25/06/2006

Bouddhisme et petits zoziaux

Alors que je suis reparti, et bientôt sec, rapport au soleil qui tape, et que j'ai évité les embuscades les plus grosses, je passe devant un temple chinois. Il est plein, vu que ce doit être l'heure... C'est souvent l'heure d'aller au temple, en Thailande.

 

Devant l'étroite porte qui conduit au temple, une petite foule, miraculeusement sans armes. Serrés les uns contre les autres, il y a les habituels vendeurs de petits oiseaux en cage:

 

L'idée va ainsi, dans le bouddhisme populaire: les gens pieux passent leur temps, tout au long de la durée de l'avatar dans lequel ils vivent, à se gagner des mérites. Ainsi, le jour où ils mourront et seront réincarnés dans une nouvelle vie, ils progresseront vers l'illumination, vers le statut de Bouddha.

 

Comment gagner des mérites? En étant bon voisin, bon père, bonne mère, en donnant notre superflu aux pauvres et... en libérant les petits zoziaux prisonniers, dans des cages, à la sortie des temples.

 

Quant aux gens qui ne gagnent pas de mérites (voleurs, belles-mères, assassins, contrôleurs des contributions, rockeurs), leur prochain avatar sera pas trop chôôôli et ils deviendront cancrelats, ânes, femmes...

 

Le coup de la libération des oiseaux, cependant, est tout doucement en train de devenir un phénomène du passé. Il y a quelques années, tous les temples avaient leur groupe de vendeurs d'oiseaux à libérer; aujourd'hui, il n'est pas inhabituel de voir une pancarte, en thai et en anglais, signalant qu'acheter ces oiseaux libérables, ça veut dire participer à la chasse aux oiseaux, et que ce n'est pas se gagner des mérites que libérer ces animaux qui sont, probablement, très vite repris par la suite, blessés ou tués, parfois..

 

Pour ceux qui ne veulent pas lire les pancartes d'avertissement, les cages se paient au prorata du nombre d'oiseaux qui se trouvent dedans. On paie vingt, trente, cinquante Bahts - tout simplement, c'est dix Bahts par oiseau - et on prend la cage qu'on ouvre après une courte prière. La porte à guillotine e la cage ouverte, les oiseaux s'envolent, bien entendu, dans tous les sens. On rend la cage vide au chasseur, chacun se remercie abondamment, à coup de wa, et l'affaire est conclue.

 

Les oiseaux se sont planqués dans les arbres, et regardent la scène avec un air méfiant.

18:58 Écrit par PGå | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.