06/09/2006

Ta Chi Leik

Arrivée en début de soirée à Mae Sae, on file dans la rue qui longe la rivière, et on se trouve un petit hôtel tranquille, où je suis connu ...

 

... et où je remplis les formulaires d'accueil, en oubliant, bien entendu, d'inscrire nos deux voyageuses. Nous passons une soirée amusante, après une petite promenade dans Mae Sae - petite, vu que les deux rousses sont en talons et tenues vacancières. Elles ne se rendent pas compte... On va ensuite chez Jojo, sur la rue principale, et on dîne aux bougies, vu que l'électricité a sauté. La bière, qu'elles boivent en quantité industrielle, fait passer l'expression de leur joyeuse pétulance du rire cristallin au barrissement éléphantesque puis, vu que l'alcool les rend amoureuses, au bon gros gloussement vaginal de derrière les fagots, accompagné de regards en coulisse. Excellente nourriture, épicée à souhait, par ailleurs... Repas terminé, nous aidons Ange le maque à remettre Grace et Mary - elles s'appellent Grace et Mary - sur leurs talons, puis à mi les pousser, mi les tirer, mi les transporter (ça fait trois moitiés, mais Grace et Mary sont assez rondouillardes) jusqu'à l'hôtel où nous essayons de rentrer en fin de soirée, en toute discrétion... Croyant que nous sommes en train de faire rentrer, dans nos chambres, des péripatétitiennes locales, le directeur ferme un oeil et regarde de l'autre côté. Nous couchons les filles, après les avoir mises à l'aise, sur le grand lit qu'Ange le maque partagera avec elles. L'heureux homme. A peine étalées sur le lit qu'elles vont partager, la première se met à ronfler, pendant que la deuxième, roulant sur elle même, se vautre à moitié sur sa compagne. Aye Aye va nous bénir.

 

Une nuit tranquille pour nous, les garçons - pour Ange, je ne sais pas - et, le matin, après avoir soudoyé deux gardes frontières - l'un birman, l'autre thai -, profitant de la stupeur alcoolique de nos deux ravissantes, nous passons la rivière, à deux cents mètres, tout au plus, du passage officiel. Pour les deux filles qui se mouillent les pieds, on leur explique qu'il a beaucoup plu, et que c'est la route qui est un peu inondée: dans deux pas, une nouvelle voiture, quelques kilomètres de route, et puis les gentils néléfants pour le trek.

 

Avec ça, vu qu'elles sont à moitié endormies et que leur gueule de bois les empêche d'ouvrir les yeux ou de protester, disons qu'elles sont satisfaites par nos explications. Une fois la troupe arrivée de l'autre côté, tout le monde entre dans une maison désignée et je retourne sur mes pas, repasse illégallement la rivière, aidé de nos deux gardes frontières, afin de passer officiellement par le poste frontière de Mae Sae. Ainsi, il y aura au moins un passeport - je veux dire, un document de voyage, puisque mon passeport restera dans les bureaux de la douane - correctement estampillé, au cas où... La porte de Ta Chi Leik m'attend, ainsi que des dizaines de petits mendiants, amateurs de piécettes, de bonbons, de stylobilles, de n'importe quelle babiole qui leur permettrait de se croire dans un pays de cocagne. Derrière eux, des dizaines de vendeurs de tout et de n'importe quoi, et des conducteurs de tuk tuk agonisants, qui vous chuchottent "girls, girls, girls", "young girls, young girls, very young girls", ou "viagra, viagra, viagra"...

 

Si on cherche bien. On trouve aussi des trucs et des machins à manger. Usuellement, sur la gauche du pont, il y a un musulman qui fait des samousas absolument délicieuses. Chaque fois que je passe, je lui en prends.

 

Frontière passée, mon passeport précieusement gardé par les locaux, mes dix dollars aussi, je tourne, agressé par une douzaine de demoiselles plâtrées de tanaka, montrant leurs jambes fines, et me proposant leurs services, passe à travers le groupe, prends pour vingt bathts de samousas chez mon musulman et rejoins mes camarades, planqués à deux rues de là, dans une voiture banale pour l'endroit - c'est à dire: une antiquité américaine; une ruine. Au volant, notre conducteur habituel, qui machonne une chique de betel. A côté de lui, Abdelkrim l'égorgeur, à l'arrière, Ange et ses deux conquètes. La banquette avant permet à trois personnes de s'assoir presque confortablement, et le trajet n'est, de toute manière, pas fort long: une bonne demi journée, peut-être...

 

Le voyage commence vraiment.

17:19 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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