04/09/2006

La croisière du tanaka (premiers mouvements)

Le métro suspendu de Bangkok est une merveille climatisée, dans laquelle on traverse la ville avec une vue, entre une double haie de bâtiments de cinquante étages... Je ne lui connais qu'un concurrent sérieux: c'est le métro de Kuala Lumpur.

 

Dépendant des heures, il est vide, ou est... un petit peu moins vide. Mais si peu moins...

 

Des messieurs en uniforme et en gants blancs vous font un salut militaire, alors que vous entrez dans les stations, et vous guident dans un anglais imparfait, mais avec une bonne volonté attendrissante, vers votre destination: le quai. La rame de métro arrivée, un courant d'air glacé vous accueille - agréable changement par rapport à la moite lourdeur du dehors - et vous permet, le temps de quelques stations, de quelques minutes, de savoir que les Jésuites qui parlaient d'un enfer froid avaient tort.

 

Je rentre de l'ambassade du Myanmar où je n'ai pas eu besoin, finalement, de nous organiser quelque visa "spécial" que ce soit: la rêgle, à la frontière terrestre de Ta Chi Leik, a changé et nous pouvons rentrer pour 15 jours sans plus de détails et sans surveillance particulière - il suffira de payer dix dollars américains par tête de pipe et... de laisser nos passeports au poste frontière. Dans le bon vieux temps - je veux dire, jusqu'au mois dernier - quand on rentrait à Ta Chi Leik, on avait droit à douze heures de séjour et à un éloignement maximal, de la porte de la frontière, de sept kilomètres. Les choses changent mais la confiance ne rêgne pas encore de manière totale.

 

Sorti du métro au terminus Taksin, je prends le bateau rapide sur le Chao Praya et remonte jusqu'au vieux Bangkok, là où l'on est installés, dans mon gueshouse habituel, avec Ange le maque et Abdelkrim l'égorgeur. Le long du chemin, on croise des long tails et les sillages qui se croisent arrosent plus d'un passager. En arrivant, j'apprends, au simple spectacle du visage hilare d'Ange, que les deux anglaises rousses, buveuses de bière, tatouées, grassouillettes et vulgaires sont dans le sac - si j'ose dire. Bonne nouvelle. Nous pourrons démarrer prochainement vers le Nord, et passer la frontière birmane de manière discrète.

 

L'entrée en Birmanie - enfin, au Myanmar - est facile, finalement, puisque la surveillance s'applique dans l'autre sens . C'est en effet la sortie qui peut être, parfois, moins facile, quand les douaniers thailandais fouillent les sacs des visiteurs d'un jour, à la recherche de produits de contrebande, tels que du viagra (faux), du cialis (tout aussi faux), qui mettent en péril les viagra et autre cialis (faux) des trafiquants thailandais. La dernière fois, je les ai vu arrêter un vieux touriste anglais, avec sa très jeune compagne locale, sous le prétexte qu'il avait seize boites de viagra d'importation birmane (dont une déjà entamée) dans les poches. De quoi tenir quelques jours, ou bien, du point de vue des gabelous Thailandais, de quoi faire un commerce qui ferait de l'ombre aux petits vendeurs locaux.

 

Après une rapide conférence avec mes deux séides, la décision est prise: démarrage vers Chiang Rai demain soir. En attendant, on va manger un bout. Ange le maque va chercher ses deux grâces qui descendent peu après, perchées sur leurs talons hauts.Elles ne nous décevront pas, pendant le repas, picoleront comme des Suédoises et nous raconteront leur vie: l'une est Anglaise, l'autre, Irlandaise. Toutes deux sont copines de toujours, institutrices et des habituées de la Costa Brava, qui ont voulu changer un peu cette année, afin de comparer le prix de la bibine. Elles sont ravies à l'idée d'aller faire un trek à dos d'éléphant, dans le Nord (c'est ce qu'Ange le Maque leur a promis), surtout avec d'aussi beau garçons que nous (rire vaginal et oeillade assassine).

 

Il n'est pas minuit que nous avons reconduit les deux bestiaux dans la chambre qu'elles partagent avec Ange, et que nous nous couchons. Demain, en fin de matinée, démarrage vers Chiang Rai, puis Mae Sae, dans un minibus noélisé pour l'occasion. 

19:43 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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