30/09/2006

Viagra, viagra, viagra...

La police Thailandaise est toujours d'attaque, quand il s'agit de vérifier les bagages des touristes qui reviennent du Nord. Nous avions bien tranquillement voyagé, sur nos éléphants, puis dans une antiquité à quatre roues, de retour jusqu'à Ta Chi Leik. Arrivé là, nous prenons une heure à faire le tour du marché - en d'autres mots, de la ville - pour voir tout ce qui est offert: des montres de toutes marques, mais fausses; des vêtements de toutes marques, mais faux... Des filles, des films cochons, des appareils à l'usage douteux, du tanaka, encore et toujours, du cialis et du viagra, ainsi que du viagra, et encore du viagra.

 

Abdelkrim s'achète, malgré les respectueuses remontrances d'Ange, deux douzaines de boites de viagra, à un prix qui semble être très compétitif, sauf que, selon Ange, le produit est tellement faux que la seule chose qui s'élèvera, à l'ingestion d'une boite entière de ces fameuses pilules bleues, ce sera le taux d'acidité de l'estomac. J'en rajoute une couche, rappelant à Abelkrim que la maréchaussée thailandaise fouille assez souvent les véhicules qui reviennent de Mae Sae, vu les achats de produits parfois pas tout à fait légaux qui peuvent se faire dans la région. Bon, usuellement, on parle d'opium, mais les flics ont la vue large et des intérêts variés. Abdelkrim, farouche, n'a cure de nos bons conseils. Il me faut supposer qu'il a des appétits supérieurs à ses moyens. Tant pis pour lui.

 

Après qu'Abdelkrim se soit donc acheté son espoir en boite, je repasse la frontière légalement, pendant que les autres la repassent, hmmm, moins légalement, via la rivière. Nous nous retrouvons devant notre guesthouse et montons dans un minibus qui nous attendais. Départ vers Chiang Rai, où je mettrai mes deux zouaves dans l'avion, pour Bangkok, d'abord, puis pour l'Europe, pendant que je poursuivrai mes périgrinations. La route est belle et serpente entre les collines d'un vert d'émeraude. Le minibus est confortable, quand on y est à six, la mission est finie et nous nous relaxons.

 

Quand un flic nous pousse sur le côté, à l'occasion d'un contrôle, à quelques kilomètres de Chiang Rai, tout change. La fouille est rapide, mais la caisse de viagra d'Abdelkrim l'égorgeur fait mauvais genre. Il est immédiatement arrêté, pour trafic de substances restreintes, comme on appelle cela. En d'autres mots, il n'est pas pharmacien, et ne peut expliquer à la maréchaussée la possession d'une véritable pharmacie. On le lache avec les flics, auxquels il aura certainement à payer une bonne centaine de dollars - c'est un tarif connu... - avant d'être relaché, sans son viagra. Si on restait, avec lui, la somme destinée à la rançon doublerait...

 

Pour le reste, la fliquerie locale a sa dignité, comme toute fliquerie, et ne souhaite pas montrer au grand jour son niveau de corruption. Les savantes tractations qui se feront entre Abdelkrim et l'inspecteur chargé de son cas doivent rester confidentielles. Pas de témoins étrangers.

 

On joue donc aux touristes innocents qui ne savaient pas, et ne connaissent pas le traficant criminel, tout en lui rappelant, mezzo voce, que, dès qu'il sera relaché, contre espèces sonnantes et trébuchantes, nous sommes à tel hôtel, où nous l'attendons prochainement... et que son avion s'envole demain soir.

 

Et puis nous repartons, à cinq, en ricanant sous cape. Ce n'est pas beau de notre part, mais vu qu'on sait la faiblesse de notre tueur, et qu'il n'est pas là, ce serait gros de se gêner. Arrivée à Chiang Rai, et installation dans notre petit hôtel discret, douche, et puis promenade tranquille jusqu'au centre ville, et massage. Ah, les massages thailandais, traditionnels et honnêtes, restent une bénédiction.

 

A Chiang Rai, j'ai un établissement préféré dans lequel une enragée entre deux ages et au PMS permanent, se fait une joie de torturer tout client innocent qui rentre chez elle. J'envoie Binska en éclaireur et, dès que, dans la distance, je crois noter qu'elle a hérité de l'hitlérina du massage thailandais, je pousse mes petits camarades dans le salon. Deux heures plus tard, ladite Binska sort en se demandant si c'était Nagasaki, ou si c'était Hiroshima, qui lui était tombé sous la tête. Pour nous, c'était, comme toujours, merveilleux.

 

Un massage thailandais dit "traditionnel", c'est deux heures de nirvana.

 

Vu l'heure, nous décidons de ne pas prendre de tuk tuk pour retourner à l'hôtel, et allons directement au marché de nuit, pour la soupe.

23:56 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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