15/08/2006

Parenthèse lusitano-franco-nippone

Rouler de Sophie's à Angkor Palace n'a pas été de tout repos. Sur la route, alors que j'étais prudemment assis derrière mon conducteur - je connais la fliquerie locale - on a été arrêté parce que nous roulions... trop prudemment. Ils auront tout essayé, ces crétins. On a même essayé de me persuader que la loi interdit au conducteur d'un moto taxi de prendre en croupe un passager dont le degré d'alcoolémie dépasse le verre... soit 0.05%. J'ai immédiatement suggéré d'appeler l'ambassadeur, ce qui a refroidi l'enthousiasme de la maréchaussée. Mon conducteur, par contre, la trouve saumâtre, vu qu'il sera un peu dans le collimateur des pandores, déçus dans leur espoir de rapines, pour les prochaines semaines.

 

A mon retour à l'hôtel, il me faut obtenir ma clé à la réception. Pendant que Môssieur le réceptionniste farfouille pour la retrouver, des demoiselles affectueuses, sorties dès que je suis arrivé dans le hall de l'hôtel, du bistrot attenant, avec table de billard et écran géant, me prient de venir partager leur couche, via un court passage au bar dans lequel il y a de la jolie musique, un billard et un écran géant sur lequel un match de foot anglais se déroule.

 

Tout ce que je cherchais en venant au Cambodge...

 

Heureusement, les demoiselles ne sont venues m'entretenir qu'à trois, vu que quelques clients - nous sommes en basse saison, de toute évidence - occupent le plus grand nombre des demoiselles en question.

 

Hm, ça fait bizarre, dit ainsi. Non, mon intention n'était pas de dire que je suis capable de me débrouiller à l'horizontale avec trois Messalines.

 

Je parviens à échapper au groupe, pour reprendre les escaliers et, arrivé au quatrième étage, pour chasser mon affectueuse d'hier soir qui m'attendait de pied ferme, à tout hasard, devant ma porte. Ce que c'est, que d'être aimé. En tout cas, si la malheureuse faisait le pied de grue pour mes beaux yeux, ce soir, c'est que les affaires doivent marcher bien lentement, pour le moment. La basse saison est vraiment basse.

 

Alors que je suis enfin parvenu à fermer ma porte, je rêve à l'intéressante réunion que j'ai eue à Sophie's, avec Ange le maque.

 

Une parenthèse sur les Japonaises, les Françaises, les Portugaises et sur la fabrication des produits de beauté.

 

Il faut savoir qu'il y a quelques années, j'avais eu une aventure amoureuse avec une créature lusitano-ménapienne. Aurelia, qu'elle s'appelait. Aurélia avait de beaux yeux, d'excellentes dispositions pour les sports en chambre et elle cuisinait pas mal du tout. Pour les défauts, elle fumait, se maquillait plus que de raison, avait la jambe courte, ainsi qu'un grand nez. De plus, elle était jalouse comme Anatolienne vieillissante, et la graisse sournoise était en train de lui pourrir la vie. Quoique, dans le cas d'Aurelia, la graisse n'était pas sournoise du tout, vu qu'elle s'accrochait à son ventre qu'elle lui faisait déjà digne d'une grossesse au troisième mois. C'était de famille. J'ai vu sa mère qui ressemblait, avec vingt ans d'age de plus, oeuf corse, à une barrique de bière.

 

Les filles angoissent toujours quant à d'ignobles granules de cellulites envahissant le popotin, puis les cuisses, par derrière, leur faisant ce qu'il est convenu d'appeler des culottes de cheval, qu'elles trouvent - à juste titre - parfaitement disgracieuses. De ce fait, une Aurélia surveillait son derrière avec un oeil d'aigle, guettant l'ennemi, se contorsionnant devant la glace deux fois par jour, pendant que l'ennemi arrivait par devant et qu'elle ne le voyait pas venir, concentrée qu'elle était sur ses fesses. Salaud d'ennemi...

 

Aurélia manifestait, comme toute fille cherchant à se caser, d'intéressantes dispositions au lit. Ca donnait des journées et des nuits très occupées, vu qu'elle avait, tout comme Fujiko, bien analysé les garçons et s'était dit que plus ils étaient occupés à l'horizontale, moins ils allaient traîner dans la rue ou au bistrot, avec les copains, à risquer de rencontrer des rivales et des créatures de mauvaise vie.

