29/06/2006

La frontière Cambodgienne

Nous descendons de notre bus, cinquante mètres avant les bâtiments de la douane, à la frontière, au parking des bus et minibus. Fini, le confort thailandais, nous aurons un autre bus de l'autre côté. "On" nous attend. Bon, soit. Chacun d'entre nous prend son baluchon, ou son énorme sac, au sortir du bus. Pour les paresseux, il y a un taxi qui s'offre pour aller jusqu'à la frontière. On voit tout de suite que le Cambodge n'est pas loin:

 

Si vous croyez que la photo précédente était une farce, j'en ai une autre:

 

 

Nos deux Japonaises montent dans le taxi, paient leur cinq Bahts, et démarrent sur les chapeaux de roues. La famille coréenne suit, dans un deuxième taxi. D'autres aussi. Quant à moi, je marche: cinquante mètres, avec un baluchon pas bien lourd, faut pas pousser...

 

La queue du côté thai avant lentement, et la salle, du côté des voyageurs, n'est pas climatisée. Il y a quand même un ventilateur, mais il est bien poussif, et l'air agité n'arrive que mourant jusqu'à nous... Enfin, c'est mon tour, je donne mon passeport. Il est minutieusement inspecté, puis l'officier écrase son cachet juste à côté du tampon d'entrée, et me voici dehors.

 

Il y a une centaine de mètres à faire, maintenant, pour arriver jusqu'aux bâtiments officiels marquant la frontière du Royaume du Cambodge. Entre les deux frontières, un no man's land sur lequel on vient de bâtir un énorme casino, avec des grooms en uniforme, à l'entrée qui ne laissent pas rentrer n'importe qui; des magasins free tax proposant de l'alcool et des cigarettes; une foule de mendiants proposant de porter vos bagages, ou vous montrant leurs plaies. Il y a des nuées de gosses qui réclament quelques Bahts, et que j'arrose de bonbons. Je deviens immédiatement très populaire. Il y a aussi des demoiselles qui marchent deux par deux, en uniforme, et qui doivent être, qui croupière, qui serveuse, qui demoiselle de la réception, et qui trottent, sur leurs chaussures à haut talon, pas trop pratiques sur le pavé cambodgien qui fait semblant de ressembler à une route.

 

Entouré de gosses qui tirent la langue et claquent du bec, me pépiant des tas de choses en khmer, j'arrive à la cahute de la douane, donne mon passeport: un cachet de plus. C'est un peu le plaisir de ces promenades, de voir le passeport qui se remplit, et qu'on doit bientôt remplacer dans un consulat ou un autre, pour faire ajouter des livrets faisant ressembler votre passeport à un accordéon. Bon, ici, j'ai encore de la place. Vu mes plans, je crois qu'il tiendra un an avant de se voir adjoindre son volume II. Quand je sors de la cahute, par une porte percée dans le mur opposé à celui de la porte d'entrée, il n'y a plus d'enfants, partis probablement sur d'autres proies qui donnaient des sous, elles... En contrepartie, je retrouve ma famille coréenne et mes deux japonaises aux jambes Louis XV. Il y a aussi une petite carriole, un frigobox aux roues grinçantes avec de la glace pilée à l'intérieur. Au milieu de la glace, des bouteilles d'eau, des coca-cola, des limonades... Je suis en nage, et m'offre une eau bien fraîche sur le champ. Ne jamais boire de limonades, quand il fait chaud et lourd: ça donne encore plus soif.

 

Il faut chaud, très chaud, et lourd.

13:56 Écrit par PGå | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.