04/10/2006

Les marchés de nuit

Sur les marchés de nuit, on fait du shopping - une rage, en Thailande, mais une rage qui vise de plus en plus les touristes - et on mange. Les Thailandais passent le temps à bouffer. Quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit, ils s'arrêtent à toutes les petites popotes, dans lesquelles, sur lesquelles chauffe la spécialité du patron: des poulets, des poulpes, des poissons, des trucs et des machins frits, sur lesquels, immanquablement, on verse une sauce pimentée qui n'est jamais assez forte pour les locaux, qui rajoutent à la sauce pimentée une poudre de piments sèchés, mais qui ferait s'évanouir du choc un grand nombre d'occidentaux innocents. Par contre, pour les étrangers qui ont découvert la cuisine thai de bord de route, il n'y a jamais assez d'épices, et nous impressionnons alors les locaux, par l'ajout démesuré que nous faisons de piment supplémentaire.

 

A Chiang Rai, la cantine du marché de nuit, c'est une grande place encombrée de tables, entourée de cantines qui fonctionnent dès le soir venu. Chacun prépare, donc, son truc à lui; deux sont spécialisés dans la distribution de boissons, et un petit dernier fait dans le grignottage d'apéritif: ce sont différents coléoptères sèchés, grillés, salés, qui accompagnent agréablement la bière vespérale. Nous nous installons à côté de cette dernière popotte, bières commandées, pour faire venir à notre table des criquets, des vers, des asticots, des hannetons, des trucs et des machins qu'il est étrange de manger, mais qui ne sont pas mauvais du tout. 

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Enfin bon, il faut quand même, d'abord, penser à autre chose, alors qu'on s'enfile les premiers zakouskis.

 

C'est alors que nous sommes en train de nous mettre en forme pour le repas, à coups de sauterelles grillées, que nous recevons l'appel d'Abdelkrim, entrant en ville dans un minibus qui l'a pris sur la route, et d'une humeur massacrante. On lui dit où on est et on se jure bien de ne faire aucun commentaire, de ne poser aucune question. C'est bien lui qui, tôt ou tard, pour faire sortir la vapeur, nous racontera ce qu'il aura envie de nous raconter. Une fois qu'il nous a rejoint, effectivement, nous aurons droit au détail de ses dépenses destinées à corrompre les officiers qui n'attendaient que ça, et son départ, trois heures perdues et son viagra itou, vers Chiang Rai. Il noie son agacement dans la bière, gromelle encore quelques commentaires désagréables concernant les flics locaux, puis nous demande où se trouve le prochain bordel, vu qu'il doit se changer les idées. Nous le remettons à un tuk tuk, tout en nous assurant qu'il saura revenir jusqu'à l'hôtel, et qu'on pourra, demain en fin de matinée, le remettre dans son avion.

 

Fin de la soirée.

00:17 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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