09/07/2006

Petit déjeuner au restaurant de la Vache qui Rit

... suivi d'un dîner à Phnom Penh...

 

Voilà quelques journées studieuses et cyclistes passées dans le domaine des temples d'Angkor, mais il n'est de bonheur qui ne se termine. Les pass que l'on achète sont limités dans le temps, et coûtent une fortune. Le touriste est bien devenu, au Cambodge, une vache à lait. J'ai fait mon tour et ai des souvenirs pleins la tête. On ne me reverra pas ici avant deux ans, et la ville aura encore bien changé, je suppose.

 

J'ai acheté, hier soir, un billet de bus pour la capitale. On part tôt le matin, pour arriver dans l'aprème. La route qui relie Phnom Penh et Siem Reap est réputée correcte. Cela veut dire qu'elle est assez bien bitumée, et que les plus gros nids de poule y sont régulièrement rebouchés. Je me suis levé en retard, je me douche en un tournemain, rase le plus gros, me brosse les dents tout en terminant de boucler mon baluchon, fais l'impasse sur le petit déjeuner et file, sur le siège arrière d'une moto-taxi, vers l'endroit où l'on se rassemble pour prendre le bus.

 

Veine, le bus est en retard et la cantine en face est ouverte: j'y file me ravitailler. Une boulette de riz frit avec une viande qui me semble être du porc, et une grande tasse de thé. Ah, ça va mieux...

 

C'est alors que je fais attention à la pancarte qui orne la cantine:

 

Excellent...

 

J'ai revu souvent le dessin de la vache qui rit, sur les auvents des restaurants de rue, au Cambodge. En souvenir des vaches méritantes?

 

Mon petit déjeuner à peine avalé, le bus arrive. Un bon gros truc qui a l'air en état de rouler. Chacun dépose son bagage devant la soute. Deux employés les y rangent bien soigneusement et vous donnent un ticket témoin de retour. Ensuite, nous rentrons dans le bus et nous installons à nos places numérotées. La clim' fonctionne. J'ai une place à la fenètre et une voisine s'installe à côté de moi. Une jeune Khmère rieuse, en uniforme, qui ne parle pas un mot d'anglais. Son tonton et sa soeur, ou sa cousine, prennent place sur le siège devant nous. Elle sort un sac de fruits de son cabas, et se met à en manger, non sans en distribuer aux alentours. C'est gentil, je les accepte, et refile mon arme secrète - des bonbons - qui lui font bien plaisir aussi. Elle pépiera tout le trajet sans jamais faire attention au fait que je ne comprends pas un mot de Khmèr. C'est le genre de fille qui aime bavarder. Tout l'intéresse en moi, y compris les poils de mes jambes qu'elle se met soudain à tirer pour voir ce qui se passe. De toute évidence, les messieurs asiatiques ne sont pas trop velus. Je n'y avais jamais fait attention, jusqu'alors, mais je regarderai, les jours suivants, afin de voir quoi et, effectivement, remarquerai que les Cambodgiens n'ont pas trop de poils aux jambes. Pour les Cambodgiennes, je suppose que le rasoir magique fait son travail? Quoiqu'il en soit, quand on vous tire les poils, ça fait mal. Fifille me tire les poils? Je m'empresse donc, fidèle aux rêgles de la courtoisie internationale, de lui tirer les tresses - ai-je oublié de signaler qu'elle en avait deux, avec des noeuds rouges à la fin de chacune d'entre elles?

 

Ma Doué, la tête qu'elle tire... Interloquée, pour le moins, proche des larmes d'avoir subi une telle rebuffade... Elle essaie de m'expliquer qu'on peut tirer les poils des jambes des messieurs, que c'est parfaitement normal, que rien ne devrait l'en empêcher. Tentez d'imaginer, pendant les vacances, votre petite soeur tirant les poils du vacancier flamand en short, assis dans le train à côté d'elle... Bon, soit, ne voulant pas la mort du petit cheval, je lui fais un grand sourire, d'abord, une chiquenaude sur le nez, ensuite, et l'autorise à tirer sur les poils de mes jambes autant qu'il lui plaira. Après tout, nous sommes à moins d'une heure de Phnom Penh, et elle ne parviendra pas à tout arracher. Elle se relance donc au tirage des poils de mes jambes, en faisant attention  à n'en pas trop faire, histoire de ne pas voir ses nattes partir de sa tête.

 

En attendant, le paysage défile, les téléphones sonnent avec régularité dans le bus, l'un ou l'autre annonce son arrivée à PP dans les trois, deux, une heures qui suivent... Ma bavarde poilicide me fait ses adieux, car elle descend un peu avant le terminus, avec tonton et cousine, ou soeurette. Nous voilà arrivés; il n'est pas encore quatre heures.

 

A la sortie du bus, il y a l'usuel attroupement des tuk tuk proposant leurs services pour vous conduire à l'un ou l'autre hôtel. J'en choisis un - à moins que ce soit lui qui me choisisse - nous nous mettons d'accord sur un hôtel, sur son prix, chargeons mon baluchon sur son véhicule et nous allons démarrer quand il nous faut sortir pour aller à la rescousse d'un jeune couple en scooter, renversé par un autre tuk tuk. Je n'ai jamais plus vu une manière aussi je-m'en-fichiste de conduire qu'au Cambodge. Dans la ville de Phnom Penh même, j'assiste quotidiennement à deux accidents graves par jour. Je ne parle pas ici des accrochages mineurs: me bruit de fond de Phnom Penh n'est qu'un long froissement de tôles... Dans ce cas, le tuk tuk avait décollé du trottoir sans même regarder derrière lui, faisant un demi-tour qui mettait en danger la vie d'au moins quatre ou cinq personne, incluant celle du conducteur dudit tuk tuk. Enfin, ici, le garçon qui conduisait le scooter se contente d'une sale écorchure qui va de la main au coude, et sa fiancée boite après être tombée en presque souplesse. Rien de vraiment dramatique, mais quand même.

19:27 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

on attend la suite... suspendus à ton blog, nous attendons avec impatience la suite de ton périple.

Écrit par : brigitte | 15/07/2006

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