08/07/2006

Les soirées de Siem Reap

La ville a beaucoup changé, en deux ans. Enfin, plus précisément, les faubourgs de la ville ont beaucoup changé, ce qui amène quelques changements en ville. Il y avait une ville routarde et quelques hôtels chics dans la périphérie; il y  a toujours une ville routarde, souvent, le soir, prise d'assaut par les touristes de la périphérie: il se dit que plus de deux mille chambres d'hôtels quatre étoiles se sont bâties ces dernières années...

 

Ca a nourri son peuple, il faut le dire, et chaque soir, dans la rue principale de Siem Reap, il y a un embouteillage de Toyota Camry. La Toyota Camry, quand on regarde un peu, doit correspondre aux deux tiers du parc automobile cambodgien - si pas davantage. De différents modèles, dépendant des années, mais toutes avec des sièges en cuir et l'indispensable climatisation.

 

Bref, les touristes à quatre étoiles descendent en ville, le soir, et la ville vit comme du bon vieux temps de la RSA du bon vieil apartheid: il y a des restaurants à touristes quatre étoiles, il y a des restaurants routards. Les quatre étoiles viennent cependant volontier s'installer, pour le repas du soir, dans les restaurants routards, même s'il n'y a pas de clim'. On mange du poisson amok, on  bavarde avec les quatre étoiles, on leur explique nos bons plans, ce qu'on voit, ce qui nous branche. Du haut de leurs soixante dix ans, ils nous écoutent avec bienveillance, et leurs réponses ne sont pas nécessairement sans intérêt, même dans le cadre des bons plans à routards. Puis, ils rentrent vite vite à l'hôtel, avant de tomber dans les pommes, tant la chaleur est lourde. L'erreur systématique, c'est de prendre une bière bien fraiche qui vous assomme. La bière ne peut se boire qu'en milieu climatisé. Sinon, en quelques secondes, elle monte à la tête, vous êtes en nage, et vous vous demandez si vous serez capable de vous lever.

 

Ah, il faut préciser que les bières ne sont jamais en dessous du demi-litre - et ces dernières sont les "small".

 

Sorti des cantines, il n'y a pas grand chose à faire, à Siem Reap: il y a quelques salons de massage, et deux ou trois bordels. Rien de bien passionnant. Je me couche donc tôt, chaque fois, dors comme une masse, me réveille le matin, pour filer sur un vélo dans le domaine d'Angkor.

 

Partout, jusque dans le temple le plus paumé, d'admirables bas reliefs.

 

 

Ces photos, je pourrais en proposer des dizaines, si je m'excitais sur mon appareil photo... Mais c'est pour cela, aussi, que je fais toujours mon premier tour, dans un endroit aussi magique, sans appareil photo. On a le temps de calmer les premières ardeurs et, le jour suivant, de ne plus mitrailler sottement. On se contente de tirer quelques clichés qu'on admirera encore, dix ans plus tard, au lieu de se préparer une pile d'image dont la seule quantité décourage le spectateur.

 

Partout aussi, jusque dans les temples les plus reculés, mais jamais très profondément dans les bâtiments, rapport aux diables qui protègent l'endroit, il y a des gosses, en nuées plus ou moins épaisses, qui viennent bavarder, demander de l'argent. Plus on va loin, dans le domaine, moins les nuées sont épaisses. Mais que deviendront les enfants de Siem Reap, qui ne vivent, semble-t-il, qu'à coup d'exigeante mendicité...

 

J'espère qu'il y en a d'autres. Peut-être sont-ils scolarisés, ceux là, et deviendront-ils les prochaines élites du pays.

08:53 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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