31/08/2006

La croisière du Tanaka (préparatifs)

Ma rencontre chez Sophie's, change mes plans touristiques et ma recherche d'anciens copains. C'est donc ainsi que je me retrouve, après avoir passé quelques jours à Phnom Penh, de retour à Bangkok, à préparer un petit voyage en Birmanie. Pour faciliter les choses, l'entrée en Birmanie - enfin, au Myanmar, comme on dit pour le moment - ne se fera pas par l'entrée aéroportuaire de Rangoon - enfin, Yangon -, par laquelle on est trop manifestement fiché, mais par celle de Tai Chi Lek. Là, on ne peut entrer au Myanmar qu'une journée, officiellement, et ne pas s'éloigner de la porte frontalière de plus de sept kilomètres. En réalité, bien évidemment, il existe des accommodements...

 

Pendant que je suis en train d'arranger des visas, et un groupe d'éléphants, pour notre petite partie, Ange le maque, rentré avec moi du Cambodge, essaie de trouver la marchandise qui nous permettra de faire un bon troc avec Aye Aye (prononcer "è è"), la baronne du tanaka, au Myanmar.

 

Alors que, grassement rétribué par une compagnie japonaise dont les intérêts en pêcherie baleinière prévenaient toute distribution du tanaka, j'avais donc quitté, du jour au lendemain, Fujiko et la Belgique, j'avais donc arrangé une filière pour obtenir toute la production de tanaka au Myanmar, dans le but de faire détruire tout ce qui était destiné à l'exportation. Heureusement, ce n'était pas derche. Ma filière passait par la "baronne" du tanaka, une dame du nom de Aye Aye, qui avait décidé que se battre contre les chefs de la drogue, dans le triangle d'or, ce n'était pas particulièrement bon pour la santé, et elle s'était trouvé une bonne petite sinécure qui lui permettrait de s'enrichir sans trop de risques pour la vie.

 

Le tanaka, à ce jour, n'est produit que dans le nord du Myanmar, là où l'on rafinne, par ailleurs, l'opium et tous ses dérivés. Il s'agit, au résultat final, d'une poudre légèrement (et agréablement) parfumée, produite quand on moud les racines d'un buisson lui aussi connu, localement, sous le nom de tanaka. On prends les racines de l'arbustre, donc, on les lave, on les déchiquète et on les moud, puis on laisse sècher la poudre obtenue et on la met en sac. Plus facile, tu meurs, et le produit, vu qu'il ne produit qu'un gain modeste, en Birmanie, n'intéresse pas les gros poissons de la drogue, ni le directorat militaro socialiste qui dirige le Myanmar plus ou moins démocratique.

 

Aye Aye avait donc organisé son petit businesse tranquillement, et on s'était bien entendu. Je lui laissais sa part de tanaka pour la consommation énorme qu'en font les Birmans, et je récupérais le reste, avec ma fine équipe, contre un honnête paiement. Nous partions alors bruler le fruit de notre échange dans un coin reculé.

 

Aye Aye avait accepté avec d'autant plus de facilité mes propositions commerciales, qu'elle n'avait pas la moindre idée de la manière dont elle aurait pu exporter le produit en question. J'avais, de plus, appris le détail de son péché mignon - les grosses rousses vulgaires et anglaises à la fois - et, peu regardant sur les moyens, pour autant que la fin soit en vue, j'avais tout arrangé avec Ange le maque pour lui faire avoir, à chaque échange, en plus d'un modeste paquet de dollars américains, deux demoiselles rencontrant les fantasmes de Aye Aye. Je crois comprendre qu'elle avait beaucoup souffert, entre les pattes de son mari, dans le temps et que, divorcée ou veuve, elle avait décidé qu'elle trouverait son bonheur indépendamment des hommes.

 

Pendant que j'arrangeais notre équipée, Ange était, se promenant à Khaosan, à chercher deux rousses grassouillettes et bien gueulardes, genre vacancières à Benidorm, boites de bière à la main, tatouages et piercings en option, pour nous arranger notre petite affaire.

19:03 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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