 

Le problème d'Aurélia, c'est qu'elle voyait les rivales comme Don Quichotte voyait des hordes de bandits, dans chaque moulin à vent. Il y avait une ex' qui ne parvenait pas à décrocher; il y avait une "amie de coeur" et qui, dans ma tête, ne serait jamais rien d'autre, et qui s'appelait Marie; et il y avait Fujiko, qu'elle ne connaissait heureusement pas.

 

Fujiko, donc...

 

Fujiko était le type même de la beauté japonaise. La Japonaise est rarement jolie: la jambe Louis XV, l'oeil avec, pour le moins, une coquetterie, comme on disait du temps de Napoléon III. Lire: il n'est pas inhabituel qu'un oeil dise zut à l'autre (strabisme convergent), ou que l'un des deux yeux joue au billard pendant que l'autre compte les points (strabisme divergent). Ajoutons des dents qui se chevauchent d'une manière étonnante; un derrière plat au dessus des jambes torses, et d'intéressantes éruptions de boutons d'acné jusqu'à la ménopause. Il n'est pas étonnant que nos amis les soldats Japonais aient, pendant la dernière guerre, voyagé avec tant d'enthousiasme, dans le but de rencontrer les beautés exotiques de Corée, de Birmanie, du Laos ou de Chine. A leur place, j'en aurait fait autant - sauf qu'il y avait Fujiko.

 

Fujiko avait un visage de rêve et un corps délicat qui ondoyait comme une liane. Un visage hiératique, les yeux regardant presque toujours le sol, les paupières lourdes. L'oeil se relevait parfois, pour jeter une oeillade d'un instant, qui foudroyait.

 

Elle avait aussi une poitrine existante - à la différence de la plupart des Japonaises - et - à la différence de la plupart des Japonaises, une fois de plus - un charmant derrière. Comme la plupart des Japonaises, par contre, elle avait d'adorables petits pieds, des cheveux qui permettaient tout et une voix murmurante qui faisait fondre. On a toujours le sentiment, quand on entend une jeune fille japonaise parler, que ce soit à son amant, à sa meilleure amie, ou au contrôleur des contributions, qu'elle est en train de réciter les fragments d'un discours amoureux, qu'elle roucoule à un petit enfant en train de s'endormir.

 

Elle avait cependant la parole rare, mais toujours fine, et le geste tendre.

 

Elle était capable de se maquiller pendant une heure, alors que nous roulions pour aller chez des amis, se peignant la bouche avec application et sans que cela se remarque un instant, quand nous arrivions. Elle avait alors une bouche parfaite, ou des yeux qui tuaient, avec des pomettes légèrement rosées, sans que jamais on ne puisse y imaginer autre chose qu'une beauté naturelle.

 

Enfin bref, j'étais épris de Fujiko.

 

Pendant qu'Aurélia se disputait avec mon ex', par l'intermédiaire de ma bàl à laquelle je lui avais donné accès (grave erreur...) et qu'elle surveillait, avec des yeux de loup enragé, mon entourage - pour vérifier qu'il n'y avait aucune rivale dans le coin - Fujiko était en vacances à la maison, à Hokkaido. Fujiko et moi-même communiquions via une autre adresse électronique que celle connue d'Aurélia. Elle devait rentrer en septembre.

 

Son boulot, dans une grande compagnie japonaise dont je parlerai bientôt, était celui de jolie plante. Ils ont cela dans les compagnies japonaises. Des Geishas modernes. Pays béni des dieux, parfois, s'ils avaient davantage de jolies plantes.

 

Ayant fini de se disputer avec mon ex', Aurélia s'était rendu compte que, finalement, malgré ses prouesses horizontales et sa cuisine portuguaise délectable, elle ne m'intéressait qu'à moitié et avait décidé de rompre avec moi. Bien entendu, de manière assez enfantine, elle avait décidé que si elle ne pouvait m'avoir à ses pieds, personne ne le pouvait. La flèche du Parthe fut donc, pour elle, d'envoyer un message de martyre à mon amie de coeur, Marie.

 

Oui, j'avoue, avec les filles, chez moi, c'est souvent compliqué.

 

Elle prit donc, dans mon carnet d'adresse, celle de Marie, lui raconta je ne sais quoi, et Marie disparu.

 

Bon, je développerai la prochaine fois. Il est tard, ce soir, à Kuala Lumpur. La suite à plus tard.

16:18 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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