel, bonbons ou non, de se faire héler par l’habitant qui vous demande d’où vous venez, tout fier de pratiquer son anglais devant le reste de la famille ébahie, qui devient franchement rigolarde et amicale quand vous vous essayez à un peu de thaï. Le vieux monsieur de la maison apprécie le fait que vous lui présentiez un wa respectueux, et que vous souriiez à madame. Quand vous avez le temps, c’est un verre garanti en société, quand pas un dîner partagé mais, quand il se met à faire sombre, et que vous souhaitez décliner l’offre, car sinon vous vous perdriez dans le lacis des petites routes, c’est le drame.

 

Heureusement, le plus malin de la bande a, lui, un vélo et vous promet de vous guider jusqu’à la grand route.

 

Ce sera sur la grand route alors, en réalité, que les plus grands dangers peuvent vous guetter, vu la manière assez… poétique dont le conducteur local conduit, mais il y a des fois où un « non » est si difficile à dire… Il m’est ainsi arrivé, dans le but de survivre aux dangers routiers et nocturnes, de dormir chez l’habitant, puisque j’avais pu téléphoner à l’hôtel dont j’avais, par prudence, gardé la carte, pour signaler mon retard jusqu’au lendemain. C’était, ainsi que dit, moins dangereux quant à la route, mais les moustiques…

 

Les maisons sont entourées de jets de bambous. Ca monte vite jusqu’à des trente ou quarante mètres, ces trucs là, et les plus tendres montent d’un mètre par jour. Certains sont tout à fait comestibles. Vu que, pour pousser, ça profite assez bien de l’humidité, c’est usuellement bourré de moustiques qui, eux aussi, aiment assez bien croître et se multiplier dans une atmosphère bien humide. Comme de juste, dès qu’à une distance raisonnable, de la bidoche vivante circule, avec du sang au milieu, les moustiques vous bondissent dessus de toute la vitesse de leurs petites ailes et vous sucent pire que des contrôleurs des contributions. De toute évidence, aussi, le touriste blanc plaît beaucoup au moustique local et, que vous soyez en soirée, seulement assis à partager une bière, ou que vous soyez couché dans la salle commune, couvrez-vous, si vous n’aviez pas songé à prendre votre (relativement efficace) répulsif.

 

Aujourd’hui, je me tire d’affaire avec une mangue partagée avec les gosses, un peu de bavardage sur le bord d’un chemin, avec un vieux paysan, bavardage précédé et suivi d’un wa bien respectueux qui me fait obtenir, du coup, un petit sachet de tabac « fait à la maison ». Si je fumais, je suis certain que ce tabac ferait mon bonheur, mais voilà... J’ai rapporté ce genre de sachet de tabac qu’on m’avait offert, ou que j’avais acheté sur le marché, à l’occasion, en Europe, et mes copains fumeurs et aventureux ont cru s’évanouir tant c’est fort.

 

Bientôt arrivé à mon hôtel, je balance un instant, puis me dis que j’ai le temps. Je passerai un jour de plus, à me promener dans les campagnes sur la mob’ que je réserve. C’est tellement charmant, ici…

19:05 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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