09/08/2006

Phnom Penh le jour

Les dégats faits par les Khmèrs rouges sont encore visibles, quinze ans plus tard. D'abord, ils avaient vidé la ville de ses habitants, tué tout ce / ceux qu'ils pouvaient; ensuite, ils avaient bousillé tous les temples. Aucun des temples bouddhiques de la région n'est d'origine, sinon celui du Roi, resté, impavide et aveugle à la détresse de Ses sujets, sur son trône, tout le temps de la présence des Fous Dingues, puis des Occupants Viêtnamiens.

 

Je ne suis pas certain qu'il mérite une médaille pour le courage et l'altruisme. Par contre, il devait trouver la place bonne, pour l'avoir gardée, sans piper mot, tout le temps des années noires.

 

En contrepartie de Son silence, le temple aux dalles d'argent -Son temple - n'a pas été détruit. Les dalles n'ont, elles même, pas été volées par les vrais maîtres du pays. La famille royale est restée sauve.

 

Enfin donc bref, il reste, au Cambodge, un temple dont les origines sont anciennes - enfin, deux siècles, à tout casser - hors les temples angkoriens qui faisaient peur aux petits crétins destructeurs, rapport aux diables qui les occupaient.

 

Braves diables.

 

 

Pour le reste, des bâtiments anciens, témoignage du passé colonial prestigieux du Cambodge, dans un état usuellement lamentable...

 

 

...et des bâtisses genre HLM pisseux, dans lesquels s'accumule une population braillarde et rigolarde.

 

 

Les mémères causent tranquillement, d'un trottoir à l'autre, afin d'assurer l'animation sonore du quartier. Personne n'utilise son avertisseur, ce qui est bien malheureux quand on voit l'usuelle maladresse des conducteurs. Les ambulances ont du travail, par ici; les rebouteux aussi. Il faut faire attention quand on traverse, pour aller d'un spectacle à l'autre.

 

Le Cambodgien est badaud: qu'il s'agisse d'une poule qui agonise dans d'atroces souffrances - rapport à la grippe aviaire - ou deux vieilles qui se chamaillent pour une patate, la foule se rassemble et se repaît du spectacle. Je suis assez Cambodgien, ici , et tout est bon pour m'arrêter, sur la route que je me suis plus ou moins fixé. En cette semaine qui suit le nouvel an bouddhiste, il y a une fête des enfants, qui nous rappelle celle de la Halloween: les gosses, déguisés en divers démons, bénéfiques ou maléfiques, vont en bande, de magasin en magasin, chanter une chanson pendant que les deux démons les plus courageux entrent dans le magasin, le bénissent afin de le protéger pour l'année qui commence, et reçoivent une poignée de bonbons pour fruit de leur travail.

 

 

Je les suis quelques instants, puis me décide à aller voir vers le marché russe, s'il y a des choses intéressantes. Je hèle un moto-taxi dont la méfiante pondération me met en confiance, et roule ma poule.

 

10:27 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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