26/06/2006

Soirée arrosée

J'ai ainsi passé la journée dans la ville, me promenant dans des quartiers que je n'avais jamais vu, errant de temples en temples. Là, j'avais la certitude d'avoir la paix. Entre les temples, même quand j'étais prudent, l'arrosage était régulier.

 

Une chose à remarquer, cependant: le respect du matériel. Jamais les gosses - et encore moins les grands - n'arrosent une cuistote en plein travail, sa marchandise, ou sa carriole, ou un vendeur. C'est donc un bon endroit où se réfugier, à grignotter l'une ou l'autre spécialité, ou tout simplement des fruits. Il fait mourant de chand et la saison des ananas bat son plein: j'en achète deux ou trois sur ma route. Ils sont énormes et particulièrement fruités. Le vendeur vous les pèle, les taille en quatre quartiers, retire le coeur dur, les tranche (ou plutôt, les pré-tranche), et les emballe dans une petite feuille de plastique. Ca vous coùte une vingtaine de Bahts...

 

Ma promenade fait un cercle et j'arrive, par l'est, dans mon quartier où tout Bangkok s'est donné rendez-vous, l'arme au poing. Je file vers mon guesthouse comme je le peux, à travers la foule, sans me faire trop mouiller, répondant à toute agression. Quand même, quand je rentre, vers les huit heures, la patronne sourit. On se demande pourquoi. Je prends ma clé, essuie mon front en nage, et monte les escaliers pour aller me prendre une douche. Fôn m'a promis mes vêtements pour demain, et je voyage léger. Il me reste un polo; je me demande si je sortirai ce soir. Oh, et puis merde, oui.

 

Douche, un peu de trainaillerie dans la chambre, rhabillage avec mon vieux tshirt, presque sec en quelques minutes, mais bien taché, sortie. J'ai faim et puis, c'est rigolo.

 

En moins de cinq minutes, je suis à nouveau trempé, j'ai rechargé mon pistolet dans la rue, j'ai tiré sur tout ce qui bouge. On croise des groupes qui ont l'air normaux, à part le fait qu'ils sont sont tous à dégouliner, qu'ils gloussent bêtement et que leurs vêtements sont couverts de tanaka, et les pistolets, les fusils, les autopompes sortent de partout. Je note que, fidèles à leurs habitudes, les filles visent toujours dans le dos. Ca permet de viser, de retour, dans le bas de leur dos à elle. Vu le type de vêtement léger qu'elles portent, le spectacle n'est pas sans intérêt. J'ai, prudemment, "oublié" mon appareil photo dans ma chambre d'hôtel, vu les risques pour tout ce qui est électronique, et je mets ici une photo du lendemain, avant douze heures, quand les gens ne sont pas encore trop excités, et qu'on peut prendre le risque de sortir avec son appareil sans craindre de dommages irrémédiables...

 

Il y en aurait des dizaines d'autres... et on remarque que, vu de devant, les filles, c'est intéressant aussi.

 

En fait, les garçons vous préviennent en ce sens où ils sortent leur arme alors qu'ils sont à deux pas de vous. Les filles attendent que vous passiez à leur côté et, d'un geste discret, sortent l'arme de leur sac, tirant dans la hanche ou dans le dos. Et je remarque que, dans les petits commerces de bord de rue, il y a des vendeurs de recharge d'eau normale, à cinq Bahts, et les vendeurs d'eau glacée, plus chère. Les filles s'attroupent toujours autour des revendeurs d'eau glacée. J'avais remarqué, précédemment, puisque tout ce qui m'arrivait dans le dos était systématiquement très froid, et était accompagné d'un gloussement suraigu, quand la coupable avait moins de six ans et n'était, dès lors, pas encore capable de feindre tout le temps.

 

Depuis quelques heures, en plus de l'arrosage, tout le monde se plâtre et se contreplâtre de tanaka, tout en accompagnant le plâtrage d'un joyeux happy new year.

 

Enfin, je parviens à courir entre les vagues et, après une soirée bien agitée, à rentrer, couvert de tanaka, ruisselant, dans mon petit hotel.

 

En soirée, un incident que je dois mentionner. Alors que j'étais dans la foule, à Khaosan, incapable d'avancer ou de reculer tant nous étions serrés, je sens soudain comme quelque chose qui bouge sur moi. Deux secondes, tout au plus, pour me rendre compte qu'un "joe les doigts de fée" est en train d'essayer d'ouvrir la banane que j'ai sur le ventre, avec mes papiers, mes cartes et quelqu'argent. Je porte la main à l'endroit du délit pour sentir s'échapper une main que je ne saisirai pas. Je termine sur ma banane, déjà ouverte, mais rien n'en est encore sorti... Ca me refroidit bien.

 

Je regarde autour de moi, ça aurait pu être n'importe qui.

 

Ne jamais oublier d'avoir des photocopies de ses papiers, passeport, billets d'avion, en au moins deux exemplaires, de laisser les originaux dans la valise, et de se promener avec les photocopies. Le voleur, dans l'hôtel, saura bien qu'un passeport gardé à l'hôtel n'a aucune utilité; il sait qu'il en est de même quand il voit un billet d'avion. Alors que le bonhomme qui vous vole "à l'aveugle" embarquera tout, avant de se rendre comtpe qu'il n'a rien pris de valeur. Il vous aura, par contre, solidement pourri votre séjour...

 

Ah, et puis, les cartes, toujours dans la poche intérieure de la banane, celle qui touche la peau, ainsi que les gros sous. Seuls les petits billets peuvent se trouver dans une poche donnant vers l'extérieur.

 

Je fais démarrer le ventilateur et, pendant qu'il tourne, me douche, me rince, mets mes vêtements à pendre. Demain est un autre jour.

 

18:42 Écrit par PGå | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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