07/07/2006

Et hop là, c'est reparti

Et revoilà la route, droite, plus ou moins asphaltée, ombrée par d'énormes arbres, dans un premier temps. Je remonte sur mon vélo, et avance d'une roue tranquille. Parfois, des groupes de huttes, avec des frigobox, des vieilles dames qui essaie de vendre des ananas pelés et juteux, des enfants qui vendent des livres, des cartes postales, de la pacotille, l'habituel... et de bonnes odeurs de cuisine. Un temple doit être à proximité. Oui, un encore, un de plus. Ils s'empilent, sur le site d'Angkor, mais on ne s'en lasse jamais. Je fais le tour d'un temple, d'un autre, d'un autre encore... Ils sont monumentaux. On peut comprendre la terreur des esprits simples, des gamins destructeurs qui, chez les Kmèhrs Rouges, ont osé désobéir à Frère Numéro 1 et ne pas détruire Angkor, tant Angkor leur faisait peur.

 

On se sent vite seul, dans les salles désertes, car trop lointaines, devant des piscines sacrées, ou dans de petites pièces où brûlent des batonnets d'encens, devant un bouddha blessé, mais vêtu d'un voile orange. Le silence est lourd, comme l'atmosphère. C'est étouffant, même quand il ne fait pas chaud. Ca rappelle les temples de Kyôto.

 

 

Amusant, de voir comme le public disparaît, après qu'on se soit enfoncé de quelques cent mètres dans les jardins du temple, sur le site. Les diables font-ils toujours peur?

 

Parfois, je vois une tache blanche, quand c'est un local qui sait comme le soleil tape sur la couleur, ou une tache colorée, quand c'est un touriste qui ne sait pas comme le soleil a plaisir à refiler des insolations aux étrangers. Dès, en fait, qu'on aura passé les premiers temples, on est seul.

 

C'est très confortable.

 

Mon repas de midi se fera sous l'un de ces chapitaux de toile, établis le long de la route, en face d'un temple parmi d'autres. Une brave mémère me propose un plat de riz quelconque, avec, pour faire gai, le lait d'une noix de coco mise à rafraichir dans la glacière depuis ce matin. C'est joli; c'est bon, c'est drôle, mais une demi journée dans la glacière, ce n'était pas assez: le lait est encore presque tiède. Il faut dire que l'écorce d'une noix de coco est épaisse.

 

Mon repas fini, je songe à faire une sieste mais, finalement, après avoir traînaillé quelques minutes, je reprends mon vélo. Ici, il faut rouler plus doucement, vu que la route est devenue piste. C'est de la terre très dure, que même la pluie, aidée de l'un ou l'autre camion ne parvient usuellement pas à défoncer.

 

C'est ici aussi que, malgré tout ce qui a été fait, pour déminer, le gouvernement ne peut être tout à fait catégorique, en ce qui concerne la sécurité. Je roule usuellement vers le milieu de la piste de terre dure. Quand un minibus m'annonce son arrivée, à coups de klaxon, je me range bien prudemment, et attends que la poussière soit retombée, avant de repartir à vélo. 

 

Un peu plus loin, le site d'Angkor se dissout. Il y a encore des temples, mais plus petits, plus rares, plus dangereux, car au milieu de sites non déminés. Des gens y vivent, les gosses sourient de toutes leurs dents, quand ils vous voient sur votre vélo, en nage, et ils se retirent un instant de la route qui est le terrain de foot, pour vous laisser passer à vélo.

 

A un moment, il faut s'arrêter, laisser la place aux vaches, et faire demi-tour.

17:27 Écrit par PGå dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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